(madrinien, diraient les puristes).
Il était une fois, au pays de la Vallée de la Seine, un charmant village gaulois qui avait réussi, par la mobilisation de sa population, à se débarrasser d’un ogre glouton qui dévorait les champs et les bois et déféquait, à la place, des usines d’agrocarburants. Il était resté bien sûr un peu d’odeur dans l’air en provenance du bourg voisin qui n’avait pas eu cette chance d’échapper à la voracité du monstre, mais dans l’ensemble la vie avait repris son cours ordinaire.
Or le temps des fêtes de Noël approchait et chacun s’y préparait avec ardeur. En particulier le bourgmestre du petit village gaulois et quelques échevins qui avaient la charge du festin des Sages et des offrandes faites par la même occasion. La liste des invités n’était pas compliquée à établir, c’était toujours la même depuis des lustres, moins ceux partis rejoindre le Paradis des Valeureux Gaulois, plus les nouveaux qui avaient atteint, dans l’année, l’âge de la Sagesse, fixée à 70 ans, même si, comme chacun sait, on est jeune de 7 à 77 ans.
Pourtant, cette année là, en l’an de grâce 2009, un esprit chagrin avait brouillé les cartons d’invitation jusqu’à exclure certains invités, en toute injustice et manque de générosité (ce qui était un peu fort un soir de Noël) et de respect pour des personnes aux cheveux d’argent, marque de leur distinction. L’argument était, entre autres, que ces personnes ne vivaient au village que six mois de l’année, bien qu’elles payassent leurs impôts et taxes comme tout le monde et votassent là. Une crainte nouvelle s’empara des villageois informés de cette affaire : "l’esprit malfaisant de l’ogre est toujours parmi nous, se dirent-ils, il s’est même caché dans la tête de notre bourgmestre et de ses échevins. Que faire pour l’exorciser ?"
Venant appuyer cette crainte, une rumeur courait que certaines nuits, profitant de l’obscurité et du sommeil des braves gens, de drôles de sabbats de sorcières avaient lieu à la « Comm-de-Comm », sorte de Mont du Harz local et de ses nuits de Walpurgis où Méphistophélès entraînait le Docteur Faust !!!. Pareillement, un apprenti sorcier, au service de l’ogre pétomane, tout de "vert-écolo" déguisé pour l’occasion, menait la danse des bourgmestres en transe, hypnotisés par de fantasmagoriques pluies d’écus d’or en échange de leurs signatures au bas de parchemins intercommunaux. Même les plus raisonnables qui avaient jusque là veillé en bons pères de famille sur les destinés de leur village étaient pris de "développement durable frénétique" et "hallucinations bling-bling"
Les villageois avaient raison d’avoir peur : l’ogre tenait sa vengeance. Il avait réussi à tordre les esprits "durablement" au point de faire croire que tous ces ogres qui s’étaient pendant si longtemps engraissés comme des prédateurs et accapareurs des biens et des beautés de la planète, étaient devenus doux comme des agneaux, cherchant à réparer leur saccage de l’environnement et demandant humblement pardon.
Il fallait absolument que ce lavage de cerveau réussisse pour que sa victoire soit totale. Il avait donc chargé son meilleur apprenti sorcier de commencer ce travail par les édiles estimant que le menu peuple suivrait ensuite docilement des bourgmestres entièrement sous influence. Et celui-ci avait choisi précisément ce petit village récalcitrant pour tester son influence maléfique sur son premier magistrat, et voir jusqu’à quel point il pouvait lui faire perdre le sens de la justice et de la démocratie. Et c’est ainsi que le petit village gaulois s’apprêtait à vivre son premier Noël d’exclusion de certains de ses Anciens du repas traditionnel de Noël.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là et des rebondissements extraordinaires vont avoir lieu dont nos lecteurs seront informés dans un prochain numéro de « Marnay, un village gaulois ».
Bon Noël à tous !
ND de Marnay







