C’est à une heure déjà tardive que le rapport 23 était présenté au conseil par madame Isabelle HELIOT-COURONNE. Là aussi il s’agissait d’un rapport banal puisqu’il était proposé de déclasser un terrain pour permettre sa mise en vente.

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Photo aérienne, pages jaunes, 109, rue Etienne Pédron.
Au 109, rue Etienne Pedron, se trouve une parcelle de terrain actuellement aménagé en espace vert arboré à l’exception de sa partie avant, espace minéralisé, accueillant l’aire de départ des examens de permis de conduire et un point d’apports volontaires de verre et de papier.
Les services de la ville prétendent que ce terrain est peu utilisé par la population qui a, alentours, le parc des Vassaules, la place des marronniers et la digue de Fouchy pour assumer ses désirs bucoliques…
Il était donc proposé « d’approuver le déclassement du domaine public de la parcelle de 901 m² en vue de sa mise en vente. »
Deux interventions de l’opposition.
Intervention de monsieur Dominique Deharbe qui demande qu’à l’avenir ce genre d’aménagement, qui concerne fortement la vie des quartiers, soit soumis à la décision de la population en passant par les comités de quartier.
Philippe Beury intervient alors plus longuement :
« C’était un petit jardin… qui sentait bon le bassin parisien. »
Vous connaissez la chanson monsieur le maire… Le nôtre aussi est un petit jardin charmant, un peu à l’écart, tout petit, propre, qui ne gêne personne…
Je me pose la question de savoir pourquoi la ville veut vendre ce bien ?
En quoi est-ce gênant de garder ces 900 m² avec quelques mètres-carrés de gazon et de très beaux arbres…
A-t-on un projet immobilier ?
A-t-on une demande d’achat ?
Dans l’affirmative il faut nous le dire. Dans la négative, pourquoi se priver de ce petit jardin ?…
La fin du rapport nous dit, d’ailleurs, qu’il ne faut pas toucher à ce petit jardin : « Considérant néanmoins l’aspect qualitatif du patrimoine arboré de cet espace… » « L’aspect qualitatif du patrimoine arboré » cela veut dire dans la langue du « référentiel bondissant » que c’est beau… mais si cet espace est beau, s’il ne gêne personne, s’il est agréable aux troyens, pourquoi s’en séparer ?…
La ville de Troyes n’a pas trop d’espaces verts. Gardons celui-là.
Comme aurait pu vous le dire Jacques Dutronc.
"De grâce, de grâce, Monsieur le Maire,
De grâce, de grâce, Préservez cette grâce.
De grâce, de grâce, Monsieur le Maire,
Ne coupez pas les arbres. »
Sourires dans l’assistance (côté opposition mais aussi côté majorité) et François Baroin prend la parole pour souligner qu’il désire protéger les arbres, qu’il y a plus d’arbres maintenant qu’il y a 20 ans, à Troyes, qu’il y en a même plus qu’il y a 7 ans… Que le maintien de beaux arbres est difficile puisque, quand les arbres apparaissent magnifiques, ils sont parfois malades et qu’il faut parfois se résoudre à les abattre, comme à Jules-Guesde où cela a été mal vécu par la population avant qu’elle ne découvre la totalité de la réhabilitation du boulevard…
Le maire laisse ensuite la parole à Bertrand Chevalier, décidément à la peine ce soir-là, pour défendre le rapport.
Le maire adjoint répond qu’à la suite de la commission urbanisme au cours de laquelle Philippe Beury était intervenu, il s’est rendu sur place avec quelques autres pour interroger la population ; celle-ci se révèlerait favorable à la destruction de cet espace vert…
La majorité vote le rapport, Anna Zajac (PC) et Dominique Deharbe (Vert) s’abstiennent [1], l’opposition de gauche et MoDem vote contre… C’est 900 m² d’espace vert qui disparaisse ainsi…
Quelques minutes plus tard...

- Photo Pages Jaunes
Photo aérienne, pages jaunes, 14 av. Mal de Lattre de Tassigny.
Le rapport suivant, 21, demandait une révision du « Plan local d’urbanisme » et l’ouverture d’une concertation publique car, au 14, avenue Maréchal de Lattre de Tassigny, la maison de retraite ORPEA désire procéder à une extension de son établissement avec une nouvelle unité Alzheimer. Pour cela elle désire pendre possession d’un terrain de 4800 m², actuellement arboré, situé derrière l’actuelle maison de retraite.
Sans vouloir s’opposer par principe à la création d’une nouvelle unité Alzheimer, Philippe Beury ne peut s’empêcher de regretter, une nouvelle fois, la disparition de nombreux arbres sans contrepartie immédiate… Il intervient en demandant au maire :
"De grâce, de grâce, Monsieur le Maire,
De grâce, de grâce, Préservez cette grâce.
De grâce, de grâce, Monsieur le Maire,
Ne coupez pas les arbres. »
Nouveaux sourires dans l’assistance et air entendu du Maire qui semble penser que Philippe Beury se prépare pour la "Star’Ac"... Mais le rapport est adopté à la majorité ! C’est 4800 m² d’arbres qui disparaissent encore d’un trait de plume…
5700 m² d’arbres en moins à Troyes, espérons que leur disparition sera corrigé par des plantations ailleurs !
[1] (de nombreux conseillers municipaux et plusieurs personnes de l’assistance se sont d’ailleurs étonnés que Dominique Deharbe, élu « Vert » s’abstienne sur ce rapport… )











