La France de nos parents et grands parents a fait le choix du "tout nucléaire" il y a 30 ans, à une période où notre pays souhaitait ne pas avoir à dépendre des autres en matière d’énergie. D’autres choix pouvaient être faits... Aujourd’hui, il faut le souligner, la France est le pays le plus nucléarisé au monde : 58 réacteurs au total sur tout notre territoire. Notre département prend sa part dans cette politique du nucléaire avec la centrale de Nogent sur Seine.
Au moment des choix, on s’est trop peu préoccupé des déchets qu’il faudrait nécessairement gérer, laissant plutôt cela aux générations à venir... Les difficultés auxquelles nous sommes aujourd’hui confrontés alimentent et n’ont pas fini d’alimenter le débat public : les déchets sont là. Nous devons donc les assumer !
État des lieux dans l’Aube
Dans l’Aube, il y a un centre de stockage des déchets de faible et moyenne activité à vie courte qui est exploité depuis 1992 à Soulaines-Dhuys, Epothémont et Ville-aux-Bois (10) et un centre de stockage des déchets de très faible activité exploité depuis 2003 à Morvilliers (unique site de stockage de déchets de très faible activité en France) et à La Chaise.
Tout récemment, chargée par l’état de mettre au point des solutions de stockage pour les déchets de faible activité à vie longue, l’ANDRA (Agence Nationale chargée de la gestion des Déchets Radioactifs) a lancé un appel à candidatures auprès des communes. Le gouvernement a retenu en juin 2009 les communes d’AUXON et PARS les CHAVANGES pour la poursuite de l’étude. (informations tirées du site de l’ANDRA).
Même si l’ANDRA se veut rassurante dans sa communication, la gestion des déchets nucléaires n’est pas une opération anodine. Le citoyen ne s’y trompe pas : le nucléaire est là ; il faut gérer les déchets ; mais 85% des français refusent de voir s’implanter un centre de stockage près de chez eux. Le citoyen du monde est du même avis. Yann WEHRLING ( [1] le souligne : "La population est plus dans une acceptation résignée à peine majoritaire, que
dans une franche adhésion. Et majoritairement, dans les pays qui ont fait le choix du nucléaire, l’opinion publique (à qui on demande rarement son avis d’ailleurs), accepte mal le nucléaire… Au mieux, elle tolère quelques
centrales par pragmatisme ou résignation..." Il semble qu’aux Aux
Etats-Unis, cette question du stockage soit publiquement évoquée.
"L’actuelle administration Obama en a même conclu que tant que la question d’un site de stockage n’était pas résolue, toute relance importante d’un programme de construction de centrale était à ajourner."
Quelle réponse à la gestion des déchets ?
Alors, nos centrales étant pour beaucoup d’entre elles en fin de vie, notre gouvernement doit-il relancer un programme de construction ? Tout en posant la question légitime du choix de société que nous voulons pour aujourd’hui et pour demain, et quelque soit la réponse, notre attitude d’aujourd’hui doit être en même temps une attitude responsable ! Avec les déchets nucléaires, nos parents nous laissent un héritage encombrant .
Avons nous le droit de dire à nos enfants : "les déchets, ni ici, ni ailleurs, à vous de voir plus tard !" ??
La récente médiatisation du projet de centre de stockage à AUXON a fait
entendre deux voix : celle de l’ANDRA, angélique, qui se veut rassurante ; et celle des opposants au projet qui refusent le stockage à AUXON mais qui
n’ont pas émis de proposition alternative.
Avec Yann WEHRLING, sans doute faut-il défendre la réversibilité de tout stockage, toujours en prévision de l’avenir. "On a absolument besoin de pouvoir remettre la main sur les déchets stockés à tout moment, maintenant et dans le futur. Ce sont des déchets dangereux et nous devons en garder la maîtrise complète. Toute solution en très basse profondeur avec des risques ou des difficultés à pouvoir les ressortir facilement me parait irresponsable."
Alors AUXON ? PARS LES CHAVANGES ?
Aux Etats-Unis, " on n’a pas choisi de sacrifier de nouveaux sites que ceux déjà dévolus au nucléaire. C’est donc sur les sites mêmes des centrales existantes, ou a proximité immédiate, que le stockage des déchets est effectué dans des sortes de cloches ultra isolées."
Peut-être pourrions nous réfléchir à cette solution sur notre territoire. En espérant que pour l’avenir, la recherche et la concertation internationale et des échanges de technologies nous fassent progresser pour préserver au mieux le futur de nos enfants et l’avenir de notre planète.
Et Yann WEHRLING de conclure : "Ce qui est intéressant dans ce dossier, c’est que nous sommes, nous décideurs d’aujourd’hui, dans la situation tant de fois décrite dans les débats sur le développement durable : celle d’être l’une de ces générations futures qui doivent gérer un environnement sali par nos parents ou grands parents."
Et maintenant ? quelle stratégie pour le futur ?
Ainsi, à AUXON, à PARS LES CHAVANGES ou ailleurs, il nous revient aujourd’hui d’assumer cette épineuse question des déchets toxiques.
Sans fuir. En étant force de propositions.
Puis en posant clairement la question du choix de société que nous voulons pour nous et pour les générations futures. Et en formulant évidemment des choix s’accompagnant d’une préoccupation constante de préservation de notre planète !!
Mais c’est d’abord en faisant preuve de responsabilité que nous devons gérer le problème.
Toutes les photos glissées dans cet article ont été prises dans notre département : centrale de Nogent sur Seine, parc d’éoliennes dans la région d’Arcis sur Aube, exploitation forestière située à l’ouest du département de l’Aube.
[1] Merci à Yann WEHRLING pour sa contribution à cet article. Yann WEHRLING a rejoint le MoDem. Il était candidat aux récentes élections européennes et figurait sur la liste MoDem dans notre région Grand Est











