Nous ne manquons pas depuis quelques semaines de reportages alarmistes :
En Afrique, des éléphants meurent du fait d’une grande sécheresse, laissant orphelins de nombreux éléphanteaux.
La forêt canadienne meurt du réchauffement climatique ; l’adoucissement provoquerait la prolifération d’un coléoptère qui transmettrait aux conifères un champignon mortel.
Les plaies de Dieu s’abattent sur la déesse nature comme autant d’avertissements à l’Homme responsable. Un monde est en train de disparaître, remplacé bientôt par un enfer.
Les dirigeants du monde, s’étant pourtant moqué des derniers sommets internationaux sur la sécurité alimentaire – combien étaient-ils présents en novembre à Rome ? – sortiront triomphalistes après d’âpres négociations du sommet de Copenhague, forts de promesses, de celles qu’ils n’avaient pas tenues aux précédents. Mais qu’importe, les véritables enjeux de ce sommet ne sont pas là. Les négociations de fond qui vont s’ouvrir devraient définir un nouvel ordre économique mondial. Les Etats occidentaux ayant perdu le contrôle de l’industrie au profit des « Etats-ateliers », industrie très productrices de CO2, celles qu’ils montrent désormais du doigt que pour mieux donner mauvaise conscience à ces nouveaux états industrialisés, les Etats occidentaux, donc, vont imposer de nouvelles règles du jeu et redistribuer les cartes.
Un nouveau marché s’est ouvert à eux, un capitalisme édifié sur de nouvelles bases : constitution de nouveaux grands domaines agricoles à travers le monde pour la production d’agrocarburants, aux dépends encore et toujours plus des systèmes agraires locaux et vivriers ; prolifération de l’industrie nucléaire et autres technologies prétendues « propres » ; mise en place de nouvelles normes « propres » auxquelles les pays en voie de développement ne pourront pas répondre – et que dire de ceux en retard de développement ?
C’est une nouvelle société de consommation, dite « BIO » dans le respect du « développement durable », qui consacrera de nouveau la puissance industrielle occidentale « propre », aux dépends du reste du monde. En faisant du Brésil le « bon élève », n’encourage-t-on pas la déforestation pour la production d’agrocarburants et pourquoi pas de leur exportation pour couvrir nos besoins ? La maîtrise accrue des sources d’approvisionnement en uranium, devenue plus que jamais stratégiques, va renforcer le néo-colonialisme existant.
Le sommet de Copenhague ne mettra pas fin à la surconsommation énergétique des pays occidentaux et à la société de consommation à outrance. Comment un chef d’Etats pourrait-il plaider d’un côté pour des solutions contre le réchauffement climatique draconiennes et véritablement efficaces et de l’autre poursuivre sa politique ultralibérale, malgré les soubresauts de la crise, en faveur plus que jamais des plus nantis et des industriels ? Et pourtant il le fait ! N’y aurait-il donc pas contradiction ?
Mais la saison de Noël a commencé et la promesse aux plus pauvres d’avoir le droit de consommer, eux aussi, a été faite ; ils auront leur prime ! Dormez, vos enfants pourrons avoir leurs joujoux. Quelle belle période que celle de Noël : des villes illuminées ; des maisons qui se couvrent de guirlandes lumineuses « made in China ». Que d’énergie partie en fumée pour illuminer la « Grande Foire à la consommation » !!! Que de centrales nucléaires il nous faudra construire pour éclairer ce temps de bonheur ! Que d’emballages et cartons – écologiques puisque recyclables - le lendemain sur les trottoirs… en attendant de trouver des zones d’accueil pour les déchets nucléaires. Rassurez-vous, nos puissants veilleront à Copenhague à ce que ce bonheur perdure. « Dis, maman, tu crois que le Père Noël pourrait m’apporter un éléphanteau orphelin d’Afrique ? »











