Pourtant placée sous le patronnage du « Frenchy » Eddy Mitchell, la programmation des Nuits de Champagne 2009 risque de rabattre la banane du rock’n’roll !
Il vous d’abord rappeler que malgré le succès de l’édition 2008, le festival est confronté à certaines difficultés financières. Dans la langue de bois de Pierre-Marie Broccard, cette situation oblige les Nuits à « se recentrer ». Ici, on dira plus simplement et plus brutalement, que le festival réduit assez fortement la voilure.
Fini donc les grosses pointures, les Lavilliers, Bashung, Tryo, Cabrel, Cali et compagnie. L’édition 2009 sera celle des petites ambitions et des artistes entre deux eaux, parfois entre deux âges...
Mauvaise surprise : l’invité d’honneur, Eddy Mitchell, ne donnera aucun concert. Certes, il sera présent pour le grand choral, mais l’absence dans la programmation d’un tel artiste et d’une telle locomotive, capable sans aucun doute de faire déborder le Cube, a évidemment de quoi laisser perplexe.
La programmation est par ailleurs loin de susciter le délire et l’enthousiasme. En guise de têtes d’affiche, il faudra se contenter de quelques artistes, certes de talent, mais dont on peut craindre qu’ils ne puissent remplir les 3 000 à 5 000 places du Cube. Un Thomas Dutronc, une Olivia Ruiz, un Renan Luce (déjà programmé en 2006)... sont des artistes désormais reconnus. Pourront-ils assurer le succès de cette édition ? Leurs styles chaleureux seront-ils correctement servis par la froideur et l’acoustique médiocre du Cube ? On peut hélas en douter. L’équipe des Nuits semble miser sur Hugues Aufray. Hélas, les années 60 sont loin. Et à 80 ans, on peut craindre que son public remplisse davantage les maisons de retraite que les salles de concerts.
Que dire de la surprenante programmation de Laurent Gerra au sein de ce festival ? L’homme permettra sans doute de remplir les caisses des Nuits. Mais cela se fera en ternissant un peu l’esprit de ce festival.
Emily Loizeau, déprogrammé le 7 avril dernier du théâtre de Champagne, sera présente pour ce festival. Hélas, cette artiste originale se voit reléguée dans l’affreuse Maison Pour Tous de Sainte-Savine. Le pire endroit pour apprécier son talent.
Au final, cette édition devra affronter une délicate contradiction : celle d’une programmation modeste, voire pauvre mais chaleureuse qui devra pourtant remplir des équipements tristes, froids et surdimensionnés. Challenge impossible ? Réponse d’ici quelques mois.








