J’apprécie le ton de la première partie de votre propos. Ils posent votre opinion sur une situation perçue et plutôt sur des faits. Rare sur AC (chose que je regrette et déplore infiniment).
Bien sur, quelques réponses.
Tout d’abord, il convient bien de distinguer l’individuel du collectif.
L’individuel :
Perdre son emploi pour une personne peut-être dramatique (encore qu’il faille relativiser sur le plan pratique, notre pays est en tête de liste des pays au monde qui aident ces situations). Je connais bien ces situations les ayant accompagnées pdt des années.
Toutefois, on peut se poser la question : qu’a fait (=construire) cette personne depuis des années pour développer ses compétences d’une part, ce qu’on appelle son employabilité d’autre part et enfin la mobilité ?
Cette dernière rejoint la notion de compétences.
Savoir souder est une compétence technique.
Savoir prendre du recul sur cette compétence est une compétence stratégique. De celle qui est, sera utile pour rebondir, ou mieux, s’affirmer dans ce que chacun a envie de faire. Encore faut-il que cette personne se soit posée (elle aussi) de vraies questions sur ce dont elle avait envie. Cette envie, ce désir vient bien du fond de soi et non d’une dépendance soumise à un emploi et donc un patron.
La mobilité peut être déclinée sous quatre registres :
Géographique : mais il faut avoir l’envie (mais aussi le courage !!) de bouger. Le courage car c’est difficile. Mais en face de cette difficulté, il n’est pas (pas assez) pensé « enrichissement ». Bouger, rencontrer, se confronter à d’autres environnements, c’est devenir plus fort. C’est un enrichissement au fond de soi qui a des conséquences pratiques.
Hiérarchique : tout le monde n’a pas envie, n’est pas capable de devenir chef. Et d’ailleurs, les structures (oui, il y a des contre exemples, mais peu nombreux au regard du nombre) ne ressemblent pas à l’armée mexicaine, avec plus de chefs que de soldats. Mais entre n’être pas capable et ne pas se bouger pour évoluer… un grand nombre de personnes préfèrent regarder TF1 : plus facile de consommer béatement que de construire.
Latérale : l’évolution dans un poste n’est pas que hiérarchique. Une secrétaire administrative peut devenir secrétaire comptable. Un menuiser devenir ébéniste.
Intellectuelle : de nouveau, plus facile de consommer que de construire. De regarder TF 1 que Arte. De dire qu’on ne me donne rien, que d’aller chercher. Plus facile de lire l’Equipe et les matchs de foot que de prendre un livre. Plus facile de récrier que rien n’est fait que d’aller s’inscrire aux cours du soir, par correspondance ou par le net.
Le collectif :
Nos politiques sont ici au premier rang.
Cycleurope est, était devenu une entreprise financière. Ce type d’entreprise ne pense plus qu’en termes de profits. La pensée est que d’un coté, il y a les actionnaires tout en haut, un directeur faisant le lien avec le bas. Le bas, ce sont les équipements. Ceux-ci comprennent, au même niveau, les bâtiments, les machines et les hommes. Tout cela n’est que de la comptabilité se place, déplace et remplace à volonté.
Si ce type d’entreprise disparaît du paysage, tant mieux.
Population ET Politiques doivent dire non à ce type d’entreprise. J’entends déjà les cris : ce qu’il nous faut, c’est du boulot. Donc des entreprises. Je reviens à mes propos initiaux : c’est à soi, à nous dans une dynamique collective (rien à voir avec collectiviste) à penser, structurer et mettre en œuvre une démarche qui ignore ces logiques financières et construit sur des bases humaines, dans lesquelles nos valeurs sont respectées : l’économie au service de l’homme, pas le contraire. A avoir oublié de telles valeurs, on a accepté tout et n’importe quoi. Avec les résultats que nous connaissons.
Science sans conscience n’est que ruine de l’âme.
Travail sans valeurs a la même destinée.
Pour ce qui est des solutions, elles existent. Elles sont dérangeantes, inhabituelles, simples. Mais très difficiles, car obligent à penser autrement. C’est là le plus difficile. Bref, à vraiment construire.
Quand à votre propos sur la couleur des mouches… dommage. Elle rabaisse le niveau global.
Enfin, je n’ai rien contre les syndicats. Toutefois, eux aussi, comme nous et notre monde politique, doivent faire leur révolution copernicienne (et je vous renvoie au paragraphe sur les solutions).
L’enc de mouches, vous propose simplement de réfléchir. Constuire. Pas dénigrer et régresser vers des solutions "yaka",plus faciles, mais inutiles et stériles.
Cordialement.