Certains disent que l’opposition, et en particulier l’opposition de gauche, ne fait que critiquer mais n’aurait pas d’idées… Ceux qui auraient eu le courage d’assister au Conseil Municipal marathon de ce jeudi 9 février auraient pu avoir un aperçu du contraire. Fort heureusement, pour les moins courageux, dont je fais partie (faut dire qu’il fallait oser sortir de chez soi pour aller à la mairie ce jeudi là…), il y a le blog de Dimitri Sydor, « Troyes pour tous », qui revient sur une de ses interventions : « Maison du tourisme : l’avenir du Centre Ville en question ». http://www.troyespourtous.com/dimit...
La question mérite d’être posée : quel avenir souhaite-t-on au Centre-Ville de Troyes ?
Il est clair que de nombreux observateurs étrangers à la ville, travaillant dans le domaine de la culture, de l’architecture et de l’urbanisme, et pas seulement, sont stupéfaits de la transformation de ce centre-ville. Il a beaucoup changé. Mais ceci n’est pas propre à la ville de Troyes ; de nombreuses villes françaises ont suivi cette voie que ce soit à l’Est comme à l’Ouest, avec parfois des solutions plus heureuses ou tout au moins plus innovantes, quant à la place de l’automobile et des transports en commun dans ces centres. Je ne ferai pas la liste de ces villes… Regardons ce qui se fait ailleurs avant de penser le travail d’un maire « extraordinaire » ; il n’est tout au plus qu’ordinaire et suit la mode actuelle de la rénovation « historique » des centres-villes. C’est à croire que les apologistes de la politique de la rénovation troyenne ne sortent pas de leur ville !
Le centre-ville rénové : que veut-on en faire ? C’est la question de fond de Dimitri Sydor. Faut-il sanctuariser le centre-ville ? Le réserver à une catégorie de population et à une catégorie d’activités (commerce et tourisme, par exemple), ou faudrait-il préférer une certaine mixité de l’occupation des logements et des activités ? De fait, doit-on accroître le fossé entre le centre-ville et les quartiers périphériques de la ville et de l’agglomération, car une telle politique ne peut être seulement troyenne ; c’est toute l’agglomération qui devrait être intéressée afin d’établir une certaine cohérence et harmonie.
On a compris désormais que nos décideurs voulaient jouer la carte du tourisme et réserver l’hyper-centre à ces activités : la maison du tourisme en est le symbole, mais pas seulement, ne perdons pas de vue les objectifs nouvellement affirmés avec la construction du Palais des congrès Présidentiel, autrefois appelé Auditorium Philarmonique de l’Aube. On comprend désormais que cette politique de disneysation de l’hyper-centre était un projet calculé de longue date afin que viennent s’ébattre et s’égayer nos touristes d’affaires qui n’ont que faire de l’authenticité de la ville, au diable le pastiche… Aussi, dans ce projet de transformation de la ville, on comprendra qu’une certaine « mixité » n’est pas prévue au programme ; on a bien chassé les « mendiants ».
Cependant, la remarque de Dimitri Sydor sur la position de cette Maison du Tourisme (et je pourrai faire de même, comme je l’ai d’ailleurs fait ailleurs, pour ce qui est de l’auditorium) me paraît tout à fait judicieuse. Est-elle particulièrement bien placée et ne lui aurait-il pas fallu lui préférer l’ancienne Bourse du Travail ? On aurait trouvé une reconversion à ce bâtiment qui aurait satisfait beaucoup de monde. Un tel auditorium n’aurait-il pas été mieux placé à ce même endroit ? Il aurait disposé d’un grand parking, d’accès pratiques… Mais pour ce dernier, nous n’étions pas en terres départementales, alors au diable des projets intégrés structurants : chacun son beau machin fait chacun de son côté...
Bref, la bourse du travail aurait pu être l’objet d’une véritable réflexion et en tous les cas d’une réflexion autre que la solution commerciale. Il est dommage, d’ailleurs, que pour faire vivre le centre-ville, nos édiles cherchent toujours cette solution commerciale. Seraient-ils à court d’idées de génies pour s’en remettre presque systématiquement à une solution « marchande » ? À moins que ce soit la seule valeur qui ait du poids à leurs yeux ?
Et si on remettait tout à plat ? S’ils avaient ce courage et cette volonté de voir autrement la ville qu’ils nous construisent ?









