Y’a des jours où on aimerait bien avoir un pote à qui demander « dis c’est où la gauche ? » Avant c’était simple, on avait la droite à droite, et la gauche à gauche. On avait le Centre, quelque part entre les deux, avec lui aussi sa droite et sa gauche. Plutôt dextre que sénestre d’ailleurs, le Centre, et qui brandissait sa singularité quand l’excès ou le ras l’bol des côtés se fait sentir. Le Centre qui fait élire la droite, m’a dit un ami bien informé, parce qu’il bascule toujours du côté main droite/cerveau gauche, celui de la raison, du réalisme de gestion. Et puis on avait les extrêmes, droite et gauche. Les fafs et les gauchos. En ce temps là, tout était facile.
Depuis quelques temps, on y comprend plus rien. P’têtre à force de vouloir faire rentrer au chausse-pied tout ce p’tit monde dans un bipartisme (comme les ricains ou les angliches). Enfin toujours est-il que la gauche barre au centre, la droite s’est laissée aspirer par son extrême, l’éjectant par la même occasion. Hop dégage le borgne et ses pareils.Tout ça se déplaçant vers la droite, le Centre aussi théoriquement. Chez les centrés, ça pose problème. Ca convient à ceux qui se sentent le coeur à droite. Moins aux autres. Donc du coup on a deux centres, un à droite, et un.... ailleurs mais on n’arrive pas vraiment à savoir où. .
Tout se droitise, et tant va la gauche au centre qu’elle se casse. Y’aurait comme un trou , une place à prendre. Et le grand jeu de l’an Neuf tout neuf, c’est de savoir qui va la prendre ?
Le PC ? Oh pôvre ! Mort à l’Est, corrompu par le pognon, MacDo et Coca, il agonise un peu plus à chaque élection. Assassiné par ses chefs et quelques nostalgiques du « Parti », et trucidé par à peu près tous les autres qui tirent à boulets rouges sur quiconque ose encore dire qu’il en fait partie. Comme si il y avait encore des raisons d’avoir peur d’élus et de militants de terrain qui se démènent, comme leurs copains verts, roses ou autre, pour aider comme ils peuvent à compenser les dégats d’la monstrueuse casse sociale, et du grand merdier sécuritaire. J’en un de pote, moi, du PC, vous savez c’qui siffle ? « Ah crénon de non, c’qui est bien trop con, ah crénon de non, c’est d’ pas avoir changé de nom ! ».
La LCR enfin le NPA du bon facteur qui donne bien du souci aux socialos avec ses 5% de votes aux dernières élections (piège à cons).
Les Verts ? Oublie ! Ils se sont encore fait rouler dans l’gazon par ceux qui leurs disent que l’écologie n’est ni de gauche, ni de droite (ceux la en général ils tirent à droite)
L.O. ??? pfff sans Arlette laisse tomber ! la pitchoune qui la remplace, moi à sa place , j’y s’rai même pas allée...
un hypothétique groupe citoyen qui mélangerait ATTAC, Bové et … et puis qui au fait ???
Le p’tit dernier né de parti, celui de Mélenchon ? Comment y s’appelle déjà ? Ah oui le parti de gauche, le PdG. Pas mal trouvé comme blaze ! Alors lui il veut fédérer toutes les gauches, les extrêmes, les moins extrêmes, le PC , et toutes les dissidences du PS. Comme Besancenot ? Oui sauf que lui, écrit m’sieur d’Hulst qui signe le papier annonçant la création du PdG aubois dans Libé Champagne, « il veut gouverner ». Une façon aimable de dire à Besancenot d’aller s’coucher avec son Che et ses utopies révolutionnaires. Mélenchon lui, il est sérieux....
Finalement , no souçaye y’a du monde à gauche, ça manque juste un peu de lisibilité.
Et l’extrême de la gauche au fait, qu’est ce qu’elle devient ? Là c’est plus délicat. Parce qu’au lieu de translater gentil vers la droite, de se rendre présentable, elle fait rien qu’à demander l’impossible. Elle se radicalise, comme on dit. Elle dénonce, et tout le monde ! Elle dit que la tension monte à El Paso, que rien ne va plus, que les gens crèvent au Nord comme au Sud et qu’on ne peut plus continuer à faire comme si. Que les responsables ce sont les privilèges, le capitalisme sauvage, le vieux colonialisme-pas-mort, et puis le racisme. Et qu’il va falloir se lever (insurgo en latin). Bref elle barre à gauche, voire elle se laisse séduire par les sirènes de l’anarchisme. Vous savez le truc sans ordre là, le chaos. Ma boulangère ça lui fait peur, parce qu’on lui a raconté que ce genre de gens ils étaient capables de...., de...., de poser des bombes et de pédophiler. Ou de faire arriver des trains en retard, de prendre en otages les honnêtes travailleurs dans les gares, d’héberger des sans papiers, d’occuper des usines, de bloquer des autoroutes ou des ports, tout ça quoi. Normal qu’elle ait peur. Rien que leur nom fait peur « ultra-gauche », « anarcho-autonomes ». Y’en a même qui pensent que c’est bien qu’elle fasse peur, comme ça les jeunes iront voir à gauche, l’autre, la bonne, celle qui rassure et qui veut gouverner. Celle qui ne risque pas de changer le monde, mais que le monde qui change pourrait bien prendre de court.









