L'article

26
janv
2012

L’idiot Hollande contre le médiocre Baroin : Quand Lorette Joly abaisse le débat politique

C’est la cours de maternelle entre Lorette Joly et François Baroin. Voilà, pour notre chroniqueur St.Sainclair, qui augure mal de la campagne électorale...

A Droite et à Gauche, après le discours du Bourget de François Hollande, le spectacle de la cours de maternelle a repris. Au coeur de la polémique, cette phrase du candidat PS : « [mon adversaire] n’a pas de nom, de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu et pourtant il gouverne : cet adversaire, c’est le monde de la finance ». Cette bonne vieille ficelle du « plus à gauche que moi tu meurs » a donné les résultats escomptés en provocant l’orgasme d’une salle chauffée à blanc. Sans surprise, François Baroin n’a pas éprouvé les mêmes sensations que les militants socialistes. Et dans la foulée de ce meeting, le ministre du double A a répliqué en déclarant : « C’est aussi idiot que de dire que je suis contre la pluie ». Pas de quoi fouetter un chat. D’autant que sur le fond, notre ministre de la faillite n’a pas tout à fait tort. Désigner un bouc-émissaire, fut-il la finance, montrer du doigt un ennemi invisible est aussi stupide que de faire des Francs-Maçons les responsables de la défaite de 1940 ! Mieux vaut assumer nos propres responsabilités. Mieux vaut reconnaître les errements de notre modèle de sur-consommation qui nous a collectivement poussé, depuis plus de 30 ans, dans cette crise du sur-endettement.

Mais voilà... François Hollande, au Bourget, a touché le point G de la libido socialiste, faisant perdre la tête de tout les militants. Du coup, la sortie de Baroin a déclenché l’ire du fan-club du député de Corrèze et une tempête de réactions totalement démesurées.

Pour les Jeunes Socialistes aubois, les propos du ministre seraient ainsi « injurieux ». Lorette Joly, adversaire du ministre pour les prochaines législatives, estime quant à elle que François Baroin aurait « insulté » François Hollande en le traitant « d’idiot ». Rien que ça... Sans faire l’exégèse de l’interview du maire de Troyes, chacun conviendra que le terme d’idiot qualifiait les propos de François Hollande et non sa propre personne. Suffit-il de dire que Sarkozy dit beaucoup de conneries pour considérer qu’il est « con » ? S’il m’arrive de dire quelques âneries, suis-je pour autant le cousin d’une mule ? Même si certains le pensent, le raccourci est un peu rapide et surtout grotesque. En tout cas, ces réactions montrent que nos amis socialistes ont un tout petit peu perdu le sens de la mesure.

La leçon de morale de Lorette Joly paraît donc mal placée. D’autant que dans ce même communiqué, celle qui s’offusque des déclarations du maire de Troyes n’hésite pas à déployer les mêmes amabilités envers son adversaire en évoquant : « la médiocrité de François Baroin en tant que ministre de l’économie  ». Et de regretter quelques lignes plus loin : «  [Les] postures et [les] caricatures politiciennes  » du même Baroin. Un peu gonflée, la Lorette, de jouer ainsi les vierges effarouchées ! Car force est de constater, si l’on compare objectivement les deux déclarations, que les propos de notre conseillère régionale sont d’une finesse au moins aussi douteuse que ceux du ministre de crise.

Au bout de cette guéguerre ridicule, ni Lorette Joly, ni les Jeunes Socialistes, qui disent pourtant vouloir relever le niveau du débat politique, ne sortiront grandis de cette insignifiante polémique.



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Les commentaires (28)

L’idiot Hollande contre le médiocre Baroin : Quand Lorette Joly abaisse le débat politique
  • Commentaire 51918 Chichi
    le 26 janvier  à 11:23

    Sortir les propos de leur contexte, c’est rehausser le niveaux du Débat politique ? Venant de Pascal Houplon, c’est l’hôpital qui se moque de la charité.

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  • Commentaire 51919 Lolo
    le 26 janvier  à 11:29

    "Désigner un bouc-émissaire, fut-il la finance, montrer du doigt un ennemi invisible est aussi stupide que de faire des Francs-Maçons les responsables de la défaite de 1940 !"

    Et un point godwin de plus.

    Sur quelle planète vit-il le Sainclair, nier qu’il n’y a pas une nécessité de réguler la finance.

    encore une article du niveau des toilettes sèches de notre Bobo municipal

  • Commentaire 51934 St.Sainclair
    le 26 janvier  à 21:52

    Merci !

    Encore une fois, je ne nie pas la nécessité de réguler la finance, mais je m’interroge : qui s’endette depuis 30 ans et nous a ainsi mis dans la situation actuelle ?

    Ce n’est pas la finance qui nous a poussé à nous endetter. C’est nous-même !

    Mais bon... il est plus facile de faire des effets de manche... et de promettre le retour à la sainte-croissance et l’augmentation du pouvoir d’achat !

  • Commentaire 51936 Gérard Bérilley
    le 26 janvier  à 23:44

    Mais St-Sainclair, vous faîtes une erreur de pensée incroyable !
    Vous dîtes : "Ce n’est pas la finance qui nous a poussé à nous endetter. C’est nous-même !"
    Premièrement : "La" finance ça n’existe pas ! Par contre il existe bien des groupes, des castes, des classes sociales, donc des individus précis qui monopolisent ce monde de la finance, qui le dirigent, et qui de ce fait déterminent la société en son ensemble. Nous n’allons pas refaire ici toute la sociologie depuis Proudhon et Marx jusqu’à André Gorz et Pierre Bourdieu ! C’est cela, d’une certaine manière et même d’une manière certaine, ce que l’on nomme à juste titre le capitalisme.
    Deuxièmement : tous les hommes et femmes font l’histoire, mais pas de la même manière. Un capitaliste, par une action qui lui coûte trente secondes, par exemple par son jeu en bourse, pour encore plus de profit personnel, peut mettre 10, voire 20 000, ou plus, travailleurs sur la paille ! C’est pourquoi je vous demande : quel est ce "nous-mêmes" qui nous a poussé à nous endetter ? Ce "nous-mêmes" n’existe pas, car ce "nous" n’existe pas ! Vous oubliez la structuration de la société en classes, en riches et pauvres. Vous faîtes comme si nous étions tous responsables de la situation actuelle. Or, ceci est faux. Certes, l’idéologie dominante voudrait bien nous faire croire que nous sommes tous, et à égalité, responsables de la catastrophe écologique. Mais c’est un tour de passe-passe idéologique. Ce sont globalement les riches - qui en veulent toujours plus, qui n’en ont jamais assez, et qui possèdent la quasi totalité des moyens d’informations, de propagande - qui détruisent pour leur profit la Planète entière, voire les conditions, à terme, de leur propre vie. Vous parlez dans une autre réponse, particulièrement à moi adressée, de la nécessaire critique de la "croissance". Je vous suis à la condition impérative que cette critique soit relativisée. Ce ne sont pas les pauvres qui veulent deux ou trois 4X4, qui possèdent deux ou trois maisons, etc. Beaucoup de nos contemporains, et en France pour ne pas aller plus loin, n’ont pas le nécessaire pour vivre, pour satisfaire leurs besoins essentiels, vitaux. Ils ne possèdent pas de maisons, sont locataires de leur appartement, n’arrivent pas toujours à en payer le loyer, sont souvent même sous-alimentés, se privent de soins médicaux de base (la dentisterie en est un exemple frappant), etc., etc. Comment peut-on parler de sur-consommation à leur propos ? La critique de la "croissance" je la partage, à condition qui’elle ne fasse pas fi des inégalités sociales. C’est le capitalisme qui détruit la Planète, le capitalisme entendu comme rapports sociaux globaux ; aussi l’ennemi invisible, mais pour une fois particulièrement bien nommé par François Hollande, c’est le "monde de la finance", entendu ici comme celui de l’argent roi, comme celui du règne planétaire de la marchandise, de l’avarice bourgeoise, des rapports sociaux inhumains.

  • Commentaire 51955 St.Sainclair
    le 28 janvier  à 10:19

    @ Gérard

    Vous avez raison, la finance n’existe pas. Mais au contraire de ce que vous dites, je ne crois pas (ou plus) à l’existence des classes qui structureraient la société et permettraient d’en comprendre le fonctionnement. L’analyse marxiste me semble aujourd’hui dépassée pour comprendre le fonctionnement de notre société.

    Les interactions sont trop nombreuses pour qu’existent encore des classes qui partageraient des valeurs et des buts communs. Le marxisme avait du sens dans une société industrielle. Il n’en a plus dans une société comme la notre où les vieilles solidarités ont totalement explosées.

    Si les inégalités demeurent, si elle se sont accrues, c’est, je le crois, justement à cause de ces logiques de sur-consommation. Cette sur-consommation ne doit pourtant pas être confondues avec l’opulence. Au contraire, pour beaucoup, cette surconsommation est à l’origine de l’appauvrissement parce qu’elle conduit à l’endettement personnel ou l’endettement de l’Etat qui perd alors sa capacité de redistribution des richesses.

  • Commentaire 51958 Gérard Bérilley
    le 28 janvier  à 12:46

    @ St-Sainclair :
    Les contours des classes sociales sont beaucoup plus complexes qu’à l’époque de Marx, ce qui n’implique en rien que la structuration en classes ait disparu. Croyez-vous vraiment qu’une famille au RSA fasse partie de la même classe sociale que madame Bettencourt ? Et entre ces deux extrêmes il y a tout un étagement qui est dû au développement historique du capitalisme, aux luttes ouvrières, au mythe très actif de la justification de la différence des salaires par les années d’études, etc., etc.
    Le Capital de Marx préfigure et explique la société moderne. Comme Marx l’a dit et montré : l’idéologie d’une société donnée est toujours l’idéologie de sa classe dominante. Cette classe dominante depuis une trentaine d’années a développé, propagé une idéologie libérale (qui fait faillite actuellement) qui essayait de faire accroire que la question des classes était historiquement dépassée et que tout n’était qu’une question d’individus, d’individus atomisés, sans liens les uns avec les autres. On nous a même parlé de "fin de l’histoire", rappelez-vous.
    L’existence des classes n’implique pas que tous ses membres aient toujours conscience d’appartenir DE FAIT à l’une ou l’autre de ces classes : l’idéologie c’est justement ce qui masque les rapports sociaux véritables. L’on peut très bien ne pas avoir conscience de l’existence de la plus-value, de l’exploitation du travail de l’ouvrier, cela ne fait pas disparaître l’exploitation réelle, bien au contraire.
    Pendant longtemps les hommes n’ont pas connu une certaine loi de la pesanteur : cela ne les empêchait pas de tomber, le phénomène de la pesanteur n’en existait pas moins. C’est pour cela que pour comprendre le réel l’apparence ne suffit pas, et qu’il y faut l’analyse, l’analyse avec des concepts appropriés.
    L’idéologie de la consommation que vous critiquez à juste titre est propagée par cette classe dominante et ses idéologues car le capitalisme ne peut pas s’empêcher de croître, d’étendre ses tentacules sur la Terre entière, de tout rendre marchandises, etc. Marx a décrit ce mouvement historique de la mondialisation dans la magnifique et somptueuse première partie du "Manifeste du Parti Communiste" (la dernière partie étant craignos avec sa "dictature du prolétariat" et sa volonté de tout centraliser dans un Etat soi-disant ouvrier).
    Le Capital est contraint de tout révolutionner sans arrêt, et de développer la technique d’une façon unique dans toute l’histoire humaine, ceci pour lutter contre son inhérente "baisse tendantielle du taux de profit", Marx explique cela dans le livre I du Capital.
    Le capitalisme ne peut se passer de profit, et ce profit se fait sur la sueur et le sang des hommes et sur le pillage/destruction de la Nature entière. C’est ce qui se passe actuellement dans le monde entier.
    Contrairement à ce que vous avancez la "consommation" dans le sens où vous l’entendez n’existe pas avant le développement du capitalisme : elle est la conséquense et la condition impérative de survie du capitalisme. C’est pourquoi la publicité, l’indécente publicité, existe, et existe partout. La consommation est l’idéologie moderne du capitalisme. Et le capitalisme n’existe pas sans un accroissement planétaire de l’inégalité de revenus entre les riches et les pauvres. Les pauvres ne font pas le monde, ne dirigent pas le monde, ce sont les classes riches
    qui déterminent l’avenir du monde. Et nous allons tout droit à la catastrophe car le capitalisme ne peut pas exister avec une limite, or, comme vous le savez, comme tout écologiste le sait, et comme tous le savent maintenant, la Terre est limitée.
    Prétendre sauver la Planère sans changer le système économique et la structuration de la société en classes, et en dominants/dominés, est impossible, c’est un leurre.

  • Commentaire 51959 St.Sainclair
    le 28 janvier  à 13:27

    @ Gérard

    Est-ce qu’une famille au RSA appartient à la même classe que madame Bettencourt ? Je ne peux pas vous répondre puisque je ne partage pas cette grille d’analyse marxiste.

    Pour moi, l’analyse marxiste et la théorie des classes, n’est pas une réalité, ni une vérité. C’est juste une grille de lecture subjective du monde. Grille qui, à mon sens n’est plus efficace.

    S’agissant de la consommation, et de la sur-consommation (liée au productivisme), le phénomène n’est hélas pas l’enfant du capitalisme. Une lecture marxiste, celle que vous faites, pourrait le laisser croire, mais le communisme a généré les mêmes excès (en témoigne le désastre de la mer d’Aral pour ne citer que cet exemple). Le communisme a généré une surconsommation des ressources naturelles. D’autres modes d’organisations ont provoqué les mêmes problèmes et l’effondrement de civilisations ou d’état qui n’étaient pourtant pas capitalistes. La sur-exploitation des ressources naturelles est par exemple une théorie privilégiée pour expliquer l’effondrement des mayas.

    La cause des maux actuels n’est donc pas, selon moi, à chercher dans le monde de la finance, dans le capitalisme, le communisme, le socialisme, ou n’importe quelle truc en isme... La question est plutôt de s’interroger sur les manières de surmonter cette crise qui, à mon sens, est avant tout systémique, donc concerne chacun d’entre-nous et nos modes de vie.

  • Commentaire 51960 idiot
    le 28 janvier  à 15:15

    Ce copié collé volé sur le web est un bon résumé.

    « Chez la plupart des « écologistes libéraux », donc de droite, il y a cette confusion entretenue et cultivée, selon quoi, le productivisme est une caractéristique du socialisme. Les plus savants parlent de productivisme « marxiste », ce qui plaît aux sociaux libéraux. Ainsi ce petit monde se reconnaît . Pourtant, l’essentiel du socialisme, c’est la remise en cause des rapports de production et d’échange, la façon et la manière de produire, et les raisons de la production. Quelle production, quel type de production et comment la produire, sans épuiser les ressources naturelles ni les travailleurs et dans le respect de la nature et des producteurs. C’est par rapport au pillage des ressources, qui sont un bien commun et de la force de travail mise en œuvre et leur appropriation par quelques uns, que le socialisme et Marx en particulier propose un système différent et antagoniste. Le système d’exploitation de l’homme et la femme et de la nature, c’est bien le capitalisme, système actuel dont on constate les dégâts et ils ne sont pas ceux d’un système qui n’existe pas et qui n’a encore jamais existé.
    Le capitalisme ne produit pas pour satisfaire les besoins des populations, les deux tiers de la population mondiale le sauraient mais pour réaliser des profits, indépendamment des besoins réels. Si ça rapporte, les besoins sont couverts, sinon ils ne sont pas. L’organisation même de la production ne répond pas plus aux besoins, la tendance actuelle du capitalisme en est la démonstration, que ce soit dans les pays pauvres, comme dans les pays dits industrialisés. C’est selon les profits escomptés. Les ressources naturelles et tout ce qui est vivant est privatisé au détriment de la collectivité. Le capitaliste rend et dispose de tout ce qui est marchand et qui devient marchandise, dans un seul but, les profits. Il décide au mépris de tous les autres.
    Le socialisme , c’est la satisfaction des besoins de tous, et la production selon les moyens de chacun. L’abolition de la grande propriété des moyens de production et d’échange par la socialisation . Production et besoins sont décidés par tous et non pas en fonction des profits. »

  • Commentaire 51961 St.Sainclair
    le 28 janvier  à 15:52

    Il est quand même étonnant que parmi tout les pays qui se sont réclamés plus ou moins du marxisme, aucun n’ait réussi à appliquer correctement ces théories !!! Et pourtant, il furent une tripoté en Europe, en Asie, en Amérique, en Afrique

    J’ajoute également que les libéraux tiennent aujourd’hui peu ou prou le même discours que vous, expliquant que le libéralisme permettra la satisfaction des besoins de tous pourvu que ce libéralisme soit complet. Il vous diront aussi que le libéralisme a permis une élévation du niveau de vie sur toute la planète comme jamais nous n’en avons connu (et ils n’auront pas tout à fait tort).

    Personnellement, je ne me situe ni dans la tradition marxiste, ni dans celle d’Adam Smith. Je regrette aussi ce réflexe, quasi pavlovien dans la gauche française, de considérer que si on n’est pas marxiste, on est forcément de droite. Et pour revenir à notre sujet initial, je ne crois pas que la finance, le capitalisme ou le libéralisme soient à l’origine de nos maux, ni que le socialisme soit à l’origine des catastrophes écologiques que les pays de l’Est ont connu. Ma conviction, c’est que ces systèmes, imparfaits, laissent naitre les mêmes crises car intrinsèquement ils oublient la question du long terme et la dimension systémique de nos civilisations.

    S’agissant de François Hollande, derrière les effets de tribune, le discours et les solutions restent désespérément les mêmes. Elles n’ont comme seul horizon qu’un hypothétique retour à la croissance pour encore et toujours accroire le pouvoir d’achat, augmenter la consommation et nous précipiter un peu plus vite dans le mur. La seule différence, c’est qu’avec François Hollande, les pauvres percuteront le mur un peu moins pauvre...

    L’attaque contre la finance n’est guère plus qu’une paresse intellectuelle d’une gauche française incapable de dépasser le marxisme et de ré-inventer un nouveau modèle de civilisation.

  • Commentaire 51964 Gérard Bérilley
    le 28 janvier  à 18:21

    @ St-Sainclair :
    Je suis sidéré par la première phrase de votre réponse : "Est-ce qu’une famille au RSA appartient à la même classe que madame Bettencourt ? Je ne peux pas vous répondre puisque je ne partage pas cette grille d’analyse marxiste."
    C’est à peu près du même ordre que si vous m’aviez dit : "Est-ce qu’un SDF a autant de pouvoir que Nicolas Sarkozy ? Je ne peux vous répondre parce que je ne partage pas votre analyse anarchiste du pouvoir."
    Si vous ne savez pas ce qu’est une classe sociale, d’autres que vous le savent. Demandez à n’importe quel ouvrier, qu’il vote à droite ou à gauche, s’il est de la même classe sociale que madame Bettencourt ou la Reine d’Angleterre. Pensez-vous qu’il aurait du mal à vous répondre, sous prétexte qu’il ne partage pas ou ne connaît pas l’analyse marxiste ?
    Une précision avant de continer ce débat : je ne suis pas marxiste et je ne l’ai jamais été. Toute ma Vie adulte j’ai été un opposant à nombre des théories de Marx et à tous les régimes qui s’en sont proclamés. Un des fondements majeurs de ma pensée est l’anarchisme, le socialisme libertaire des Proudhon, Bakounine, Kropotkine, et les anarchistes, partout, ont été massacrés par des marxistes. Je suis aussi, entre autres, un grand lecteur de Nietzsche, ce qui me permet de critiquer le marxisme et l’anarchisme !
    Pour moi, et c’est une des thèses centrales de feu Maximilien Rubel, l’éditeur de Marx à la Pléiade, le léninisme, le marxisme historique, fut l’agent historique du développement du capital, de l’accumulation primitive du capital en Union Soviétique, d’où le travail forcé, non payé, dans le Goulag, comparable à ce que fut en Occident la traite des noirs et la colonisation, le pillage des richesse du Tiers-Monde. Un commentaire est bien trop court pour expliquer tout cela.
    Ceci étant précisé, cela ne fait pas d’une vérité, d’une analyse juste de Marx, une erreur. Ce qui est terrible en France c’est l’absence absolu de nuances : je cite Marx, je suis marxiste ; je défends le Revenu Citoyen de De Villepin comme je l’ai fait récemment dans ces colonnes, me voilà de droite et villepiniste, je suis heureux du développement de la Gauche actuellement, me voilà "hollandais", etc., etc. C’est épuisant d’avoir à répondre à celui qui ne lit pas, et ne discute pas ce que vous avez écrit, mais qui vous met par confort personnel dans une étiquette. C’est très dur d’avoir à débattre dans ces conditions, car il faut passer un temps fou à dire ce que l’on n’a pas dit ce que l’autre croit que l’on a dit. Pendant ce temps là on n’avance pas.
    La "théorie des classes" comme vous dîtes n’est pas la propriété du marxisme. Elle appartient à tout le socialisme, à tout le mouvement ouvrier et révolutionnaire paysan. Elle appartient aussi bien à la bourgeoisie qui a compris il y a bien longtemps, dès le 18ème siècle, ses intérêts de classe. Que croyez-vous que font les banquiers internationnaux en ce moment même à Davos ? De la charité chrétienne stye Abbé Pierre en faveur des pauvres, des plus démunis comme l’on dit maintenant ? Ou consolider entre eux et avec la complicité des Etats leur domination du monde ?
    Ce qui manque à certains écologistes c’est une connaissance des théories sociales et de l’histoire du mouvement ouvrier, et du développement mondial du capitalisme. Je vous conseille de lire André Gorz qui a fait une magnifique analyse "marxiste" de la crise écologique. Sous prétexte que j’ai cité Marx me voila un défenseur selon vous des régimes de l’Est. Je crains que vous n’ayez jamais lu de mes commentaires où pourtant j’ai toujours tenté d’expliquer clairement mes points de vue.
    Ce n’est pas parce que je me sers, entre autres de Marx, pour comprendre le monde moderne, que me voila un défenseur du totalitarisme. C’est terrifiant d’avoir sans arrêt d’avoir à justifié de cela.
    Je vous avais fait une réponse beaucoup plus argumentée mais une coupure de la page Web a tout effacé. Aussi je ne recommence pas. Je vous prie de m’en excuser. Je vous remercie pour ce débat sans injure, sans mépris aucun, et sans une volonté forcenée d’avoir raison sur un soi-disant opposant. Ma philosophie libertaire m’éloigne de toute compétition, fut-elle dans le domaine de la pensée.

  • Commentaire 51966 St.Sainclair
    le 28 janvier  à 19:15

    @ Gérard

    Ne vous fâchez pas !

    Je ne fais pas de vous un marxiste, encore moins le thuriféraire des régimes communistes. Je vous ai répondu sur Marx parce que vous avez appuyé votre analyse sur Marx. Manifestement, nous sommes tout les deux d’accord pour critiquer le marxisme et ses dérives totalitaires.

    S’agissant de la famille au RSA et de Bettencourt, je n’emploie pas le terme de "classe" parce qu’il est pour moi trop marqué idéologiquement. Il implique (a fortiori lorsque ce terme s’inscrit dans un discours citant Marx) un sentiment d’appartenance, un antagonisme, une rivalité qui à mon sens n’existe plus ou, en tout cas, est aujourd’hui trop caricatural pour expliquer un monde plus complexe que la société industrielle du 19e et 20e siècle. Là dessus, j’entends de votre part que vous adhérez à l’idée d’un rapport antagoniste entre les classes (la fameuse lutte des classes). Nous serons effectivement en désaccord sur cette analyse.

    Là dessus, l’écologie au moins en France est pour moi encore trop marquée du marxisme ou des courants de pensée socialistes. Même André Gorz devenu une sorte de figure mythique de l’écologie française est pour moi largement marqué par ces analyses marxistes (même s’il en a fait la critique).

    Si je dois citer un philosophe ou sociologue de référence, je préfère me tourner vers Morin (pas Hervé !! mais Edgar évidemment) et sa pensée complexe qui pour moi, est fondamentale pour comprendre notre monde et surtout tenter d’apporter des solutions nouvelles.

  • Commentaire 51970 Morin ou Morin ?
    le 29 janvier  à 10:28

    On reconnait effectivement une proximité politique entre Sainclair et Morin du centre, la gauche innovatrice( peut-être à dynamiser) semblant plus proche d’Edgar Morin, notamment en ce qui concerne la financiarisation de l’économie et les conséquences, dette, crise systèmique, etc.

    « Par delà son déclenchement local, aux Etats-Unis, cette crise est liée à l’autonomisation du capitalisme financier, à l’ampleur de la spéculation, au recours de plus en plus important au crédit chez les classes moyennes appauvries, et aux excès d’un crédit incontrôlé. Mais la cause globale est l’absence de régulation du système économique mondial. Le règne du libéralisme économique est fondé sur la croyance que le marché possède en lui des pouvoirs d’autorégulation, et aussi des pouvoirs bénéfiques sur l’ensemble de la vie humaine et sociale. Mais le marché a toujours eu besoin de régulations externes dans le cadre des Etats nationaux. Après la mythologie du communisme salvateur, la mythologie du marché salvateur a produit des ravages, de nature différente, mais tout aussi dangereux. »
    Edgar Morin

  • Commentaire 52033 Avis de recherche
    le 1er février  à 17:49

    Le saint PH, il est passé où ?

    Il digére mal ?:-/

    Un marx et ça repart:-P

  • Commentaire 52086 St.Sainclair
    le 3 février  à 18:03

    Je suis là, toujours là, même si le froid congèle un peu les neurones de mon hémisphère droit.

    Sur la citation de Morin, avec laquelle je suis parfaitement d’accord, je note qu’il pose bien la question du crédit et à travers elle de la consommation. "Le marché a toujours besoin de régulations externes" : oui, mille fois oui ! Preuve que le problème n’est pas le marché, mais bien cette absence de régulation du marché. En élargissant, marché ou finance ne sont pas le mal absolu que la Gauche agite parfois. Ce qui pose soucis, c’est une certaine abdication du pouvoir politique, une certaine résignation, un certain "politiquement correct". Qui défend encore l’impôt dans ce pays ? qui prône et assume fièrement d’augmenter les impôts parce que justement c’est un outil de régulation ? Pas grand monde. Au mieux, on le fait par résignation, avec honte, comme le fait la droite, comme le fera la Gauche.

    Là dessus, je me souvient que la Gauche, le PS en particulier, avait vilipendé la taxe carbone proposée par la droite, en agitant le chiffon rouge de l’impôt injuste.

    Tout impôt est injuste (plus ou moins)... ce qui compte, ce n’est pas l’impôt en lui-même, mais ce qu’on en fait, son objectif politique, la manière dont on en redistribue les fruits.

  • Commentaire 52089 Régulateur
    le 3 février  à 19:16

    La finance mondialisée actuelle utilise les marchés pour ses besoins propres (plutôt impropres) et sert des intérêts souvent personnels et individuels.
    Bien sur des échanges, en priorité locaux, sans parasitisme sont possibles, mais il semble que ce soit plutôt la gauche qui défende une économie solidaire.
    L’état keynésien utilisant les impôts pour relancer l’économie par de grands travaux d’intérêt général est critiqué plutôt à droite.
    La finance en roue libre est un outil dangereux utilisé par des escrocs comme Madoff, etc. et elle a des serviteurs qui ont théorisé la soi-disant autorégulation des marchés.
    Même la BCE n’avait initialement et théoriquement comme but que de lutter contre l’inflation, c’est à dire de perpétuer et stabiliser le système où l’Etat normalement redistributeur est considéré plutôt comme une entrave au bon fonctionnement globalisé.
    L’économie solidaire montre par exemple avec les micro-crédits qu’une autre finance est possible si les banques deviennent ce qu’elles auraient toujours du être, c’est à dire des outils d’intérêt collectif sous contrôle d’état réellement démocratique.
    Servir et non se servir !
    L’acceptation de la nécessité de régulation est récente du côté de la droite, du centre, de l’extrême droite et même chez certains PS !:-(
    La taxe carbonne est une bonne idée et il me semble que Nicolas Hulot et son conseiller Jancovici l’ont défendu et ils ne sont pas non plus de droite:-)

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  • Commentaire 51922 Gérard Bérilley
    le 26 janvier  à 14:00

    Cet article participe de ce qu’il condamne !

    repondre Répondre



  • Commentaire 51923 St.Sainclair
    le 26 janvier  à 14:46

    @ tous

    Sauf que je n’ai pas la prétention de réhausser le débat politique. Mais enfin... qualifier Baroin de "médiocre ministre" parce qu’il a dit que sur les propos d’Hollande « C’est aussi idiot que de dire que je suis contre la pluie », est-ce vraiment à la hauteur de l’enjeu ? Non. N’est pas tomber dans les travers de la cours de maternelle ? Oui.

    Sur le fond, on peut vouloir réguler la finance sans pour autant la désigner comme un "adversaire invisible" juste pour faire un bel effet de tribune et faire chavirer une salle de militants. Cette façon pour Hollande de jouer avec les émotions, de désigner des ennemis invisibles n’est pas ma tasse de thé et n’est pas une manière d’élever intelligemment le débat.

  • Commentaire 51924 Gérard Bérilley
    le 26 janvier  à 15:45

    Mais St-Sainclair, où vous situez-vous ? Que voulez-vous ? Que défendez-vous au juste ? Voulez-vous dire que le monde de la finance n’est pas responsable de ce que l’on appelle "la crise" ? Est-ce selon vous les prolétaires, les ouvriers, les chômeurs et précaires, les petits paysans, les petits patrons, petits commerçants et artisans qui en seraient les responsables ? Si oui, expliquez-en le mécanisme, s’il-vous-plaît.

  • Commentaire 51927 St.Sainclair
    le 26 janvier  à 19:15

    @ Gérard.

    Effectivement, je ne crois pas que la finance soit responsable de la crise. C’est pour moi trop facile, trop simpliste, trop réducteur... cela n’a pour seule mérite que de permettre de souder des militants contre un ennemi commun (un vieux classique de la manipulation des groupes), sans véritablement s’interroger sur notre responsabilité.

    Ce sont nous, les électeurs, citoyens, qui depuis des années votons pour les mêmes politiques qui nous promettent la lune : un monde où on pourrait toujours consommer plus, plus et encore plus, où nous serions tous propriétaires, où nous aurions tous deux, trois voitures, quatre ou cinq téléphones... Cette folie de la sur-consommation et du sur-endettement ne vient pas de la finance. Cette finance l’a certes permise en octroyant des crédits faciles, des produits financiers totalement fous, mais ce sont nous qui l’avons voulu en votant pour une gauche et une droite qui nous promettent encore aujourd’hui de consommer toujours plus. La finance n’est rien de plus qu’un outil qui nous a permis d’assouvir nos rêves, rêves pour lesquels nous avons voté.

    Aujourd’hui, la fête est finie. Et cette crise n’est pas de la responsabilité de la finance mais de nos choix de société. Hélas, personne ne va réellement au fond des choses car il est plus facile d’accuser la finance qui nous a permis de vivre à crédit, que de s’interroger sur notre mode de vie.

  • Commentaire 51942 Transparence
    le 27 janvier  à 08:54

    D’accord sur le manque de sobriété, de simplicité des modes de notre vie actuelle, nous consommons trop et sommes trop sur terre.
    Mais la finance n’est pas qu’un simple outil de transmission, c’est déjà un mauvais outil(néolibéralisme) et qui a de mauvais gérants (d’accord sur le constat droite, centre et gauche molles ultralibérales, pas glop), mais la finance détourne pour elle même et ses serviteurs, une part très importante de la richesse qui devrait être investie pour le bien commun et dans une boucle vertueuse pour l’économie globale.
    Le parasitisme systèmique n’est pas négligable et pour se perpertuer, il a besoin et se nourrit des richesses accumulées( services publics démantelés, etc.) et de l’épargne et du travail non virtuel des pigeons que nous sommes.
    Oui, la notion de finance invisible en référence à la main invisible d’Adam Smith pére du libéralisme économique n’est pas une bêtise, ce qui est une erreur, c’est de penser que de consommer moins, de décroitre, fera disparaître les trader et les Madoff d’état.
    Il faut consommer moins et aussi réguler et contrôler la finance en la mettant au service de l’intérêt général.

  • repondre Répondre



  • Commentaire 51928 sebastien f.
    le 26 janvier  à 19:30

    Je trouve que lorette joly est charmante, honnete, travaille correctement au sein du conseil régional, je ne suis pas de son bord politique mais franchement je l’ai rencontre a plusieurs reprises, elle est compétente et se bat pour ses idées ! Arrêtez de votre critique la politique c’est pas le monde des bisounours.

    repondre Répondre



  • Commentaire 51935 Toto de Troyes
    le 26 janvier  à 23:15

    Pas faux ce que dit not’ bon St. Saintclair...
    La "finance" est ce qu’elle est parce que nos politiques en ont fait ce qu’elle est... ou l’ont laissé faire, ou l’on même aidée à devenir ce qu’elle est...
    Au nom de la sainte lutte contre la diabolique inflation, horreur et damnation, ils abandonné le recours à la Banque de France pour se tourner vers ls banques privées... Aujourd’hui, nous croulons sous les seuls intérêts de ces dettes, intérêts que nous aurions sans doute pas eu si nous avion toujours su utiliser intelligemment la BDF... Et on nous promet de retrouver de la croissance qui seule serait capable de nous sortir de l’ornière...
    Le crédit facile : une astuce pour gonfler la sur-consommation, celle qui permet de sortir la tête hors de l’eau la croissance française... fondée sur une forte consommation intérieure... et attendant des jours meilleurs...

    Mais François H. a fait le show que beaucoup attendait.
    Il y avait une réelle attente ! C’est ce que la foule voulait entendre, de telles exhortations ! Elle ne veut pas raisonner ! Elle veut un grand show ! Elle veut du spectacle. Elle veut du slogan, de l’image, du rêve... Beaucoup sont revenus heureux... Enfin !!!! Enfin le discours qu’on attendait ! Elle ne veut pas de réalisme, de vérité, elle veut des mots qui sonnent bien, de ces mots qui raisonnent bien dans l’esprit ! Des mots qui gonfle la poitrine des militants et leur redonne de l’espoir et de nouvelles forces... usant souvent de la démagogie...

    « C’est aussi idiot que de dire que je suis contre la pluie »... Je trouve cela tout aussi idiot !!! Une telle remarque acerbe n’élève pas le débat et est toute aussi stupide ! C’est un sophisme... Et surtout, une preuve d’impuissance... Peut-on laisser le pouvoir à ceux qui ont de telles déclarations !!!????

  • Commentaire 51937 Gérard Bérilley
    le 26 janvier  à 23:58

    Mais Toto, tout bêtement, si François Hollande a fait le show, comme tu dis, ce n’est pas parce que ce qu’il a dit était faux ou crapuleux, mais parce qu’il y a une vraie attente, prometteuse, d’en finir avec le sarkosisme. J’ai écouté pendant un long moment Hollande ce soir à la télé. Il fallait voir la tête de Juppé - celle de la Droite quand elle éprouve la haine de perdre ! - car Juppé n’a pas fait le poids face à Hollande. Je m’en réjouis. Comment ne peut-on pas se réjouir, pour peu que l’avenir du Monde ait une importance pour soi-même, de cette sortie possible des cinq années qui viennent de s’écouler ?

  • Commentaire 51938 Toto de Troyes
    le 27 janvier  à 01:20

    Oui, il y avait une attente, une véritable attente... Et il est d’autant plus facile de se faire entendre que l’on prononce les mots que tous attendent. Je n’ai pas dit qu’il y avait quelue chose de crapuleux ou quoique ce soit de la sorte, juste un zeste de démagogie logique, lorsqu’il s’agit de se mettre en scène, de se faire acteur, de faire son show...
    Il faut vendre du rêve.
    C’est un discours avant tout destiné aux militants qui l’attendaient... Une foule acquise, d’autant plus acquise qu’elle se doit de se montrer unie, forte, fière,... devant son candidat. Il ne peut en être autrement, c’est le propre de ce type de meeting...
    On sait qu’en foule, les individus réunis et assemblés n’auront pas le même comportement et le même raisonnement que lorsque chacun de ces individus agit et raisonne de façon individuelle et isolée. C’est "l’effet de foule". Et ce phénomène et l’exploitation de cette "psychologie des foules" (pour reprendre G. Le Bon) est fort bien connu de nos communicants...

    Ce n’est qu’en approfondissant un peu la psychologie des foules qu’on comprend à
    quel point les lois et les institutions ont peu d’action sur elles ; combien elles sont
    incapables d’avoir des opinions quelconques en dehors de celles qui leur sont
    imposées ; que ce n’est pas avec des règles basées sur l’équité théorique pure qu’on les
    conduit, mais en recherchant ce qui peut les impressionner et les séduire.Si un
    législateur veut, par exemple, établir un nouvel impôt, devra-t-il choisir celui qui sera
    théoriquement le plus juste ? En aucune façon. Le plus injuste pourra être pratiquement le meilleur pour les foules. S’il est en même temps le moins visible, et le moins
    lourd en apparence, il sera le plus facilement admis. C’est ainsi qu’un impôt indirect,
    si exorbitant qu’il soit, sera toujours accepté par la foule, parce que, étant journellement payé sur des objets de consommation par fractions de centime, il ne gêne pas ses
    habitudes et ne l’impressionne pas. Remplacez-le par un impôt proportionnel sur les
    salaires ou autres revenus, à payer en une seule fois, fût-il, théoriquement dix fois
    moins lourd que l’autre, il soulèvera d’unanimes protestations. Aux centimes invisibles de chaque jour se substitue, en effet, une somme relativement élevée, qui paraîtra
    immense, et par conséquent très impressionnante, le jour où il faudra la payer.

    Et je ne dis pas qu’il ne faut pas se réjouir, mais la victoire n’est pas acquise, et il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué...

  • Commentaire 51976 Toto de Troyes
    le 29 janvier  à 17:31

    Vous voyez ! Avec leur "taxe social", ne font-ils pas qu’appliquer les théories de G. Le Bon ??? Remplacer le prélèvement le plus juste, celui qui serait prélevé proportionnellement aux salaires par un autre, moins visible, plus sournois, qui pèserait sur tous... Et ils prétendent ainsi mieux protéger les classes moyennes ? Mais de qui se moquent-ils ???
    Notre cher et aimé président, dans sa campagne et au début de son mandant demandait à être jugé, au terme de celui-ci sur les résultats...
    - Il prétendait "réformer" et moderniser pour réduire les déficits... Les réfomes ont eu lieu, les coupes sombres dans les services publics... et pourtant, les déficits... ???
    - Il prétendait mettre fin à la délinquance, remettre de l’ordre dans les quartiers, qu’il n’y ait aucun quartier où les lois de la République ne soient plus respectées...
    - Il prétendait ramener le chômage à 5 %...
    - N’est-ce pas lui qui se scandalisait des méthodes des "patrons voyous" tandis qu’il les favorisait de ses cadeaux fiscaux ? Et que fait son frère ??? Allait-il engager une lutte fratricide et combattre ses amis proches ???
    - Il ne devait plus y avoir aucun SDF qui dormiraient dans la rue... Il y en a de plus en plus !!!
    Que va-t-il répondre à tout cela, ce soir... ? C’est pas a faute à moi ? La faute aux socialistes ? La faute à la crise... ?

  • Commentaire 51986 zorro
    le 30 janvier  à 06:40

    Gagné pour la faute à la crise:-)

  • Commentaire 51995 Toto de Troyes
    le 30 janvier  à 15:04

    Pas difficile de deviner, j’aurai pu écrire son beau discours.. Comme beaucoup d’autres d’ailleurs... C’est cousu de fils blancs !!!.:->:->:->

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  • Commentaire 51962 St.Sainclair
    le 28 janvier  à 16:07

    Sur le fond, à la fois sur le discours du Bourget et les propositions de Hollande, je conseille la lecture de cet article d’Eric Dupin sur Rue 89

    Le hollandisme, une gauche tradi bien de chez nous

    Deux extraits :

    Pour enflammer une salle, rien ne vaut la désignation d’un ennemi symbolique. La déclaration de guerre à la finance de Hollande remplit ici parfaitement cet office. Du « mur de l’argent » des radicaux du début du XXe siècle à « l’argent qui corrompt » dénoncé plus tard par François Mitterrand, la gauche a l’habitude de stigmatiser la plutocratie. « Sous nos yeux, en vingt ans, la finance a pris le contrôle de l’économie, de la société et même de nos vies », n’a pas hésité à proclamer le candidat.

    Pour réduire considérablement les déficits sans trop augmenter les dépenses, le candidat socialiste n’a d’autres choix que de miser sur un certain taux de croissance.

    On est toutefois frappé, à la lecture de son projet, par le manque de remise en cause de notre modèle de développement. Les contestations du productivisme ou les impasses du consumérisme n’y trouvent pratiquement pas d’écho. Hollande se situe ici dans la tradition du développement des forces productives héritée du marxisme.

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