L'article

16
févr
2012

Bourse du Travail : le grand soir de la mixité fonctionnelle

Logements, commerces, restaurants, services... le site de La Bourse du Travail sera donc un espace mixte. St.Sainclair revient sur le projet dévoilé lors du dernier Conseil Municipal et la guéguerre idéologique qui trop longtemps a opposé Droite et Gauche.

Aujourd’hui, j’vais me faire du bien ! Je vais me caresser le bout des tétons pour me féliciter moi-même de la brillance de mon esprit. Si, si... Je vais personnellement me cirer les pompes. Les frotter, les lustrer, les faire briller comme jamais elles n’ont brillé ! Et d’ailleurs, pourquoi ne pas en profiter ? Pourquoi se refuser de temps en temps des p’tits plaisirs personnels en attendant une improbable reconnaissance des grandes masses populaires ? Pourquoi ne pas se flatter soi-même à défaut de voir des cohortes de jeunes femmes nues se mettre à courir vers moi en criant mon nom ?

Alors quoi ? J’avais raison !La Bourse du Travail sera finalement ce que j’avais, depuis le départ, prévu qu’elle serait : un projet mixte, mêlant commerces, services, logements et espaces publics.

Les idéologies, les p’tites guéguerres politiciennes ont pourtant fait perdre un temps précieux à la requalification de ce lieu. Souvenez-vous...

A ma droite, du commerce, du commerce et du commerce

A ma droite, le ministre des camelots, le champion de la galerie marchande... j’ai nommé, Harry Potter ! L’homme du double A, coaché par monsieur Pierre d’Etrochey, alias Dominique Boisseau, n’avait d’yeux que pour le commerce, le commerce et encore le commerce. Il fallait «  étirer l’élastique commercial  » (sic).Pas de bol, il lui a pété entre les dents. Quant au Don King de la Place Jean Jaurès, il déclarait en 2009 : «  La Bourse du Travail restera un espace commercial. “Il en va de l’attractivité du centre-ville. C’est un enjeu majeur. S’il n’y a pas le projet de la Bourse, les nouvelles enseignes s’installeront toutes en périphérie” ».

A ma Gauche, le musée du marteau et de la faucille... ou rien !

A ma gauche... la Gauche ! Pour mes amis, l’ennemi, c’est le commerce, ce funeste parangon du capitalisme triomphant. Sus au commerce ! Pas de supermarché dans La Bourse ! Qu’ils soient communistes, socialistes et même écologistes [1] mes camarades eux ne veulent aucun commerce dans ce qui fut le temple du syndicalisme et des luttes ouvrières. Ils veulent un musée. Un beau musée... un grand musée... avec des faucilles et des marteaux dedans. Et pis, hein... le supermarché, n’est-il pas l’instrument de l’ultra-libéralisme débridé, celui des grandes multinationales qui oppriment et aliènent le peuple ? Hein ? Bon d’accord, au même moment, à La Chapelle Saint Luc, symbole de cette Gôche qui gagne, on construit un hypermarché sous le drapeau de la multinationale Carrefour. Mais c’est pas pareil... C’est un hypermarché de gauche. Ils sont comme ça, mes camarades. Ils disent pis que pendre sur le petit commerce de droite dans le centre-ville de droite mais défendent l’hypermarché de gauche dans la banlieue de gauche. Comprenne qui pourra...

Le seul projet écologique est celui de la mixité fonctionnelle

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Résultat, sur le ring de ce combat idéologique, c’est match nul ; vraiment nul... plusieurs années de perdues, des milliers d’euros partis en fumée, et une affreuse verrue dans un quartier qui n’en avait pas besoin. Tout cela pour que, finalement, la droite avale son chapeau et la gauche son marteau... Tout cela pour que, au bout du bout, le projet trouve les voies de la raison : celles de l’équilibre et de la mixité. Notre centre-ville en cours de disneylandisation n’avait pas forcément besoin d’un musée de plus alors que les autres musées sont loin d’être des modèles d’attractivité... Notre centre-ville n’avait pas davantage besoin d’une seul et unique centre commercial alors qu’autour périclitent les petits commerces. Le projet du groupe Frey a donc pris le chemin du pragmatisme et de la mixité. Le site de la Bourse accueillera des services, de la restauration mais aussi des espaces publics ; du petit commerce de proximité, une moyenne surface alimentaire, mais également 28 logements. Bref, ce projet mêlera ce qui fait l’essence même d’une ville : des lieux de vie, d’échanges et de rencontres. Seul regret, celui de ne pas avoir pensé, dans ce projet, à l’aménagement d’une salle culturelle ou associative, d’un petit auditorium (à l’image de celui du Petit Louvre), capable d’accueillir ici un concert, là une conférence pour une petite centaine de personnes...

notes :

[1] On pourra s’étonner que des écologistes ne défendent pas le commerce de proximité et la mixité des fonctions urbaines...



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Les commentaires (1)

Bourse du Travail : le grand soir de la mixité fonctionnelle
  • Commentaire 52359 PEUDON Jean Louis
    le 20 février  à 22:36

    Quelques remarques.
    Je suis surpris par aussi bien par la teneur que le ton de cet article.
    St.Sinclair se réjouit, à l’issue du Conseil municipal de janvier dernier, de voir que le groupe Frey, aménageur désigné par le Conseil municipal, a pris le chemin du pragmatisme, ce pragmatisme étant le choix de la mixité fonctionnelle sur le site. Mais sur le site, comprenant le bâtiment de la Bourse et les bâtiments à construire sur le terrain qui sépare celle-ci du Boulevard Victor Hugo, cette mixité n’est pas une nouveauté. Elle est acquise depuis le projet d’ALTAREA 2006 !!! et sa traduction en terme de construction a même fait l’objet d’une maquette.
    Ce qui fait débat est la mixité dans la Bourse du travail. Il y a effectivement opposition entre la droite qui n’y veut que du commerce et la gauche, qui ne critique pas la mixité, contrairement à ce qui est rabâché de manière obsessionnelle, mais veut une place pour l’histoire et le « faire société » (article 2 des statuts adoptés en septembre 2006 par l’association Bourse du Travail Mémoire Vivante : elle souhaite que dans ce lieu un espace suffisant et convenablement aménagé permette
    - de tenir des manifestations diverses : expositions, journées d’étude, colloques, manifestations artistiques, littéraires sur la période historique concernée et de susciter une réflexion sur les problèmes de sociabilité liés à notre époque
    - d’offrir des possibilités de réunions aux associations et amicales poursuivant des buts humanitaires ou philanthropiques
    Les statuts sont clairs : Ils proposent un espace consacré à la mémoire, non un bâtiment qui lui serait exclusivement consacré. Ils proposent une diversité d’objectifs qui rendent ridicule l’accusation selon laquelle la gauche n’aurait comme objectif que de glorifier le souvenir de la faucille et du marteau (on peut lire les propositions sur d’autres sites tels que celui de Dimitri Sydor). Ile ne laissent aucune place à la supposition qu’ils militent pour un musée, un de plus déclare St.Sinclair, de mauvaise foi par ailleurs lorsqu’il justifie son opposition par le fait que les autres musées de la ville ne sont pas des modèles d’attractivité. A qui la faute si l’adjoint de la culture ne cesse depuis des années de parler de pôle muséal sans que rien ne bouge et si, de ce fait, la muséographie est privée de tout moyen de se renouveler comme cela se constate dans tant d’autres villes qui ont loin de posséder les atouts troyens.
    Très étrangement, l’auteur termine en exprimant un regret, celui qu’on n’ait pas pensé dans ce projet à l’aménagement d’une salle culturelle ou associative, d’un petit auditorium capable d’accueillir un concert, une conférence, etc. Comme il ignore manifestement les statuts adoptés par l’association en 2006, rappelés plus haut, et mentionnant entre autres, le souhait d’un espace suffisant et convenablement aménagé, on ne peut lui reprocher d’avoir réinventé l’eau chaude, mais je ne pense pas qu’une telle autosatisfaction infondée et une aussi vaine polémique soient de nature à poser les problèmes de fond tels que nous les avons formulés dans une lettre envoyée à François Baroin à l’issue d’une rencontre où, après avoir entendu notre analyse, il avait, tout simplement déclaré que notre logique n’était pas celle de la municipalité. Fermez le ban.
    Extraits de cette lettre en date du 2 février 2012
    « Dès 2006, nous vous avons alerté sur l’inconvénient de miser sur le seul commercial pour animer un quartier ayant une personnalité née d’une très longue histoire et de transformer en seul lieu de commerces un bâtiment ayant occupé tant de fonctions : économiques, sociales (Bourse de placements, accueil de syndicats, de diverses associations, lieu de meetings politiques de toutes tendances), culturelles (expositions), sportives, festives (bals, spectacles). La référence à l’histoire, dans ce cas, n’est pas l’expression d’une nostalgie, elle n’a pas pour fin de refuser toute évolution au nom d’un attachement au passé. Elle se situe dans le cadre d’une réflexion indispensable (engagée dans de nombreuses villes) sur la manière de faire d’un héritage architectural et patrimonial, témoignage d’un passé vivant, un élément constructif et une composante réelle du cadre de vie contemporain. »

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