A Paris, la ministre de l’économie déclare que la France n’est « techniquement pas en récession ». A Troyes, le maire-adjoint à l’urbanisme, avec le même optimisme béat déclare qu’aucun gros projet immobilier n’est remis en cause...
Tout va donc bien, messieurs, dames... La crise n’existe pas. Pas plus que les chômeurs. La France échappe à la récession mondiale, Troyes reste insensible aux effets du crack bancaire et le nuage de Tchernobyl attend toujours aux frontières de notre beau pays.
Bertrand stoppe la crise à nos portes...
C’est qu’il est fort le Bertrand... Tel Saint-Loup devant Attila, notre adjoint, avec ses petits bras musclés, à lui tout seul, a stoppé la crise aux portes de la ville. D’ailleurs, soudainement, ce lundi 1 décembre, à la lecture des mots rassurants de Bertrand Chevalier, dans le canard rouge, la fine pluie a cessé. Le ciel s’est dégagé et le soleil est apparu.
Tout va bien. C’est Béber qui le dit. Et quand le bâtiment va, tout va ! Aucun projet troyen n’est annulé. Le projet Fra-For est juste repoussé de 6 mois. Officiellement, le promoteur veut réduire la voilure (-30% de logements en moins) mais augmenter la capacité hôtelière du projet... Résultat : 6 mois de retard. Pour le moment. Car on peut facilement imaginer, dans un tel cas, une fois la crise bien installée, que le projet devra encore être repoussé de quelques mois... puis de quelques mois encore, et encore, et encore...
... demain , il transformera le plomb en or...
Mais puisqu’on vous dit que tout va bien ! Le projets se feront, un peu plus étalés, mais ils se feront... Et d’ailleurs, de nouveaux permis de construire sont encore déposés. C’est Bertrand qui l’a dit. C’est dire si tout va bien. Et la crise, en voyant tout ce bonheur, a préféré éviter notre cité...
Et la Bourse du Travail ? C’est étrange mais le sujet semble avoir été oublié. A moins qu’il ne s’agisse pas d’un projet immobilier ? Mais alors, de quoi s’agit-il ? Serait-ce un centre commercial immatériel, à l’image du label patrimonial du même nom ? S’agirait-il d’un bâtiment virtuel ? Pas vraiment... Serait-il alors déjà passé aux oubliettes de l’histoire ? Au cimetière des lubies de François ? Quoiqu’il en soit, les travaux auraient du débuter il y a plus d’un an pour une ouverture en 2008. On attend, on attend, on attend... c’est une évidence, sans vraiment avancer d’un seul pas. Mais Bertrand, lui, a oublié ce projet pourtant annoncé par Baroin comme « décisif pour le développement du centre ville » (Press’Troyes n°143). Quelques semaines avant la crise, Boisseau expliquait même que le projet, malgré le recours déposé par la Fnac, se ferait, coûte que coûte. Aujourd’hui, c’est le calme plat. L’anticyclone des Açores s’est abattu sur la Place Jean Jaurès. Et le triangle des Bermudes a effacé de la mémoire du journaliste et de Bertrand Chevalier le souvenir même de ce projet immobilier « structurant » qui, je ne m’en lasse pas, devait permettre d’ « étirer vers le haut et vers le bas l’élastique commercial » (dixit François Baroin...).
... et l’année prochaine, il re-construira le palais de Comtes de Champagne
Ne soyons pas injustes... Bertrand a pris les manettes il y a à peine quelques mois. Laissons-lui un peu de temps et d’ici peu, après avoir stoppé la crise financière, il construira de ses propres mains ce centre-commercial, creusera un nouveau canal et re-bâtira le palais des Comtes de Champagne.











