Il y a quinze jours déjà je vous comptais les péripéties du notaire honoraire et du ci-devant ministre…. Comme promis nous allons passer à la seconde partie de l’histoire, comment se débarrasser de la menace Sebeyran.
Marc Sebeyran est le premier adjoint de Troyes. C’est, théoriquement, le bras droit de François Baroin… Mais les deux hommes, s’ils s’apprécient peut-être, ne se font absolument pas confiance. Il faut reconnaître que François Baroin a quelques raisons de se méfier du professeur d’histoire ; parce que, des histoires, il en a fait le Sebeyran… C’est à cause de lui que Coillot fut élu à la CAT il y a des lustres, évacuant définitivement Galley. Les voix UDF de l’époque, pour une fois d’accord, s’associèrent à des voix socialistes et à des « sans étiquettes » pour élire le maire de Sainte-Savine. Cette affaire, François ne l’a jamais encaissé. C’est pour cela qu’il fît tout pour éliminer Coillot en le faisant battre à Sainte-Savine, quitte à élire un socialiste à sa place… Le grand jeune homme politique savait bien qu’il pourrait aisément reprendre la commune six ans après… Il lui suffirait d’envoyer un sous-fifre du style de Pascal Thomas ! On sait ce qu’il en fut.
Mais les « histoires » de Marc Sebeyran ne s’arrêtèrent pas là. Chaque fois qu’il le pouvait, l’homme se présentait, ne respectant aucune règle de compagnonnage. Ainsi, il fut présent aux régionales sur une liste dissidente de l’UMP, il se présenta aux législatives…. À Troyes Marc n’eut pas l’audace ni l’opportunité de se présenter. Philippe Beury lui coupa l’herbe sous le pied et le renvoya dans les bras du maire. Ce qu’il fit avec passion tant il était persuadé que l’ancien ministre était imbattable. Il avait raison pour cette fois ; il serait malhonnête de ne pas reconnaître cet éclair de lucidité dans un océan d’erreurs politiques. François Baroin ne pouvait se séparer de quelques pourcents de voix, il reprit donc le professeur d’histoire et toute sa clique…. J’ai adoré le baiser que se firent les deux hommes au soir de l’élection du maire. Pour Marc c’était le baiser de Judas, « Voici l’homme » semblait-il dire aux assistants ; assistants inquiet de voir l’évolution de l’embrassade, François n’allait-il pas étouffer Marc en le serrant si fort dans ses bras ?…
Mais les règlements de compte viendraient plus tard. François n’oublie jamais les crasses qu’on lui fait. Il avait donc décidé ce jour-là de régler son compte à Marc.
Cependant il convient de faire cela progressivement. Marc a marqué son territoire. Le milieu culturel par le biais de la Maison de boulanger, l’office de tourisme, les milieux étudiants. Il joue brillamment d’un zeste de culture, d’un peu de bonhomie et du désert environnant. L’homme est aussi le chouchou de la bourgeoisie troyenne qui voit en lui le paradigme de ses rêves de connaissance ou de reconnaissance.
Précisons majesté, pour ne pas vous induire en erreur… Quand je dis que François veut régler son compte à Marc, cela ne veut pas dire qu’il veut lui enlever ses prérogatives actuelles ; qu’il soit adjoint de Troyes (et même premier adjoint) ne le gène nullement, qu’il reste conseiller régional ne l’empêchera probablement pas de dormir. Mais ce qu’il ne veut pas, notre ex jeune premier, ce qu’il veut absolument éviter c’est que Marc se refasse une santé, faisant oublier sa claque des législatives, pour lui refaire le coût de la liste indépendante aux régionales. Il lui faut donc suffisamment abaisser le prof d’histoire sans pour autant le tuer… La nature (politique) ayant horreur du vide, la disparition de Marc créerait automatiquement un substitut de centriste qui continuerait à embêter le coche.
Il faut donc suffisamment fragiliser Marc pour qu’il comprenne la proposition « Soit tu es avec moi, soit tu n’es plus rien… »
La première étape fut faite au mois de juin, quelques mois seulement après les élections… On allait frapper Marc au cœur, à l’office de tourisme…
La chose fut rendu publique par Libération-Champagne au cœur de l’été, le 9 août. L’office de tourisme contraint de se serrer la ceinture. La CAT venait de supprimer 55 000€ de ses subventions à l’office de tourisme. Ressortant un vieux texte, Michel Rudent, jouant les faux-jetons avec des accents taleyranesque (sans le talent), affirme qu’il ne fait qu’appliquer la réglementation votée depuis longtemps 2006 par la CAT : « J’applique ce que mes prédécesseurs ont voté. À l’époque, Marc Sebeyran était vice-président à la CAT. » Une façon de dire à Marc qu’il ne sait même pas ce qu’il vote… sympa, non ? Il oublie de dire qu’en juin a eu lieu l’assemblée générale de l’office de tourisme, que le budget adopté ce jour-là intégrait la subvention de 70 000€ de la CAT et que personne, ni la fonctionnaire de la CAT responsable du tourisme, ni les élus conseillers communautaires ne dirent rien ce jour-là. Les seconds ont des excuses, ils lisent peu leurs dossiers et n’ont pas vu passer la chose, la première partait pour d’autres lieux, elle n’a rien dit, pourtant elle savait…
Pas besoin de vous expliquer Majesté les conséquences de cette affaire. « Si nous avions été prévenus plus tôt, nous aurions pu refaire un budget prévisionnel et nous n’aurions pas engagé certaines dépenses. » gesticule le professeur d’Histoire. Il a l’air fin l’élu de la CAT de ne même pas savoir ce que vote la communauté ! Dans sa panique à sortir de la merde, l’homme d’histoire en oublie son histoire… Il y a quelques années il était un avocat passionné des normes AFNOR et autres trou-du-culteries qu’on propose aux structures qui les avalent avec la gourmandise respectueuse d’une bonne sœur octogénaire pour l’hostie consacrée… Vous savez votre majesté, ces types venues de Paris qui imposent des normes extraordinairement difficiles à respecter et qui coûtent un paquet de pognon sans servir à grand-chose… Tout ça pour avoir une quatrième étoile dont tout le monde se fout pour l’office de tourisme et la fierté de s’être ruiné pour obtenir « la norme NF X 50-730 et le règlement de certification NF 237. » Vous vous êtes déjà préoccupé de savoir si l’office de tourisme de votre lieu de villégiature avait la norme NF X 50-730 vous, votre majesté ? Eh bien il y a trois ans on a dépensé beaucoup d’argent et pratiquement embauché une employée à plein temps pour remplir des mètres-cubes de formulaires qui ne servaient à rien… À l’époque, seul Philippe Beury c’est opposé à cette dépense inutile au conseil d’administration de l’Office de tourisme… pour s’entendre répondre de la bouche du président historien « Cette norme est indispensable. On ne peut imaginer ne pas la vouloir. Il faudrait être ignorant des impératifs de notre action pour ne pas tout faire pour l’obtenir »… Ignorant peut-être mais aussi voyant sinon prévoyant… Car on s’est aperçu en juillet que des villes inconnues touristiquement comme Marseille ou la totalité des Offices de tourisme de Savoie avaient dit « Merde » aux organes certificateurs sans perdre un seul touriste… Tout ça pour avouer au début du mois d’août « Mais ce sont des normes très contraignantes et très pesantes en termes économiques et qui ne vont pas nécessairement avec une amélioration de l’accueil »… T’a raison Marc mais c’est un peu tard pour s’en apercevoir…
Les budgets de l’office de tourisme étaient déjà dépensés en juin, ce n’est pas en novembre qu’on va faire la pub de la ville, impossible de réduire la « communication », l’office fut donc obligé de licencier en vitesse une personne à mi-temps à qui l’on avait promis, quelques jours avant, le CDI ! Ambiance, ambiance dans le personnel. Et surtout, Marc est décrédibilisé vis-à-vis des nombreux administrateurs et employés du centre… Comment, un type qui se prétend le bras droit de Baroin, un des élus principaux de la CAT, le deuxième personnage de Troyes n’est même pas au courant des actions de Rudent ! C’est là le coup de pied de l’âne car les problèmes d’argent trouveront une solution… en septembre François Baroin fera un geste, et lâchera des ronds de la ville ou de la CAT pour sauver le syndicat d’initiative… mais le mal sera fait. Tout le monde saura que Marc n’est rien, que celui qui décide, qui paie, c’est François…
Je me délecte dès à présent de la façon dont on va expliquer les choses… En oubliant que le responsable de tout cela c’est Rudent mais que Rudent est l’homme lige de Menuel et ne déciderait même pas de la couleur de son slip sans en parler à l’ancien agriculteur. Alors décider de s’attaquer à Sebeyran seul… Donc l’accord est venu de Menuel qui lui choisit ses caleçons dans la panoplie de François… Les lois de la transitivité sont claires, celui qui a décidé de s’attaquer à Marc c’est le président de la CAT, le maire de Troyes, le ci-devant ministre et future tête de liste régionale, François Baroin pour se servir… Quand je pense aux sourires et aux câlineries que se font ces deux-là en public… On les croirait copain comme cochon…
La suite… vous voulez savoir la suite ? Simple. À l’automne on bouche le trou, tout le monde sait alors qui commande. Un ou deux obscurs fonctionnaires vont alors produire un rapport sur la nécessité de transformer les structures de l’office de tourisme pour un faire une structure dépendant de la CAT comme la médiathèque. Rudent le dit déjà à la presse au début août : « C’est peut-être l’occasion de faire évoluer l’office de tourisme vers un vecteur touristique communautaire. Les touristes qui viennent à Troyes sont hébergés bien souvent dans l’agglomération. L’office de tourisme doit passer à la vitesse supérieure parce que ses missions sont largement communautaires et son statut juridique doit évoluer ». C’est peut-être l’occasion, c’est peut-être l’occasion… Tu l’as dit bouffi ! Remarquez la langue du traitre a fourché puisqu’il dit « C’est peut-être l’occasion de faire évoluer l’office de tourisme… » alors qu’il veut dire « C’est peut-être l’occasion de se faire l’office de tourisme… » Dans quelques mois, on fera sûrement faire un audit inutile (pour 50 000€… ) par une boîte parisienne. Embrassons-nous folleville… On « CATérisera » l’office et on éjectera Marc… avant de s’occuper du centre culturel de la Maison du boulanger…
Le prof d’Histoire sera bientôt convaincu de ne plus faire d’histoires s’il veut garder des postes électifs… et, en public, on prétendra que cette lettre n’est que délires et diarrhées épistolaires…
Voilà c’est fini pour aujourd’hui, Votre Majesté.
J’ai l’honneur d’être, avec le plus profond respect, de Votre Majesté, le très humble et dévoué serviteur.






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