Les voilà enfin ! Après plusieurs mois d’attente, un faux départ au mois de mars et quelques ajustements obtenus par l’opposition, les conseils de quartier sont sur les rails. Pas de quoi s’extasier. La nouvelle mouture, proposée par François Baroin, garde de vieux relents de paternalisme et souligne la crainte de l’UMP pour la démocratie participative. Les habitants représentent tout juste 50% de ces conseils. C’est trop peu. D’autant plus que ceux-ci se tiendront à huis-clos et que l’ordre du jour sera maîtrisée par la seule adjointe en charge du dossier. Bref, ces conseils restent sous la main-mise du pouvoir politique.
Il faut cependant reconnaître les quelques progrès réalisés. François Baroin a manifestement tenu compte des nombreuses critiques. Ainsi, les moins de 18 ans et les ressortissants hors Union Européenne auront un représentant chacun. C’est mieux. Mais, comme le dit Marc Bauland, ne s’agit-il pas : « d’une discrimination fondée sur l’origine des habitants – une sorte de droit du sang – alors que seul doit compter le fait de vivre à Troyes » ? Voilà de quoi faire réfléchir sur l’usine à gaz que nous a vendu François Baroin. Usine à gaz car en plus du jeune, de l’étranger, il faudra trouver un homme et une femme pour les 18-25 ans, un autre homme et une autre femme pour les 25-35 ans, même chose pour les 35-45 ans, les 45-55 ans etc, etc ; et tout cela par tirage au sort sur les listes électorales et en comptant sur le volontariat des heureux élus !!! Pourquoi diable faire simple quand on peut faire aussi compliqué ? On se le demande...
Ce projet ubuesque avait sans doute l’objectif d’en donner pour toutes les bouches et de satisfaire chaque élu. Raté ! L’opposition a en effet préféré jouer la cacophonie. Un Vert qui s’abstient, un MoDem et une écolo qui votent pour, et le reste de la gauche qui vote contre après l’intervention précise et remarquée de Marc Bauland. Pour en rajouter à ce bordel, notre gauche qui n’a pas eu de mot assez fort pour dénoncer le fonctionnement et la composition de ces conseils, décide en toute cohérence tout de même d’y siéger, validant, de facto, une composition qu’elle jugeait abominable... Allez comprendre.
Grand prince, François Baroin n’aura même pas eu le mauvais goût de souligner les fausses notes de l’opposition sur ce dossier.










