Très respectable et sérénissime majesté,
Poussée par la haine ! Cré !Vingt Dieux ! J’aurais pas cru ça…
Le petit Bauland et le gros Beury je les voyaient pas poussés par de si obscures pensées, voir par de si immenses sentiments. Ces Laurel et Hardy Troyens me faisaient même un peu rire, avec leur côté ridicule de ceux qui veulent toujours avoir raison… Les maîtres du Conseil Constitutionnel ont même du être étonné « Qui c’est ces deux là ? » Je vois bien l’onctueux Giscard obligé de passer quelques minutes (ont-ils passé plus d’une minute ?) à traiter cette billevesée champenoise ; perdre du temps à ces fariboles provinciales alors que le monde est en train de crouler. Oui, j’aurais dit Laurel et Hardy mais « Poussés par la haine ? »
Franchement ces deux godelureaux sont un peu dérisoire, un tantinet casse-burette certes, un brin chieur à vouloir mettre leur sale museau dans votre inestimable gâteau, votre Majesté. Des poux, tient ! Des poux… Rien qu’a en parler on a la tête qui démange… Mais la haine, votre majesté, la Haine ?…
La Haine c’est un truc grandiose, fort, puissant, un sentiment qui fait tuer… pas ratiociner devant le Conseil constitutionnel… « La haine entre les grands se calme rarement » disait Corneille (Rodog. I, 7.) mais ces deux là ne sont pas grands. Où Quinault « Venez, venez, Haine implacable, Sortez du gouffre épouvantable Où vous faites régner une éternelle horreur » ( Quinault, Armide, III, 3.) C’est un peu trop, non ? Non, « Nous ne hayssons rien de ce que nous debvons ; car, s’il y a quelque chose à hayr en ce monde, c’est la hayne mesme » a dit Charron (Sagesse, I, 27.), nous en resterons là. De plus,comme disait Jean Rostand, « Haïr fatigue... ». Pourquoi s’épuiser alors ?
Encore que vous ayez un truc en travers de la gorge à cause du Beury, je veux bien… Celui là, c’est vrai, un oiseau de mauvaise augure qui vous gonfle depuis un certain temps. Le coup de l’extension du Conseil général… votre superbe bâtiment ! Au lac ! Ca a du mal à passer, c’est vrai ! Alors que vous le vissiez comme un ennemi, pourquoi pas ! Mais Bauland… c’est un radical lui et peut-être, comme le furent tous les radicaux, un initié, un frère quoique ce soit du côté des Valoisiens qu’on garde les traditions comme celle-là, faudra que j’en parle au notaire... Bauland, avec son côté instituteur de province ou sous-préfet aux champs… La haine doit être bien loin de ses pensées…
Mais non, Vous, vous voyez de la haine…
C’est vrai qu’il est inconcevable pour vous, Ineffable Majesté, incompréhensible, inimaginable, invraisemblable, impensable de comprendre que ces deux minuscules cloportes en viennent à douter de votre grandeur et de votre légitime fierté. Un homme tel que vous, suspecté d’irrégularité ? Il faut nier le principe de réalité, faut avoir le nez dans son caca, faut perdre le sens commun… Après une élection de sénateur (c’est le cas de le dire) vous suspecter à ce point ? Vous mettre en doute devant le Grand Conseil ?…
Qu’aviez vous fait ? Rien, ou si peu…
Le Grand Conseil l’a dit et bien dit « Considérant que l’utilisation par le candidat sortant d’un papier à en-tête du Sénat, le 24 juin 2008, pour annoncer sa candidature aux maires de la circonscription, puis, le 28 juillet 2008, pour inviter les délégués du département à une réunion électorale organisée le 18 septembre 2008 à Troyes, n’a pas constitué un moyen de pression sur les électeurs de nature à altérer la sincérité du scrutin… »
N’a pas constitué un moyen de pression, voilà qui est définitivement écrit, proclamé. Dorénavant, on le sait, tout candidat au Sénat ou aux législatives pourra utiliser le papier à lettre des Assemblées pour faire campagne. Grâce à vous, maintenant, c’est clair… Quand je pense à ces centaines de députés et de sénateurs qui n’ont jamais osé utiliser ces moyens là, des pleutres, des petits… Bienfaits de votre bénédiction, ce sont des milliers de lettres qui partiront postées de l’assemblée nationale, dans trois ans et demi, pour annoncer la candidature des sortants, beaucoup vont vous devoir une fière chandelle… En plus, votre Majesté, vous aviez remboursé le Sénat ! Faut-il pas être honnête pour rembourser ainsi ces insignes dépenses ? Vraiment, y’a qu’un sous médecin un tantinet pervers et un pédago limité de mes deux pour vous chercher des morpions dans les poils du cul... C’est dit !
Mais nous n’en dirons pas plus, votre Majesté. Le temps est venu de cesser la mauvaise foi et de reconnaître toute votre Grandeur. On ne conteste pas une décision de justice, surtout quand elle est empreinte de tant de légitimité, de tant de fidélité à la lettre et à l’esprit des lois… Lois que vous connaissez, Cré nom de Dieu, puisque vous les votâtes en leurs temps !
Je verrai bien, dorénavant, Marc Bret, le renégat municipal (C’est par un baiser que tu me livres ?) lancer au début des Cessions de l’Auguste Conseil général, la « litanie à Philippe », pour entrer dans l’ambiance, pour se mettre en train ; pour commencer, sur de bonnes bases, les travaux de l’assemblée départementale.
Nouvelles litanies pour Votre Majesté qui daignez éclairer de votre douce lumière l’obscurité de notre département. Et, Marc, se remémorant ses exploits d’enfant de choeur, tel le prêtre commençant les « Litanies à Marie », se lèverait calmement et d’une voix enjôleuse, sur une mélopée grégorienne a capella, entamerait le chant initiatique… « Inestimable grandeur, lumière de notre département, rédempteur de l’Aube, Sénateur sans tache, Président sans corruption, Homme aimable, Homme admirable, Homme vénérable, Miroir de justice, Siège de la sagesse, Cause de notre joie, Rose mystique, Tour de David, Tour d’ivoire, Maison d’or, Arche d’alliance, Porte du ciel, Étoile du matin, Salut des infirmes, Refuge des pécheurs, Consolateur des affligés, Priez pour nous ! » Et après, on se mettrait au travail…
Ca serait beaucoup mieux, non ?
En parlant de se mettre au travail, la gôche troyenne s’y colle.
Myara et consorts, forts de leurs 4606 voix, 29% des votants troyens quand même, ont décidé de réunir leurs fragiles forces pour ébranler François Baroin. Il tremble, le bougre, il pisse dans son caleçon de crainte depuis ce funeste huit novembre ! Je crois même savoir qu’il se prépare à s’en aller dans la Creuse pêcher quelques ablettes pour fuir cette terrible menace, on a les tentations de Venise qu’on peut… « Michèle, assis près de toi, moi j’attendais la récré, pour aller au café, boire un chocolat, et puis t’embrasser… » comme chantait Gérard.
Allez, la gôche se rassemble, c’est bien ! Ils ont donc fait une association avec « toutes les forces de gôche » enfin toute… non, quelques irréductibles gôchistes résistent encore et toujours au patriarche chef d’entreprise SFIO : les altermondialistes, les gôchistes vrais de vrais, et… les Verts (qui se sont pourtant vendu pour si peu au Conseil municipal) n’en font pas partie… Mais y’a l’essentiel, les cocos (les cocos c’est quand même super, comme disait ma tantine Renée « Quand y en a plus, y en a encore... ») et les socialos, quelques copains du « haineux » Bauland et… d’innombrables représentants de la « société civile »… C’est quoi la « société civile » ? Une conception curieuse, singulière, une idée qui a fait son chemin… Ce sont ceux qui sont de « gôche », vraiment de gôche, mais qui n’ont pas leur carte au PS et au PC (Faut quand même pas déconner) une foultitude de gens…
Bon, c’est vrai, l’association à Myara ne comprend que des membres de sa liste, mais les innombrables troyens de la société civile ne vont pas tarder à les rejoindre, va avoir la queue, faut préparer des tickets comme à la Poste, faudra attendre calmement son tour, « C’est pour quoi ?… »
Avec son expérience, avec son sens politique et avec sa naturelle modestie, Jaïm le dit d’ailleurs en parlant des municipales « Nous avons réalisé une campagne extraordinaire. On a travaillé comme des fous avec un vrai projet, une véritable équipe forte de membres d’horizons différents. Nous avons défendu de vraies positions de gauche, tout construit pour gagner la ville » Gagner la ville, Sacrebleu ! Que ne l’eussé-je su plus tôt… Une campagne « extraordinaire », « Bon Dieu mais c’est bien sur » comme disait Raymond Souplex ou Jean Daurand à l’ultime minute des cinq dernières... Une campagne « extraordinaire » c’est évident, pour obtenir le plus bas score de la gôche à Troyes depuis… les élections du troisième Empire !
Remarquez on ne va pas taper sur les socialos-cocos-radicos troyens qui essaient de serrer les rangs quand on voit la cacophonie, que dis-je la cacophonie, le vacarme, le charivari, le tintamarre, le cirque, le règlement de compte à OK-PS qui se déroule à Reims ce week-end. Tant de haine (oui, oui, votre Majesté, on peut dire haine, ici) pour tant d’ambition, pour tant d’egos hypertrophiés face auxquels Philippe Beury ressemble à l’humble âne au chevet du petit Jésus, tant de lutte pour… le bien des Français ! Alors nos radico-gôcho-socialo-cocos troyens on ne va pas leur enfoncer la tête dans le sable… Quoique, parfois, le comportement de l’autruche paraît sage quand on sait ce qu’on sait, qu’on entend ce qu’on entend et qu’on voit ce que l’on voit…
Sans doute que monsieur 35 (non 12) pour cent, va rassembler sa société civile à lui (les gens du MoDem qui n’ont pas la carte du MoDem tout en étant proche du MoDem mais en restant critique vis-à-vis du MoDem) pour enfourcher un nouveau destrier qui emplira d’horreur et de désespoir le député-maire de Troyes ; quand à monsieur 5%, le vert de rage, il nous rassemblera, en Vert et contre tous, quelques aficionados autour d’une bougie en croquant quelques carottes bios pour définitivement « bouter » le Baroin hors de Troyes ! Ca promet des joutes marantes, des débats passionnants… et de nouveaux échecs électoraux !
Allez, j’arrête, votre Majesté, je me suis refais quelques copains pour l’hivers, faut que j’en garde pour le printemps… La semaine prochaine nous parlerons de l’intense participation des membres de la majorité municipales aux débats pour l’avenir de leur ville…
Comme disais Chimène à Rodrigue, « Va, je ne te hais point, Votre Majesté ! »…
Voilà c’est fini pour aujourd’hui, Votre Majesté.
J’ai l’honneur d’être, avec le plus profond respect, de Votre Majesté, le très humble et dévoué serviteur.










