Le nucléaire rend fou. Plus particulièrement, les retombés radioactives financières espérées de l’implantation d’une 3e poubelle nucléaire. En effet, le conseil municipal de Brienne a adopté du bout des lèvres la nouvelle charte du parc en l’assortissant d’une réserve sur le fameux article 49. Cet article, rappelons-le, interdit la construction de poubelles nucléaires dans le périmètre du parc. Mais à Brienne, l’appât du gain est plus fort qu’une foutue charte. Le conseil demande donc clairement l’abrogation de cet article. Officiellement, il s’en remet « à l’appréciation de l’État dans le cadre de la décision de classement. » Officieusement, les réserves exprimées font craindre des pressions fortes pour retirer cet article et permettre l’implantation de cette nouvelle poubelle nucléaire.
Pour justifier cette réserve, Nicolas Dhuicq et les joyeux drilles conseillers qui l’entourent mettent en avant « la nécessité d’une solidarité nationale entre les territoires pour la gestion des déchets de toute nature ».
Le député-maire de Brienne montre son vrai visage : celui d’un homme à droite, bien à droite, prêt à faire sauter toutes les barrières, tous les garde-fous pour quelques espèces sonnantes et trébuchantes. Car que se cache-t-il derrière l’argument de M. Dhuicq ? L’idée que tout les territoires devront demain accueillir des déchets nucléaires. L’idée que les mesures que les collectivités peuvent prendre pour protéger un territoire ne valent finalement rien. L’idée qu’un éco-système aussi riche ou fragile soit-il, est, selon Nicolas le Petit, soumis à l’impérieuse nécessité d’enfouir nos ordures radioactives. Bref, au prétexte d’une pseudo solidarité, notre député s’apprête à sacrifier les règles qui protègent notre environnement. Poussons la logique plus loin. Si cette solidarité territoriale doit prévaloir et l’emporter sur toutes les autres considérations, on pourra demaine enfouir nos déchets n’importe où : au milieu du Mercantour, dans les gorges du Verdon, au coeur du parc de la Vanoise, en haut du Mont-Blanc, au fond d’un estuaire de Bretagne ou du jardin de Nicolas le tout petit.
Soyez sérieux monsieur Dhuicq et messieurs les conseillers de Brienne. Et soyez honnête. Ne vous cachez pas derrière une soit-disante solidarité qui n’a en vérité rien à faire ici et dont vous vous contre-fichez. Avouez qu’il s’agit pour vous d’attraper quelques millions d’euros et que c’est là, votre seule motivation.
Michel Gueritte a raison d’être en colère. Car vous porterez une lourde responsabilité :
celle, peut-être, d’avoir provoqué la perte du label « parc naturel régional » ;
celle, de laisser, à nos enfants, pour plusieurs milliers d’années les déchets enfouis pour être cachés, puis oubliés ;
celle, plus sûrement, de créer un précédent autorisant l’enfouissement de nos ordures dans n’importe quel site protégé.
Pour paraphraser Saint-Exupéry, monsieur Nicolas le minuscule, vous n’avez pas hérité de ce parc naturel, vous l’avez emprunté à vos enfants. Regardez dans quel état vous voulez leur rendre !













