Logements, commerces, restaurants, services... le site de La Bourse du Travail sera donc un espace mixte. St.Sainclair revient sur le projet dévoilé lors du dernier Conseil Municipal et la guéguerre idéologique qui trop longtemps a opposé Droite et Gauche.
Aujourd’hui, j’vais me faire du bien ! Je vais me caresser le bout des tétons pour me féliciter moi-même de la brillance de mon esprit. Si, si... Je vais personnellement me cirer les pompes. Les frotter, les lustrer, les faire briller comme jamais elles n’ont brillé ! Et d’ailleurs, pourquoi ne pas en profiter ? Pourquoi se refuser de temps en temps des p’tits plaisirs personnels en attendant une improbable reconnaissance des grandes masses populaires ? Pourquoi ne pas se flatter soi-même à défaut de voir des cohortes de jeunes femmes nues se mettre à courir vers moi en criant mon nom ?
Alors quoi ? J’avais raison !La Bourse du Travail sera finalement ce que j’avais, depuis le départ, prévu qu’elle serait : un projet mixte, mêlant commerces, services, logements et espaces publics.
Les idéologies, les p’tites guéguerres politiciennes ont pourtant fait perdre un temps précieux à la requalification de ce lieu. Souvenez-vous...
A ma droite, du commerce, du commerce et du commerce
A ma droite, le ministre des camelots, le champion de la galerie marchande... j’ai nommé, Harry Potter ! L’homme du double A, coaché par monsieur Pierre d’Etrochey, alias Dominique Boisseau, n’avait d’yeux que pour le commerce, le commerce et encore le commerce. Il fallait « étirer l’élastique commercial » (sic).Pas de bol, il lui a pété entre les dents. Quant au Don King de la Place Jean Jaurès, il déclarait en 2009 : « La Bourse du Travail restera un espace commercial. “Il en va de l’attractivité du centre-ville. C’est un enjeu majeur. S’il n’y a pas le projet de la Bourse, les nouvelles enseignes s’installeront toutes en périphérie” ».
A ma Gauche, le musée du marteau et de la faucille... ou rien !
A ma gauche... la Gauche ! Pour mes amis, l’ennemi, c’est le commerce, ce funeste parangon du capitalisme triomphant. Sus au commerce ! Pas de supermarché dans La Bourse ! Qu’ils soient communistes, socialistes et même écologistes [1] mes camarades eux ne veulent aucun commerce dans ce qui fut le temple du syndicalisme et des luttes ouvrières. Ils veulent un musée. Un beau musée... un grand musée... avec des faucilles et des marteaux dedans. Et pis, hein... le supermarché, n’est-il pas l’instrument de l’ultra-libéralisme débridé, celui des grandes multinationales qui oppriment et aliènent le peuple ? Hein ? Bon d’accord, au même moment, à La Chapelle Saint Luc, symbole de cette Gôche qui gagne, on construit un hypermarché sous le drapeau de la multinationale Carrefour. Mais c’est pas pareil... C’est un hypermarché de gauche. Ils sont comme ça, mes camarades. Ils disent pis que pendre sur le petit commerce de droite dans le centre-ville de droite mais défendent l’hypermarché de gauche dans la banlieue de gauche. Comprenne qui pourra...
Le seul projet écologique est celui de la mixité fonctionnelle
Résultat, sur le ring de ce combat idéologique, c’est match nul ; vraiment nul... plusieurs années de perdues, des milliers d’euros partis en fumée, et une affreuse verrue dans un quartier qui n’en avait pas besoin. Tout cela pour que, finalement, la droite avale son chapeau et la gauche son marteau... Tout cela pour que, au bout du bout, le projet trouve les voies de la raison : celles de l’équilibre et de la mixité. Notre centre-ville en cours de disneylandisation n’avait pas forcément besoin d’un musée de plus alors que les autres musées sont loin d’être des modèles d’attractivité... Notre centre-ville n’avait pas davantage besoin d’une seul et unique centre commercial alors qu’autour périclitent les petits commerces. Le projet du groupe Frey a donc pris le chemin du pragmatisme et de la mixité. Le site de la Bourse accueillera des services, de la restauration mais aussi des espaces publics ; du petit commerce de proximité, une moyenne surface alimentaire, mais également 28 logements. Bref, ce projet mêlera ce qui fait l’essence même d’une ville : des lieux de vie, d’échanges et de rencontres. Seul regret, celui de ne pas avoir pensé, dans ce projet, à l’aménagement d’une salle culturelle ou associative, d’un petit auditorium (à l’image de celui du Petit Louvre), capable d’accueillir ici un concert, là une conférence pour une petite centaine de personnes...
[1] On pourra s’étonner que des écologistes ne défendent pas le commerce de proximité et la mixité des fonctions urbaines...










