Le déploiement éolien dans le sud du département est à l’arrêt. Vents mollissants sud, sud-ouest pour le chaourçois et le tonnerrois, dirait la météo marine. Plusieurs raisons à celà. La première est que les projets poussés par des opérateurs ( et des maires) pressés de profiter du kilowatt-heure surpayé , sont plaqués sur des sites sans tenir compte de leur spécificité et de leurs autres potentialités de développement. En avril un arrêté préfectoral de l’Yonne invalidait le projet de ZDE à l’étude sur les communes de Rugny, Mélisey, Villon et quelques autres, pour protéger les paysages emblématiques d’exception du Haut Tonnerrois . Pour les détails voir Pas d’éoliennes dans le Haut-Tonnerrois.
Aujourd’hui c’est la Préfecture de l’Aube qui vient de mettre un terme à un autre projet éolien sur les finages de Pargues et de Praslin en refusant le permis de construire demandé par la société danoise Elsam. Voir les articles précédents ici et ici. Six machines de 150 mètres, surplombant l’église classée et son village, nichés au creux du vallon. Une aubaine financière pour quelques uns. Une hérésie pour de nombreux habitants – autochnones et « étrangers » propriétaires de résidences secondaires – réunis autour de l’Association pour la Sauvegarde et le Développement du Patrimoine de Pargues et de ses Environs. Très mobilisés depuis un an, ils ont planché pour tout savoir de l’éolien et de ses rouages techniques et financiers. Et ils n’ont pas été les seuls à trouver ce projet incohérent et déplacé. La DIREN a rendu un rapport défavorable. La Commission des sites de l’Aube a fait de même.
Pendant quatre demi-journées cet hiver, les pour et les contre ont défilé en mairie pour consigner leurs arguments dans le registre de l’enquête publique. Des arguments plus ou moins consistants allant du « je suis pour parce que ça va rapporter de l’argent à la commune » à l’épais dossier démontant le projet point par point. Pendant quatre demi-journées, m’a-t-on raconté, le commissaire a enquêté et la présidente de l’association a veillé à ce que tout se déroule dans les règles. Elle a ainsi pu relever les ultimes incohérences du dossier « Mr le Commissaire, je ne comprend pas bien ce passage : il est question d’éoliennes « implantées de part et d’autre de l’autoroute ! » (sic). Une erreur due à un copier-collé d’un autre projet, malencontreusement oublié...
Après avoir écouté et lu, le commissaire Kister a pesé, soupesé et tranché. Son rapport a conclu lui aussi à un projet inadapté au site choisi. Et l’opérateur lui-même, spécialiste des fermes off shore de 100 éoliennes, semblant ne plus se soucier du sort des six machines auboises, la préfecture n’a plus eu qu’à suivre ces avis négatifs et refuser le permis de construire. L’avis devrait être affiché en mairie, bientôt. A Pargues et Praslin, les habitants respirent et les rosiers fêtent l’évènement à leur manière. Champagne !










