Les chiffres 2007 de l’agriculture biologique en France viennent d’être diffusés par l’Agence Bio. Personne ne s’en étonnera, ils confirment le retard de notre département dans un modèle agricole pourtant en plein développement.
« A l’échelle nationale, en 2007, 11 978 producteurs étaient engagés dans l’agriculture biologique, soit 3% de plus qu’en 2006. La superficie en mode de production biologique était de 557 133 ha, soit 2% de la surface agricole utile (SAU) nationale.
Les 2/3 de cette superficie étaient en herbe ou cultivés avec des plantes fourragères, soit 344 000 ha. Les grandes cultures couvraient 20% des surfaces en mode de production biologique avec 110 404 ha et les cultures pérennes (vigne et fruits) 6% avec 32 158 ha.
Progression des surfaces en conversion (+12,4%)
Les surfaces certifiées bio étaient quasiment les mêmes qu’en 2006 (-0,5%), alors que les surfaces en conversion étaient en augmentation de plus de 12,4%. Celles-ci représentaient 11% des surfaces totales certifiées en France en 2007. Depuis 2003, les surfaces certifiées ont très peu augmenté. En revanche, le taux de valorisation en bio des produits biologiques a beaucoup progressé, si bien que la production bio mise sur le marché s’est accrue sensiblement. » [1]
Des nouvelles relativement bonnes qui, hélas, ne permettent pas encore de combler notre retard par rapport à nos voisins européens qui consacrent entre 6 et 10% de leur SAU au bio.
L’Aube en retard
Dans ce contexte, notre département, voué à l’agriculture intensive depuis belles lurettes, reste, vous vous en doutez, à la traîne d’un pays en retard ! Les trois cartes suivantes suffisent à illustrer cette situation.
C’est dire l’immense gouffre qui nous sépare de certaines régions d’Italie ou d’Autriche où l’agriculture bio dépasse parfois les 15% de la SAU. C’est dire aussi l’immense courage des quelques agriculteurs qui, dans l’Aube, vivent du Bio, en dépit des difficultés d’organisation de cette filière.
La forte expansion du vignoble bio, sauf en Champagne
Dans ce paysage, l’Agence Bio insiste également sur la forte expansion du vignoble bio.
« Avec plus de 22 000 ha en mode de production biologique, les vignes bio sont en forte progression (+20%), dans un contexte de réduction de l’ensemble des surfaces viticoles nationales (-2,3%). Le nombre de viticulteurs engagés a augmenté de plus de 16% (1907 viticulteurs fin 2007).
Les vignes bio représentent 2,6% du vignoble français. En 2007, le rythme de conversion à la bio des vignes s’est accentué, si bien que plus du tiers des surfaces viticoles certifiés était en conversion.
Les trois régions qui regroupent les 2/3 des surfaces en vigne certifiées connaissent une forte progression : Languedoc-Roussillon (6 140 ha, +16% par rapport à 2006), Provence-Alpes-Côte d’Azur (5 294 ha, +24%) et Aquitaine (3 065 ha, +9%). La progression est également très forte en Bourgogne (+28%) où les vignes certifiées couvraient en 2007 près de 1 000 hectares. ».
On notera, encore une fois, l’absence dans ce classement de notre région Champagne-Ardenne dont le vignoble de prestige reste ostensiblement à l’écart de ces évolutions.
L’augmentation du nombre d’exploitations certifiées
Seul point positif : L’évolution du nombre d’exploitations certifiées. L’Agence Bio note une augmentation comprise en 5 et 10% pour notre département ; soit 2 points au dessus de la moyenne nationale. Un bon chiffre qui, il faut l’avouer, n’est sans doute que le résultat d’une situation initiale médiocre. Il est d’évidence plus facile de progresser rapidement lorsque le point de départ est bas. Maigre consolation, dans ce même domaine, nos voisins haut-marnais font encore pire que nous puisque le nombre d’exploitations certifiées chute de 9% dans un contexte générale plutôt favorable.
Objectif du Grenelle : doubler la SAU en Bio en 5 ans
Il faut, pour finir, rappeler l’objectif du Grenelle de l’environnement, d’inscrire l’agriculture dans un modèle durable, beaucoup moins consommateurs d’intrants et émetteurs de GES. Cet objectif, en matière d’agriculture biologique, sera prochainement traduit à travers une loi d’orientation : « L’objectif pour la surface agricole utile en agriculture biologique est d’atteindre 6% en 2013 et 20% en 2020. » [2] . La France et singulièrement l’Aube en sont bien loin.
L’importance de la commande publique
Il n’existe pas mille et une manières de rattraper notre retard et de respecter les engagements nés du Grenelle. C’est principalement la commande publique qui peut impulser le changement nécessaire. Pont Sainte Marie s’y essaye depuis quelques temps. Son collège offre ainsi, une fois par semaine, un repas bio. Plus timidement, Troyes ne tente l’expérience du repas bio que tous les 15 jours. C’est bien mais encore insuffisant pour aider la filière bio à se développer.
[1] Source : chiffres 2007 de l’agriculture biologique française
[2] Source : Projet de loi du Grenelle de l’environnement














