Philippe Beury, créateur et rédacteur d’auboisementcorrect est, on le sait, très impliqué dans la vie politique locale. Il a décidé de donner son éclairage sur les divers buzz de la campagne présidentielle. Une réflexion qui se veut « indépendante » (mais qu’est-ce que l’indépendance ?… )
Si l’on excepte quelques hurluberlus qui semblent vivre dans un autre monde, la totalité des candidats « crédibles » mettent en avant la situation catastrophique de notre pays. Pour l’UMP, ceci est dû à la crise… Pour le PS ou le MoDem, c’est Sarkozy qui est responsable de tout… Pour l’extrême droite, c’est la faute à l’Europe et à l’Euro… En tout cas, personne ne nie la situation mondiale catastrophique et la quasi-faillite française… Personne ne le nie, c’est pourtant faux !
Le monde ne s’est jamais porté si bien…
Le monde tout d’abord ne s’est jamais porté si bien. Les grandes famines reculent, elles ne perdurent que là où des combats religieux affament les populations autochtones ; partout ailleurs, du fait des progrès de l’agriculture et il faut le dire, du fait du recul des idéologies socialistes collectivistes, les hommes mangent à leur faim. Certes, un seul homme qui meurt de faim est un scandale insupportable, mais on ne doit pas oublier qu’il n’y a jamais eu aussi peu de famines dans le monde.
Le pouvoir d’achat des plus pauvres progresse… Certes l’écart entre les plus hauts et les plus bas revenus n’a jamais été si grand, cependant, la majorité des pays en voie de développement se développent justement et les hommes trouvent du travail. Certes, encore une fois, certains travaux ressemblent à de l’esclavage, certes l’Occident exploite encore le reste du monde, cependant cette « exploitation » permet de laisser quelques miettes aux plus indigents, alors qu’hier encore, il n’avaient rien…
La situation sanitaire n’est pas idyllique mais les grandes épidémies voient s’opposer la volonté des hommes, la vaccination sauve des millions d’enfants, les grands fléaux reculent presque tous…
Les conflits sont moins nombreux qu’avant et moins coûteux en hommes. La fin de la guerre froide s’accompagne d’un relatif réalisme des grandes puissances qui mettent l’humanitaire au premier rang de leurs soucis, c’est nouveau…
L’économie même est en plein boum… Si l’on excepte la vieille Europe et les États-unis, le reste du monde se porte mieux qu’il y a cinquante ans, la croissance est partout et ses fruits transforment l’Asie, l’Amérique du sud et l’Océanie… Seul l’Afrique est en dehors de ces courants, perpétuelle exclue des progrès mondiaux aussi bien au niveau démocratique, social qu’économique… Elle devrait être la première préoccupation des politiques mondiaux mais qui s’y intéresse ?..
Le monde donc va mieux aujourd’hui qu’il y a 10, 20, 30 ou 50 ans…
La France est endettée certes mais ce n’est pas son seul problème.
La France elle, paraît, si l’on écoute les politiques, à la dérive, proche de la faillite avait dit un Premier ministre… Perclue de dettes, dit-on… La France doit actuellement approximativement 1650 milliards d’€ soit, disent nos comptables, 84,5% du PIB, l’horreur disent-ils tous… Et l’on enchaîne sur les dettes que l’on fait peser sur nos enfants, le gâchis que l’on a fait, etc., etc.…
Or cette présentation, admise par tous, est complètement ridicule… Imputer la dette totale sur un exercice ne correspond à rien de crédible.
Si un couple qui gagne net 2 400€ par mois, emprunte 28 800€ pour un investissement, cela représente 100% de son revenu annuel… Est-ce trop ? Sur sept ans, cela représente 407 € par mois soit 16%% de ses revenus… S’il n’a pas d’autres dettes et si l’investissement est valable, il trouvera certainement une banque pour le financer à 5% d’intérêts…
Or c’est pratiquement la situation française, nos 1650 milliards sont empruntés sur huit ans en moyenne, disons 10 ans pour la facilité des calculs. Notre charge de remboursement n’est donc pas de 85% du PIB mais de 8,5% (les comptes 2010 de l’état chiffrent la dette à 1647 milliards, les flux de trésoreries liés aux opérations de financement [les remboursements d’emprunt en gros] représentaient 81 milliards d’euros… 13% du PIB !
Face à cette dette qui représente 10% de ses revenus annuels (intérêts et amortissement), la France a un énorme patrimoine… des terres, des monuments, des autoroutes, des lignes de Chemin de fer, des « locataires », ceux qui paient des impôts, etc, . etc. Tout le monde sait que la France peut faire face à ses dépenses…
La preuve de l’erreur de ce calcul de l’état d’un pays sur sa dette, c’est l’Italie. Celle-ci est beaucoup moins endettée que la France, elle a une meilleure production et exporte plus… mais sa situation financière n’est pas meilleure, au contraire !
Bien sûr les économistes distingués, qui veulent affoler le bourgeois et désespérer Clignancourt, contesteront les chiffres… Ils sont pourtant inscrits « noir sur blanc » dans les « comptes généraux de l’État »… Ce qui est important, ce n’est pas la dette, c’est ce que l’on en a fait, ce que l’on en fait. Si l’État emprunte pour payer les fonctionnaires ou payer des Airbus présidentiels, il se comporte comme un couple qui se surendette en recourant aux crédits à la consommation… Si cet argent sert à construire des hôpitaux, des routes, des usines, des maisons…, il se conduit en « bon père de famille »…
Alors pourquoi l’ensemble des médias, des hommes politiques, des économistes ne disent pas cela ?
Tout simplement parce qu’il faut convaincre la population de se serrer la ceinture et de laisser partir les « avantages acquis »… On se glose de chiffres, on mélange tout et n’importe quoi et l’on finit par imposer des mesures que tout le monde accepte…
Pour éviter la fin du monde, chacun est capable d’oublier ses nécessités du jour… C’est devenu un grand classique de la politique… Mais c’est un mensonge.
Le problème français n’est pas celui de la dette, c’est celui des investissements et de la production française. Si demain la France s’endette pour produire plus et mieux, pour préserver son environnement, pour protéger les citoyens, elle fera bien… Si elle s’endette pour que l’État continue à faire tout et n’importe quoi ou pire, si elle réduit son endettement uniquement en ponctionnant les Français mais en continuant à faire croitre les dépenses publiques, elle ira vers le surendettement et la catastrophe…
| La France a de merveilleux atouts qu’elle peut utiliser pour repartir en avant… Une culture, un patrimoine, un terroir, des traditions politiques ! Face à un monde qui se cherche, ses défis sont ceux d’un marathonien au départ… La France est au départ, elle doit se donner les moyens de gagner ! Cela ne sera ni triste, ni impossible à faire, ce sera difficile, mais on peut ressentir du plaisir dans la difficulté… Mais cela fera l’objet d’un prochain article… |
CQFD









