Le journal local vient de l’annoncer : Bourse du Travail, ce sera bien un espace commercial.
Notons l’expression : ce sera bien. Elle sous-entend qu’il y a eu débat, échange d’arguments, puis vote de décideurs informés. Or, personne n’a jamais entendu parler d’un débat et, pour cause, il n’a pas eu lieu. Lorsque notre association Bourse du Travail, Mémoire vivante a rencontré le maire au mois de juin, c’était déjà l’affirmation péremptoire : de toute manière ce sera commercial. Aujourd’hui on a une affirmation motivée puisqu’elle s’appuie sur un avis d’experts (des experts forcément comme ceux qui entouraient le projet d’Altaréa), qui a « confirmé la pertinence commerciale et économique du site ». Le contraire nous eût étonné puisqu’il s’agit d’un cabinet d’urbanisme commercial. Il ne va évidemment pas aller contre le commerce.
Le problème est la démission de la municipalité devant l’une de ses fonctions : l’urbanisme en général, ce qui est dans ses responsabilités. Voici un lieu qui fait partie de l’histoire de Troyes et du département par la fonction sociale qu’elle a exercée : vitrine d’activités locales (production bonnetière au départ, expositions par la suite), loisirs (bals, théâtre, spectacles sportifs), politique (meetings de toutes tendances , siège de nombreuses associations qui lui devaient de pouvoir poursuivre leur existence), etc. Le devoir d’un urbanisme municipal est de se poser la question : est-ce que je fais totalement disparaître la fonction sociale de tel monument ? Ai-je le droit de la remplacer purement et simplement, malgré sa place dans l’histoire qui a façonné l’histoire de la ville, par une fonction commerciale dont on sait qu’elle n’animera le quartier qu’entre 9 heures et 19 heures ? Si je maintiens une fonction sociale, autour de quels éléments de l’identité économique, historique ou culturelle locale, avec quel public (quand on accueille des milliers d’étudiants, il serait peut-être souhaitable d’y réfléchir) ? Faire dépendre un qurtier d’une seule fonction dont personne actuellement ne peut prévoir l’avenir (crise, restructuration avec l’e-commerce, enseignes existantes) c’est pour la ville se désaisir d’un de ses rôles qui est d’aménager le territoire comme elle l’a fait pour l’immobilier des XIXe et XXe siècle.
Ce qui est préoccupant, c’est que lorsque l’on parle urbanisme au conseil municipal, c’est le mutisme pratiquement complet sauf le rapporteur dont la problématique n’est l’objet d’aucun débat.
Notre ambition est d’engager cette réflexion.
Une première occasion se présente avec la soirée que nous organisons
Jeudi 3 décembre – 19h30 Cinéma Le Moderne, 1 rue Brissonnet.
Nous projetterons le film d’Alain Guillon, le dossier textile ou le monde fini qui, à partir de l’évolution de l’industrie textile pose des problèmes de fond sur l’évolution de la sociét, naviguant avec bonheur entre nostalgie et explication de fond, entre passé dur et néanmoins joyeux et avenir que l’on peut encore faire évoluer, avec une écriture filmique très dynamique et tonique. Après quoi, nous engagerons un débat sur la mémoire à inscrire dans la ville pour lui donner un avenir durable.
Votre présence, vos réactions, vos réflexions sont les bienvenues.











