Concept dont nous avons dit ici tout le mal que nous en pensions, la Halle aux Vélos patine encore et toujours.
En septembre dernier, le monsieur « vélo » de la ville, Philippe De Faup, constatait les difficultés à l’allumage. A l’époque, seulement 2 vélos loués par jour... peanuts. Au mieux, la Halle aux Vélos n’encaissait alors que 18 petits euros par jour.
Recettes de la Halle aux Vélos : 54 euros par jour !
Aujourd’hui les choses vont mieux... au moins en apparence si on en croit les données flatteuses avancées par les autorités compétentes. Un récent reportage diffusé par Canal 32 évoque ainsi le chiffre de 180 vélos par mois ! Voilà de quoi impressionner le sceptique que je suis et lui faire fermer son clapet ! Sauf qu’en y regardant de plus près les choses sont nettement moins roses. Ramené à la journée, le nombre de location tombe à seulement 6 par jour. C’est certes nettement plus que les 2 vélos loués en septembre mais loin de pouvoir assurer la pérennité d’un service ouvert 7 jour sur 7. 6 vélos cela signifie que plus de 90% des vélos sont en permanence dans le local de la rue Ulbach. Côté tirelire, ces 6 vélos n’auront rapporté, à tout casser, que 54 euros /jour. Déduisez les charges de fonctionnement, la location du local, le salaire de l’employé, les publicités nombreuses installées dans la ville et vous comprendrez aisément que cette Halle est un gouffre financier. Combien aura-t-elle coûté depuis son lancement ? Combien aura-t-elle rapporté ? Personne aujourd’hui n’ose le dire.
3 vélos loués à l’année par la philanthrope Mission Locale
D’autant que ces 6 vélos par jour sont une hypothèse bien optimiste. En effet, en écoutant le reportage de canal 32, on apprend que 3 vélos sont loués à l’année par la mission locale (au tarif de 95 euros par an et par vélo). Dit autrement, la mission locale, généreuse philanthrope, assure à elle seule la moitié des locations journalières ! [1] Sans elle, ce ne sont que 3 vélos qui chaque jour trouvent un cycliste. Le résultat financier prend alors des allures de Bérézina. Au mieux, en visant très très large, la Halle aux vélos encaisse une trentaine d’euros par jour. Pas plus.
3 ou 6 vélos loués par jour pour une agglomération de 120 000 habitants... Est-ce sérieux ? Est-ce durable ? Pourra-t-on longtemps poursuivre cette coûteuse expérience. Évidemment non. On se souvient que cette Halle avait été lancée en juillet dernier pour une période de test d’un an. D’ors et déjà, on peut prévoir la prochaine fermeture de cette Halle ; un échec que nous avions prévu dès son lancement..
La Halle aux Vélos n’est finalement rien d’autre qu’une boutique de location comme il en existe dans beaucoup de stations balnéaires. Troyes, hélas, n’est ni Deauville, ni les Sables d’Olonne, ni Saint-Martin de Ré. Si quelques vélos peuvent bien être loués pour les touristes de passage, ce service, modeste, doit être situé dans la prochaine Maison du Tourisme. Pour le reste, pour offrir un service de location répondant à un usage quotidien du vélo, notre ville devra revoir sa copie et proposer autre chose.
[1] Mission locale qui, soit dit en passant, pourrait acheter elle-même 3 vélos, ce qui, à terme, lui coûterait sans doute bien moins cher !










