Un projet de Zone de Protection du Patrimoine Architectural, Urbain et Paysager est à l’étude par la municipalité dans cette ville.
Sainte-Savine, BoBoland ?
Peut-on concilier développement durable et donc évolution moderne de l’habitat et protection rigoureuse du patrimoine ancien dans la presque totalité d’une ville ?
L’objectif de préserver un patrimoine qui nous est cher et qui joue un rôle essentiel dans notre cadre de vie est le bienvenu. Vouloir conserver certains exemples de l’architecture ancienne comme une usine de bonneterie, certaines maisons dignes d’intérêt, des monuments historiques semble acceptable.
Ce n’est pas le principe de la volonté de protéger un témoignage du passé qui est contestable mais bien l’importance démesurée d’un projet qui touche pratiquement tous les quartiers, même les plus laids !
Il semble luxueux de pénaliser les habitants solidaires des générations futures
La limitation géographique du projet permettrait de pouvoir compenser les surcoûts résultants des prescriptions d’une ZPPAUP et de limiter le nombre supplémentaire de dossiers qui vont devoir transiter entre Mairie et les services de l’ABF (architecte des bâtiments de France).
La priorité actuelle planétaire semble être le dérèglement climatique, et non l’aspect secondaire du patrimoine ancien d’une ville en France.
Au moment du sommet de Copenhague et de la taxe carbone, il semble luxueux de pénaliser les habitants solidaires des générations futures qui veulent anticiper les augmentations du prix de l’énergie dues à la raréfaction des énergies fossiles.
Il ne faut pas dramatiser la situation environnementale, ce n’est pas la fin du monde, les malthusiens verts noircissent un peu la situation et il est vrai qu’il y a des ayatollahs en écologie comme en architecture.
Peut-on faire marche arrière en freinant l’évolution naturelle de l’habitat, la ville de demain sera différente de celle d’hier et des technologies alternatives, des nouveaux matériaux résultants du progrès scientifique en modifieront profondément les formes et les apparences ?
Des contraintes difficilement justifiées
Les propriétaires ou les gestionnaires de logements sociaux qui voudront installer des pompes à chaleur, des éoliennes horizontales sur le toit des immeubles, des panneaux solaires, isoler par l’extérieur, végétaliser leurs murs ou leurs toitures, etc., devront plutôt être encouragés. Si la municipalité, comme elle a annoncé dans un plan climat communal, compense totalement les dépenses liées au projet, alors tout sera pour le mieux dans la meilleure des villes durables !
Mais des contraintes semblent à ce jour difficilement justifiées, comme par exemple l’impossibilité d’isoler par l’extérieur, d’installer des panneaux solaires visibles de la voie publique, des volets roulants, de matériaux imposés souvent plus chers, et le retour contraint possible en cas de travaux à l’aspect initial.
Les contraintes excessives en augmentant les coûts pour les propriétaires risquent de les conduire soit à ne pas apporter les rénovations nécessaires à leur propriété, soit à ne pas respecter le règlement.
Dans tous les cas, il faudrait que les habitants s’approprient ce projet, et fassent fortement pression pour son amélioration, faute de quoi les propriétaires s’apercevront de l’existence des contraintes de la zone lors du refus d’un permis, mais il sera trop tard.
En dépassant les clivages politiques, une autre ZPPAUP, conciliant passé et avenir, faite par les habitants et pour les habitants reste possible.
Claude Huin










