De fait, consommer « bio » n’est pas encore une pratique courante, habituelle et quotidienne, une pratique devenue « automatique » pour la très grande majorité des consommateurs. Consommer « bio », hors des quelques rayons spécialisés des supermarchés, et en particulier la production locale, est une véritable démarche ; la vente de la production se faisant encore essentiellement sur les lieux de production, à la ferme.
Il existe bien quelques magasins spécialisés dans le département : « L’Angélus », dans les Halles de l’Hôtel de Ville à Troyes, la coopérative « Hermès » à Troyes, « Crocq Nature » à Romilly-sur-Seine, « Espace Bio » à Saint-André-Les-Vergers ou encore « Persil et Ciboulette » à Fouchères. De fait, ces derniers sont aussi producteurs maraîchers et proposent leurs produits sur les marchés de Bar-sur-Seine et d’Aix-en-Othe, ou, de façon plus originale en livrant des « paniers » hebdomadaires commandés sur Internet, livrés en deux points de l’agglomération troyenne (voir : persiletciboulette.com)
C’est cette démarche qui est entreprise par les Verts de l’Aube, avec la création d’une AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne), offrant un panier mensuel aux adhérents (voir : le site des Vert-Aube). Mais cette offre est limitée à deux producteurs, Patrick Piat, de Piney, et Patrick Vincent de Villadin. Reste que le local semble leur faire encore défaut, en attendant un lieu propre à les accueillir - la municipalité devrait s’employer à aider l’initiative.
L’Aube compte pas moins de 27 producteurs « bio » et « bio dynamiques » proposant une gamme de produits bio variée : céréales, lait, fromages, viande, maraîchage, miel, plantes aromatiques et médicinales, et Champagne (voir le guide proposé par la chambre d’agriculture de l’Aube). Cependant, ce qu’il manque à Troyes, et le cas de l’initiative des « Verts » est significatif, c’est un lieu où l’on pourrait trouver l’ensemble de ces produits, un lieu qui regrouperait tous ces producteurs locaux et leur permettrait de proposer une offre variée et conséquente au consommateur troyen, tout en faisant des économies d’échelles quant à la commercialisation. J’avais, il y a quelque temps proposé de reconvertir l’ancienne Bourse du Travail en un tel « marché nature » permanent (voir L’article Leclerc : Sauveur de la Bourse). L’emplacement du site était particulièrement intéressant.
Quoiqu’il en soit, désormais, si l’on veut que la production et la consommation, des produits « bio » progressent, la démarche ne doit plus seulement être militante et confidentielle, mais doit devenir une véritable force de proposition alternative qui aille au-devant du consommateur.






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