En matière de Développement durable, je pourrai reprendre le slogan des candidats Verts : "Ecologie : méfiez-vous des contrefaçons". "En période électorale, l’écologie est le thème à la mode." Aussi j’ai décidé d’explorer les quelques éléments que j’avais à ma disposition pour essayer d’y voir plus clair en matière d’écologie dans les programmes des différentes listes.
Bruno Subtil
Au Front National, le développement durable n’est sans doute pas un mot qui a pris toute sa signification.
La lutte contre la pollution de la ville se limitera
aux véhicules municipaux qui devront utiliser des carburants dits « propres ». C’est une erreur de penser que les « agrocarburants » sont plus propres : il faut penser que l’on pollue pour les produire. De plus, la densité énergétique de l’éthanol est beaucoup plus faible que les carburants fossiles ; pour un rendement équivalent, le moteur à l’éthanol consomme 15 à 30 % de plus, donc émet plus de CO2 ; assez paradoxal, non ? Enfin, les agrocarburants « cannibalisent » les espaces de cultures voués autrefois à l’alimentaire, provoquant une hausse des prix de cette production.
à la pollution sonore des véhicules et en particulier les deux-roues trop bruyants, avertisseurs sonores des chauffeurs de bus et à celle des groupes de personnes qui se déplacent la nuit.
Développement durable, vous avez-dit ?
François Baroin
Placé au centre de la politique municipale lors des vœux aux forces vives de la ville, le « développement durable » semble bien moins présent dans le programme. Absent dans le texte d’accueil, il est évoqué dans les actions réalisées dans le domaine « environnement et développement durable » sous la forme de la création d’espaces verts, le développement du tri sélectif, la distribution de composteurs, l’ajout de 400 corbeilles et le renouvellement du mobilier urbain, la mise en place d’une éco-charte municipale ou encore la réalisation d’une étude thermographique aérienne permettant à chacun de savoir les pertes thermiques de ses bâtiments. Que ce cache-t-il derrière ces grands mots ? En reprenant l’exemple de l’étude thermographique, nous pouvons nous rendre compte que l’engagement municipal déclaré reste un engagement encore très timide. En effet, il semblerait que la municipalité n’en reste qu’à ce stade de bilan, « Avec cette étude, a été offert gracieusement aux Troyens de connaître de façon très précise le niveau, et les sources, de déperdition de chaleur de leur habitation afin d’engager, le cas échéant, des travaux d’isolation. » Sachant que les plus grosses consommations d’énergies sont le fait des bâtiments, quelles mesures incitatives auprès des particuliers ou systématiques à l’égard des bâtiments tenus par les collectivités seront décidées ?
En quoi consisteront les projets déclarés comme « fondamentaux de notre action » ?
Dans les transports, la bicyclette sera reine. Grâce à tous les engagements pris en ce domaine, verra-t-on à Troyes le vélo devenir le moyen de transport de masse comme dans une ville Chinoise ? Monsieur le Maire s’engage à aménager 50 km en 5 ans de pistes cyclables, soit 10 km par an. Dans le même temps, il prévoit la reconstruction de 3 km de rue par an. Il y a comme une inadéquation entre ces deux distances : où seront crées les 10 km de pistes cyclables promises s’il n’y a que 3 km de rues refait ? Où se feront ces pistes cyclables ?
Qu’en est-il des transports collectifs, domaine dans lequel Troyes et l’agglomération sont en retard (5 % contre une moyenne de 12 % au niveau national ?)
Mise en valeur des cours et mise en avant de la réouverture de l’ancien Canal jusqu’au niveau du Cirque ? Où est le « développement durable » dans cette dernière mesure ? Quel en sera le coût ? N’est-ce pas une dépense somptuaire qui pourrait être utile par ailleurs ?
Aménagement d’espaces verts et de parc.
Dans le cadre du P.L.U. : application de « règles strictes » en matière d’aménagement et de construction ». Est-ce à dire que la règle de Haute Qualité Environnementale, voire la réalisation de bâtiment à énergie positive, sera appliqué désormais sur Troyes ? Belle déclaration d’intention ou réalité ?
En définitive en quoi ces mesures placent le développement durable comme priorité de la municipalité ? Où sont les mesures concrètes et globales à la ville ?
Jaïm Myara
J’ai cherché sur le blog de Jaïm Myara ses projets concernant le développement durable. Sans doute ai-je mal cherché car je n’y ai rien trouvé. Nous devons donc nous contenter pour l’instant des quelques déclarations que l’on peut trouver dans la presse Déclaré comme une urgence, la politique du développement durable sera mise en oeuvre au travers de deux projets phares :
Développer une action éco-citoyenne en mettant en place une politique le lutte contre les économies d’énergie et en particulier de façon immédiate dans les bâtiments publics.
Favoriser les déplacements alternatifs : transports en commun, avec une volonté de rattraper le retard troyen, pistes cyclables sécurisées.
J’attends d’avoir plus d’éléments en la matière pour pouvoir juger. On s’en tient à deux grandes mesures et une grande déclaration d’intentions.
Dominique Deharbe
Si vous consultez le blog de la liste des Verts à Troyes, en matière de développement durable, vous resterez sur votre faim. La lutte contre l’automobile reste leur principale préoccupation. Pour diminuer leur importance, ils préconisent :
Des quartiers sans voitures. Projet très alléchant, prenant des exemples dans des villes européennes ; mais à Troyes, on fait quoi de concret ?
On nous explique qu l’auto, ça coûte cher... Mais ça, tout le monde s’en est aperçu...
La GRANDE mesure phare : la gratuité des bus. Quel impact réel lorsque l’on sait que une majorité d’utilisateurs, généralement les plus modestes, bénéficie déjà de tarifs très réduits, dont des cartes à 3 € ? Une telle mesure ne paraît-elle pas démagogique ? Encouragerait-elle les familles les moins modestes à prendre le bus ? Ne faut-il pas au contraire responsabiliser les personnes, afin quelles deviennent de réels « éco-citoyens » ? Parking périphériques...
sinon, on y trouve encore :
Pistes cyclables sécurisées...
Lutte contre l’affichage publicitaire illégal
Traitement écologique « partiel » des eaux usées
Suppression des pesticides et autres produits de traiements polluant dans la gestion des espaces verts
Economies d’énergie, panneaux solaires
Le programme paraît bien « vert pâlichon ». On était en droit d’attendre des Verts une vision globale de la ville écologique qu’ils voudraient construire. Nous avons une liste de nombreuses mesures, certes, mais le tout même d’une véritable cohérence d’ensemble.
Philippe Beury
Plus vert que vert ! C’est sans doute le programme le plus ambitieux, celui des défis, le pari 320 : réduire au minimum 20 % des émissions de GES à Troyes et dans l’agglomération. Troyes doit devenir une « référence ». désormais, on ne citerait plus seulement les villes allemandes, nordiques, néerlandaises, mais aussi celle de Troyes ! Il y a une véritable vision globale de l’approche de la ville, jusqu’au projet phare, l’Hôpital, qu’ils voudraient HQE, voire à énergie positive. Le projet veut toucher l’ensemble de la population de Troyes et de son agglomération. Il faut repenser tous les secteurs pour y parvenir :
Revoir le Plan de Déplacement Urbain (PDU) à l’échelle de l’agglomération ; réduire la place de l’automobile et développer les transports alternatifs
Revoir le Plan Local d’Urbanisme et faire de tous les bâtiments publics des immeubles HQE, à énergie passive et même à énergie active. ; mise en place d’un OPATB (opération programmé d’amélioration thermique des bâtiments) : le bilan thermographique trouverait une véritable utilité.
Inciter tous à réduire se déchets, et en particulier les entreprises
Former des « ambassadeurs » qui iraient expliquer aux ménages les moyens d’économiser l’énergie, tels que les « ambassadeurs du tri ».
Développer la bio-diversité dans la ville, le long des berges de la Seine ; préférer des essences locales aux plantes d’origines exotiques..
Les mesures sont nombreuses et pas forcément coûteuses, et quoiqu’en soit le coût, de tels investissements seraient payant pour l’avenir, car à moyen terme, des économies seraient réalisées.
Quel programme est le plus écologiste ? A vous de juger
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