Inauguré par François Baroin, accompagné d’une cohorte d’élus, le 2e tronçon de la vélo-voie des Viennes est une incontestable réussite. Pourtant, cette joyeuse troupe n’aura rien vu de l’état du cours d’eau qui borde la piste. Celui-ci n’est plus qu’un mince filet, une vulgaire flaque, parfois rien d’autre qu’un peu de boue.
A Troyes, la mode est à la flotte. Pas la minérale, celle qui vous aide à façonner un corps d’athlète au côté d’une pin-up siliconée. Pas non plus celle qu’on mélange dans un bon vieux pastis, en attendant la partie de pétanque. Non. Il s’agit ici de l’eau qui, il y a plusieurs décennies, parcourait encore de nombreux quartiers troyens.
Des pédiluves pour se rincer les panards
La mode est donc à la flotte. C’est d’ailleurs l’un des nouveaux dada de François Baroin qui en a fait l’axe de son Pim Pam Poum. Là voilà qui réapparait place de la préfecture ou au coeur du nouveau campus. On annonce aussi son retour avenue Chomedey. Bien souvent, notre eau doit se contenter de tristes pédiluves en lieu et place de vrais canaux. Qu’importe... cela permet quand même de se rafraîchir les panards gratos !
Un peu plus loin, on réaménage en grande pompe les bords de Seine : aux Charmilles, au Moulin de la Rave et aujourd’hui la Moline. On la bichonne notre eau. Sauf qu’ailleurs, à quelques pas du siège de la CAT, on laisse crever les Viennes.
Les Viennes menacées par l’indifférence
Il y a quelques jours, Baroin a pourtant pris son vélo pour inaugurer le 2e tronçon de la vélo-voie des Viennes. Il n’a hélas rien vu. Ni lui, ni les dizaines d’élus qui pédalaient à s’en déchirer les mollets pour rejoindre les petits fours promis.
Ils n’auront rien vu de ce cours d’eau que l’indifférence menace de faire disparaître. Un mince filet ici, quelques flaques là-bas, rien qu’un peu de boue ailleurs, les viennes sont en danger. Ce n’est là que la conséquence de la sécheresse, me direz-vous. Pas seulement. Les Viennes sont avant tout victimes du manque d’entretien. L’envasement, l’eutrophisation, l’encombrement du cours d’eau par les branchages témoignent que les Viennes ont été abandonnées par les services de la CAT et du SIAVSAT.
Si rien n’est fait, les pluies d’automne ne donneront qu’un mince sursis aux Viennes. Et pendant que les élus se féliciteront, autour d’un cocktail, devant un ou deux pédiluves en béton, on laissera crever les Viennes.












