C’est la cours de maternelle entre Lorette Joly et François Baroin. Voilà, pour notre chroniqueur St.Sainclair, qui augure mal de la campagne électorale...
A Droite et à Gauche, après le discours du Bourget de François Hollande, le spectacle de la cours de maternelle a repris. Au coeur de la polémique, cette phrase du candidat PS : « [mon adversaire] n’a pas de nom, de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu et pourtant il gouverne : cet adversaire, c’est le monde de la finance ». Cette bonne vieille ficelle du « plus à gauche que moi tu meurs » a donné les résultats escomptés en provocant l’orgasme d’une salle chauffée à blanc. Sans surprise, François Baroin n’a pas éprouvé les mêmes sensations que les militants socialistes. Et dans la foulée de ce meeting, le ministre du double A a répliqué en déclarant : « C’est aussi idiot que de dire que je suis contre la pluie ». Pas de quoi fouetter un chat. D’autant que sur le fond, notre ministre de la faillite n’a pas tout à fait tort. Désigner un bouc-émissaire, fut-il la finance, montrer du doigt un ennemi invisible est aussi stupide que de faire des Francs-Maçons les responsables de la défaite de 1940 ! Mieux vaut assumer nos propres responsabilités. Mieux vaut reconnaître les errements de notre modèle de sur-consommation qui nous a collectivement poussé, depuis plus de 30 ans, dans cette crise du sur-endettement.
Mais voilà... François Hollande, au Bourget, a touché le point G de la libido socialiste, faisant perdre la tête de tout les militants. Du coup, la sortie de Baroin a déclenché l’ire du fan-club du député de Corrèze et une tempête de réactions totalement démesurées.
Pour les Jeunes Socialistes aubois, les propos du ministre seraient ainsi « injurieux ». Lorette Joly, adversaire du ministre pour les prochaines législatives, estime quant à elle que François Baroin aurait « insulté » François Hollande en le traitant « d’idiot ». Rien que ça... Sans faire l’exégèse de l’interview du maire de Troyes, chacun conviendra que le terme d’idiot qualifiait les propos de François Hollande et non sa propre personne. Suffit-il de dire que Sarkozy dit beaucoup de conneries pour considérer qu’il est « con » ? S’il m’arrive de dire quelques âneries, suis-je pour autant le cousin d’une mule ? Même si certains le pensent, le raccourci est un peu rapide et surtout grotesque. En tout cas, ces réactions montrent que nos amis socialistes ont un tout petit peu perdu le sens de la mesure.
La leçon de morale de Lorette Joly paraît donc mal placée. D’autant que dans ce même communiqué, celle qui s’offusque des déclarations du maire de Troyes n’hésite pas à déployer les mêmes amabilités envers son adversaire en évoquant : « la médiocrité de François Baroin en tant que ministre de l’économie ». Et de regretter quelques lignes plus loin : « [Les] postures et [les] caricatures politiciennes » du même Baroin. Un peu gonflée, la Lorette, de jouer ainsi les vierges effarouchées ! Car force est de constater, si l’on compare objectivement les deux déclarations, que les propos de notre conseillère régionale sont d’une finesse au moins aussi douteuse que ceux du ministre de crise.
Au bout de cette guéguerre ridicule, ni Lorette Joly, ni les Jeunes Socialistes, qui disent pourtant vouloir relever le niveau du débat politique, ne sortiront grandis de cette insignifiante polémique.











