Bashung, on ne le présente plus. 60 ans passés, la gueule cassée et la voix éraillée, il fait figure de vieux rocker revenu de tout, qui avec son dernier album "Bleu pétrole" revient également quelques années en arrière, vers ce qui fit son succès dans les années 90 avec « Osez Joséphine » ou « Ma petite entreprise ».
Bashung, ce sont 14 albums studios, 2 victoires de la musique en tant qu’interprète, une carrière de comédien, des musiques de films et une griffe laissée ça et là sur les albums des chanteurs qui lui ont fait confiance.
6 ans déjà que son public l’attendait, 6 ans de travail et de réflexion et un album qui débute sur un « Je t’ai manqué » comme si l’artiste lisait dans les pensées de ses fans. Après le succès mitigé de l ’Imprudence en 2002, les titres de ses chansons semblent écrire son histoire.
L’imprudence d’il y a 6 ans, un album exigent, intellectualisé, qui avait fait craindre à certains de devoir désormais écouter Bashung une explication de textes à la main, cette imprudence est bien loin.
Bleu pétrole marque le retour aux sources, à la joie de chanter. Bashung s’affirme interprète et s’efface en tant que compositeur. Il a effectivement confié l’écriture à différents auteurs reconnus dont l’homme de Louise Attaque, Gaëtan Roussel.
Bashung, pour cette fois, chante donc avant tout, avec limpidité, décontraction, mais également avec un certain désenchantement. Car si l’album est moins introspectif que le précédent, il est engagé. Le Bashung citoyen distille ses idées : « la rose a des reflets bleus » dans « Résidents de la République ». Et les reflets bleus de ses chansons ne sont pas azurs mais bien bleu sombre, bleu pétrole, d’une noirceur qui nous fait reconnaître et aimer Bashung.
Alors, ne ratons pas la 1ère du rocker sexagénaire aux Nuits de Champagne, qui succèdera sur scène dans la même soirée à l’invité-vedette de cette édition 2008 : Bernard Lavilliers.
A. Bashung et B. Lavilliers, à la Halle le 30 Octobre
En écoute, « Résidents de la République » :








