L'article

6
octo
2009

Dites-nous que c’est un canular !

- 0/20

- Copie bâclée !
- Vous êtes hors sujet !
- J’ai peine à croire que vous avez appris votre leçon ou tout au moins relu vos notes.
- Vous ne répondez pas à la problématique !
- On ne peut apporter de réponse pertinente à une situation qu’en s’appuyant sur des données précises et vérifiées du problème repéré.
- Comment pensez-vous pouvoir réussir sans un minimum de sérieux ??

L’information a été confirmée par le Haut commissaire à la Jeunesse : trois lycées professionnels de l’académie de Créteil, pour juguler l’absentéisme des lycéens, vont doter les classes les plus assidues d’une « cagnotte initiale collective de 2000€ » pour encourager les élèves à fréquenter l’école ! Et cette cagnotte pourra grossit tout au long de l’année jusqu’à atteindre 10000€ en fin d’année pour financer un projet pour la classe : voyage, permis de conduire, etc. !

On nous révèle aussi qu’à Marseille, pour encourager les élèves à venir au lycée, on distribue aux plus assidus des places pour le match de football !

La polémique a démarré aussitôt, nous dit-on. Rien d’étonnant ! Il y a de quoi s’interroger.

Il y a de quoi s’interroger sur les compétences du Responsable qui a eu cette idée saugrenue, indigne de l’Ecole de la République et bien éloignée des valeurs éducatives qu’elle veut porter.

Il y a de quoi s’interroger sur ceux qui valident de telles initiatives et qui ne trouvent pas d’autre moyen d’amener les élèves à l’école que celui de les « payer » pour leur présence aux cours.

Il y a de quoi s’interroger sur cet argent qu’on gaspille pour financer cette expérimentation qui n’a rien d’éducatif.

Il y a de quoi s’interroger sur la société de l’ « Argent roi » qu’on nous prépare. Une société où le respect, le goût de l’effort, l’envie d’apprendre et la soif de Savoir auront été supplantés par la recherche de l’intérêt personnel et de l’aspect vénal des choses.

Où sont les valeurs de notre Ecole ? Combien de temps parlerons-nous encore d’Education Nationale ??

A-t-on oublié le rôle des parents dans l’Education, des parents qui restent responsables de la fréquentation scolaire de leur enfant d’un point de vue légal et juridique ? Sur un forum de discussion, un internaute pose la question suivante : « Pourquoi ne pas payer aussi les enfants pour qu’ils disent bonjour, merci, laissent leur téléphone portable à la maison, et se comportent comme ils devraient le faire à l’école, lieu a priori réservé aux apprentissages » ?

L’Ecole s’est-elle tout à coup donné l’objectif d’aller plus loin dans l’apprentissage de la consommation ?

Car on nous dit que cette « expérimentation ( !!!!) » va servir de « phase pilote » « avant une éventuelle extension ». !! Cette extension se ferait au vu d’une évaluation, non pas faite au sein de l’Ecole, mais faite « par les chercheurs de l’École d’économie de Paris ». !!

Faut-il encore commenter ?

Il est urgent de se pencher avec détermination sur les causes parfaitement connues de l’absentéisme des élèves en lycée professionnel, mais aussi en collège et lycée dans certains secteurs du territoire. Se pencher sur ces données, les analyser et apporter des réponses pertinentes, éducatives et efficaces et éloignées de toute démagogie !



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Les commentaires (9)

Dites-nous que c’est un canular !
  • Commentaire 34822
    le 6 octobre 2009  à 09:46

    on pourrait aussi leur donner des recharges pour leurs portables...et puis aussi des joints pendant qu’on y est...il faudrait aussi trouver une idée dès la maternelle .....nous en apprentissage ont avait des coups de pieds au cul....au moins ça couttait rien et c’etait efficace...vous avez raison ç’est du n’importe quoi...cet argent serait plus utile s’il servait à financer des cours de soutien tout simplement...

    repondre Répondre



  • Commentaire 34824 cédille
    le 6 octobre 2009  à 10:25

    bonjour, madame la principale ;-)

    est-ce que vous pourriez nous préciser (en quelques mots) quelles seraient ces "causes parfaitement connues de l’absentéisme des élèves" et quels réponses vous envisageriez de leur apporter ?

  • Commentaire 34828 Marie Grafteaux Paillard
    le 6 octobre 2009  à 11:24

    On peut déterminer quatre types de causes à l’absentéisme :

    1. Les causes institutionnelles : rythmes scolaires, perte de sens de l’école, absence de projet, orientation précoce et/ou non choisie, consumérisme

    2. Les causes socio-économiques :petits boulots des lycéens, pertes de repères, baisse de la valeur des diplômes

    3. Les causes familiales : Décès, divorces, travail des parents absents au moment du lever des enfants,...

    4. Les causes psychologiques :
    angoisse - phobie scolaire - problèmes de santé

    En ce qui concerne les causes institutionnelles, c’est à l’école de travailler le sujet :
    *** Repérage des absences dès le début de la journée et appel immédiat et systématique des familles pour les responsabiliser ; signalement au Procureur de la République (dans les cas graves d’absentéisme) ;
    *** Obligation de justifier les absences avant retour en classe
    *** Meilleure organisation de l’emploi du temps des élèves pour mieux répartir les cours sur la semaine
    *** demander aux enseignants de travailler en projet en classe pour motiver les élèves ; mieux travailler l’orientation pour qu’elle soit choisie par les élèves ; créer un sentiment d’appartenance des élèves à leur collège ou leur lycée (les rendre fiers de leur école) ; valoriser les comportements positifs des élèves dans la presse ou le site internet des collèges et lycées ; donner l"envie d’école" d’une manière générale ;
    *** apprendre aux élèves que la vie n’est pas que "consommation" (instruction civique, français, histoire géographie) ...

    Causes familiales :
    *** responsabiliser les parents : convocation par le Procureur de la République ( la loi rend les parents responsables de l’éducation des enfants : Droits de l’enfant à une éducation). Suppression des allocations familiales en cas de non réponse des parents (certains élèves sont inscrits à l’école à la rentrée et ne reviennent plus .... dès que le certificat de scolarité est remis par l’établissement scolaire !!!). Expliquer aux parents "déficients dans ce domaine" que les jeux vidéo le soir, MSN le soir, la téle soir privent l’enfant d’un sommeil long et de qualité qui l’empêchent de se lever à l’heure le matin ...

    causes économiques : rendre de la valeur aux diplômes (organiser des remises officielles de diplômes ; mieux aider les diplômés dans la recherche d’emploi ; soutenir les entreprises qui accompagnent les jeunes diplômés dans l’emploi ; ...

    Causes psychologiques : repérage et signalements aux médecins pour suivi psychologique ou santé.

    Comment énoncer toutes les réponses possibles ? C’est difficile, il y en a tellement .
    Mais il faut une volonté réelle de mettre TOUS LES ACTEURS autour de la table et leur expliquer que c’est un vrai problème de société.
    Car on ne le dit pas assez : l’absentéisme des élèves est aussi une des causes certaines de la violence dans certains quartiers ou secteurs du territoire. Les élèves désœuvrés qui ne sont pas en classe n’ont pas nécessairement dans la rue des comportements citoyens : quand on s’ennuie, qu’on n’a rien à faire et qu’à la maison il n’y a personne ...

    Il est criminel et grave pour notre société de ne pas se pencher sérieusement sur ce problème là.

  • Commentaire 34832 cédille
    le 6 octobre 2009  à 13:48

    Merci beaucoup pour cette réponse rapide et détaillée... qui appelle bien d’autres questions que je me permets du coup de vous poser...

    Repérage, signalement, obligation... je comprends que vous semblez souhaiter plus de cadrage pour l’absentéisme. Autrement dit, si je comprends bien, le bâton au lieu de la carotte que proposerait l’innovation que vous décriez. Par quels mécanismes pensez-vous que ces méthodes, déjà beaucoup pratiquées, pourraient enrayer l’absentéisme ?

    Meilleure organisation, pédagogie de projet, meilleure orientation, appartenance, valorisation : on voit bien comment tout cela peut motiver ceux des élèves qui ont déjà des facilités socio-culturelles. Mais comment procéder pour que ces belles idées touchent effectivement les élèves les plus en difficulté, ceux qui ont sans doute le plus de raison de "s’absenter" ?

    Apprendre aux élèves que la vie n’est pas que "consommation" : ça c’est un projet très difficile vu la pression alentour... Avec mes propres enfants et leurs amis, j’ai bien du mal... Quelles solutions proposeriez-vous à cette situation ?

    Pour ce qui est des domaines familiaux et psychologiques, j’ai l’impression que les pistes de solutions que vous proposez traiteraient les symptômes, plutôt que les causes profondes. Qu’est-ce qui donne envie aux jeunes de se coucher tard en s’étourdissant dans une vie virtuelle ? Pour quelles raisons met-on abondemment à leur disposition ces "drogues dures" que sont les jeux vidéos et la télé ? Qu’est-ce qui fait se sentir les parents impuissants devant les actes de leurs enfants ? Faute de quoi l’école n’attire-t-elle pas les élèves, malgré l’envie d’apprendre innée que nous possédons tous ? Qu’est-ce qui amène certains élèves à développer des phobies ?

    Quant à rendre de la valeur aux diplômes et mieux soutenir les jeunes diplômés... Ca pose déjà la question de savoir ce que sanctionnent effectivement les diplômes ? Quelles compétences, quels savoir-faire, quelle expérience sont effectivement acquises par ceux qui arrivent à les "décrocher" ?

    Toutes ces questions peuvent paraître provocatrices : le sujet veut ça. Il porte depuis longtemps une lourde charge affective. Pour autant, cela me désolerait que l’on me prête d’autres motivations que l’envie de discuter en profondeur, et surtout, d’aller vers une amélioration générale de la vie quotidienne pour tous, qu’ils s’étiquettent actuellement enseignants, élèves, parents, ou tous autres rôles qui, même s’ils pourraient se sentir moins concernés, ont été des enfants un jour...

  • Commentaire 34838 Marie Grafteaux Paillard
    le 6 octobre 2009  à 17:27

    Je vous ai écrit qu’il est nécessaire de faire de ce problème une priorité de travail et pour cela de mettre tous les acteurs autour d’une table : parce qu’il y a de nombreux facteurs qui conduisent à cette situation. Je n’ai pas pu les citer tous. Les réponses ne sont pas simples et uniques. Elles sont multiples, complexes et partenariales .
    Il faut du bâton quand les parents (qui sont responsables de l’éducation tant que les enfants sont mineurs !) compromettent l’avenir de leurs enfants (la démagogie n’apporte pas les bonnes réponses, il ne faut pas avoir peur de le dire.) Mais le bâton doit venir en second lieu seulement. Il vient après (ou en même temps quand l’abandon des parents est réel) la prévention, les réponses éducatives, les projets, l’innovation, le suivi de la santé...etc. de l’enfant.
    Dans tous les cas, si le commentaire de l’internaute ci-dessous est certainement très excessif, il souligne tout de même fort justement une évolution de la société qui est responsable de cet état de fait. Mais on ne peut pas se contenter de dire : "tout est pourri". Ce serait trop facile et ça ne nous avance à rien.
    Tous les acteurs doivent travailler ensemble à apporter des réponses (Ecole, parents, éducateurs, monde économique (ne l’oublions pas car c’est aussi essentiel !) , .... etc.
    Personne ne doit culpabiliser sur le passé qui est responsable du présent.
    Mais nous serions coupables de ne rien faire aujourd’hui (ou de faire n’importe quoi !!!) et de ne pas travailler sérieusement pour ne plus hypothéquer l’avenir des enfants concernés.

  • repondre Répondre



  • Commentaire 34830 pas si simple
    le 6 octobre 2009  à 12:13

    il parait que cela a été mis en place ailleurs (grande Bratagne et un pays nordique cf un reportage à la télé hier !!!) et que l’absenteisme baisse.... Et un élève renvoyait "ça nous apprend la vie d’adulte : "si on travaille bien, on est bien payé !!!" simpliste ? oui, mais réellement faux ? je ne sais pas et vous ?

    repondre Répondre



  • Commentaire 34834 eco
    le 6 octobre 2009  à 14:06

    absenteisme = tres logique..

    aucun etre humain "raisonnable" ne voudrait se faire ch.. ds un truc aussi inutile que les 95% de ce qui est étiqueté "boulot"

    et encore moins dans le formatage esclavagisant qui le precede sous le doux nom d’ecole/ lycee etc...

    deux sous de bon sens permettent de le decouvrir instantanément..
    suffit de s’ecouter soi meme deux secondes !

    alors c’est mignon de penser a toutes les rustines que on pourrait mettre sur un ballon qui ne peut que claquer de partout vu toute la haine et l’exploitation qui le surgonfle en permanence...

    faut vraiment etre des petits bourgeois privilégiés ou un de leur valetsprostitué/e/s pour planer comme ca et en etre inconscient ( de cette violence, anomie, exploitation etc...)

    suffit de lire spartacus la boetie ravachol emile henry (pourquoi j’ai tiré dans le tas), boxcar bertha emma goldman dejacques... pour voir que ca a été decrit en detail il ya des siecles...

    plus théoriquement lafarge le gendre de marx (droit a la paresse)
    ou... travailler moi jamais de bob black...

    une "travailleuse" le dit en trois mots bien sentis dans l’emission interculturelle de direct8

    http://lesenfantsdabraham.direct8.f...

    a deux reprises vers le milieu et apres..

    - en resumé et pour faire un peu positif..

    - lacher tout ca..

    - se poser les vraies conditions d’une vie proche, vivable..

    sans le productivisme, l’economie, la gestion, le travail, l’ecole, la prison, la conso, et son culte... la drogue-energie, les cultes des etats et des citoyens, des pyramides sociales, la delegation/demission, les droits... et toutes les diverses formes proches d’alienation et d’exploitation...

    ca fait un programme chargé..

  • Commentaire 34850 Joey
    le 7 octobre 2009  à 08:19

    Pour ma part, je ne suis pas spécialement choqué par "la carotte". Pour rappel dans les petites classes, les instituteurs distribuent bien des "bons points" ou des images (c’était comme ça mon époque pas très lointaine ;<) ) pour les élèves qui travaillent bien et qui participent à la vie de la classe.

    de plus, si l’argent peut profiter à l’organisation de voyages scolaires pour la classe par exemple, je trouve ça interessant, c’est une belle source de motivation. De toute façons dans certains quartiers, il n’y a pas d’autres solutions possibles tant certains jeunes se foutent totalement dés la 6ème des cours dispensés sans les écoles.

  • Commentaire 36096 .
    le 28 novembre 2009  à 12:31

    si vous souhaitez une explication plus honnête, lisez les articles de "prof-en-colere" sur facebook

  • repondre Répondre



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