Rien ne va plus pour les ressources en eau de notre département. Dégradation de la qualité, graves problèmes sur la quantité, l’eau se fait donc de plus en plus rare et de moins en moins saine.
Rappel des faits
2007 un article publié par le site enviro2b.com dressait un bilan sombre de l’eau dans notre département : « Le dernier bilan de la qualité de l’eau dans l’Aube est inquiétant. L’état des nappes phréatiques continue de se dégrader [...] Dans le département, 14 communes dépassent régulièrement la norme de 50 mg de nitrates par litre d’eau, rendant l’eau du robinet impropre à la consommation pour les femmes enceintes et pour les nourrissons [...] Pour Christophe Pron, de la Commission environnement à la Chambre départementale d’agriculture "La pollution est toujours en phase de progression, mais moins vite". »
Août 2008, Saint-Lupien, commune de Nicolas Juillet [1] dépassait généreusement les taux de Nitrate autorisés.
Juin 2009, un rapport des ministères de l’agriculture et du développement durable faisait état, dans notre département, de 10 captages d’eau menacé par des pollutions (Nitrates et pestidicides)
Aujourd’hui, la presse locale évoque lesgraves déficits en eau de 16 rivières situées principalement dans le Nogentais et la Plaine d’Arcis. Rien d’étonnant. Ceux qui, comme les pécheurs, suivent de près l’évolution de ces rivières, observent depuis plusieurs mois la constante dégradation des milieux aquatiques. Des débits de moins et moins importants, une lente eutrophisation des milieux, des pollutions de plus en plus impactantes... depuis au moins le printemps, chacun pouvait savoir que l’été serait difficile.
Agir dans l’urgence ne sert pas à grand chose, sinon à limiter les dégâts environnementaux.
Aujourd’hui des restrictions ont été faites sur l’irrigation agricole. Et des appels au civisme sont lancés auprès des particuliers. Tout cela arrive bien tard... trop tard. Car compte tenu des observations qu’on pouvait faire depuis plusieurs mois, ces mesures auraient du être prises dès le printemps.
Plus globalement, c’est l’ensemble de notre gestion de l’eau que nous devons plus tard. Agir dans l’urgence, agir quand la pollution est déjà là, quand la sécheresse est bien installée, ne sert pas à grand chose, sinon à limiter les dégâts environnementaux. C’est en amont, sur un long terme, avec une vraie volonté politique que les choses pourront sensiblement s’améliorer. Et là encore, hélas, l’affaire est mal barrée !
Robert Galley parrain officiel des gaspilleurs
Ainsi, en octobre 2008 était lancée, dans l’indifférence presque totale, la consultation publique sur le SDAGE [2]. Objectif (fixé par l’UE) : parvenir d’ici 2015 au « bon état écologique » des cours d’eau et des nappes phréatiques. A Troyes, au cours de l’un de ces débats, Robert Galley [3] a vite rassuré les pollueurs et les gaspilleurs en déclarant sans aucune honte : « l’objectif fixé d’un « bon état écologique » ne pourra être atteint […] des dérogations seront données ». Voilà comment dans l’Aube ont lance un débat sur l’aménagement et les gestion des eaux... Inutile de dire que cette manière d’envisager la protection de l’eau explique parfaitement pourquoi nous en sommes aujourd’hui là.
Ne nous voilons pas la face. La seule manière de rétablir un « bon état écologique » des cours d’eau et des nappes passera nécessairement par une profonde modification des pratiques agricoles locales. Moins dispendieuse en eau, moins consommatrice de produits phytosanitaires, l’agriculture auboise devra rapidement se réformer pour préserver ce patrimoine naturel qui est aussi le sien.
Pendant ce temps, à Troyes, on arrose les stades en pleine canicule
Cerise sur la gâteau, cette petite vidéo prise le 18 août en plein après-midi, illustre les efforts que doit aussi accomplir la ville de Troyes, pour, au moins, être exemplaire...











