L'article

10
janv
2012

A Urville, le sens de l’humour ne court pas les rues

Urville est une ville imaginaire née dans l’esprit d’un artiste, Gilles Tréhin, qui a la particularité d’être autiste.

L’artiste Gilles Tréhin


Urville par philippelipcare

De cet oeuvre imaginaire, Arte a réalisé un documentaire sur toutes les "Urville" de France. Le film, pourtant rempli de tendresse et de dérision (A Urville le champagne coulerait au robinet...) n’a pas ravi les habitants du village aubois qui ont pris la chose au premier degré... "Indignation", "Trahison", "scandale" nous rapportent Chapi-Chapo. Manifestement, à Urville le sens de l’humour ne court pas les rues !

La bande-annonce du documentaire Urville



repondre Réagir à cet article     forumVoir les 8 commentaires
Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d'abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n'oubliez pas d'indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • texte

Les commentaires (8)

A Urville, le sens de l’humour ne court pas les rues
  • Commentaire 51591 Charles
    le 11 janvier  à 12:47

    L’article me laisse sur ma faim : il faudrait connaitre les réactions négatives mentionnées. En tant que parent d’autiste, je connaissais l’existence de cet artiste et de sa création fantastique (Urville fait certainement référence à la cité antique d’Ur, ainsi quà la racine latine Urbs). Gilles Tréhin est un autiste Asperger dit "de haut niveau", c’est à dire une personne dotée d’une intelligence supérieure et capable d’intégration dans la société, notamment grâce à son art, ce qui n’est pas le cas de la grande majorité d’autistes.
    Si le petit reportage innocent et plein d’humour a déclenché des réactions d’"Indignation", "Trahison" et "scandale", c’est consternant, et vraiment pas à l’honneur des habitants (ou plutôt certainement de ses édiles) de ce petit village aubois.
    Saluons-y au passage Jules Dumont...

  • Commentaire 51593 webmaster
    le 11 janvier  à 13:25

    Pour les réactions négatives, nous vous renvoyons sur l’article de Chapi-Chapo dont le lien figure en haut de cet article et ci-dessous :

    http://www.lest-eclair.fr/article/a...

  • repondre Répondre



  • Commentaire 51603 Gérard Bérilley
    le 11 janvier  à 16:52

    J’ai regardé et écouté par deux fois le plus attentivement possible la première vidéo consacrée à ces deux êtres extraordinaires, Gilles & Catherine.
    Comme Charles je pense que le nom Urville provient de la ville de Ur (connue pour être l’une des premières villes de l’histoire, et de la racine Urb (urbain, urbaniste, etc.). Il y a aussi en français FutURville. Le mot Urville est presque un pléonasme.
    Ce qui me frappe dans cet Urville, c’est à quel point il ne s’agit pas ici d’une oeuvre d’imagination mais de la copie, du clone des grandes cités, des mégapoles modernes (12 millions d’habitants il est dit), c’est-à-dire du monde urbain né au 20ème siècle et qui sera probablement celui du 21ème pour la majorité des êtres humains.
    Il s’agit donc d’une coupure absolue avec la Nature, entendue ici comme Nature sauvage, évoluant d’après ses propres lois.
    Les créations de Catherine sont tout autant des oeuvres hors Nature, élaborées comme il est dit d’après des règles précises, un ordre séquantiel, et se voulant pour Gilles & Catherine un monde idéal. Leur goût pour le Palais Bulle - géométrique - provient du même Désir.
    C’est pourquoi ces oeuvres à tous les deux me semblent un symptôme, et par conséquent une illustration de ce monde moderne, urbain, coupé de toute Nature et de la profusion géniale des formes créées par cette même Nature. En ce sens, comme symptômes, elles donnent à penser sur l’état de la civilisation urbaine moderne planétaire.
    Merci au Webmaster pour les précisions concernant le Urville aubois.

  • Commentaire 51610 sylvain rn
    le 12 janvier  à 00:19

    Je stoppé net la lecture de votre commentaire à "ces êtres extraordinaires" (première phrase). Il y a aurait donc des surhommes extraordinaires et des untermensch ?

  • Commentaire 51612 Gérard Bérilley
    le 12 janvier  à 09:55

    Il m’aurait étonné qu’il n’y ait pas, suite au mien, au moins un commentaire pour le moins déplacé. Voilà, c’est fait.
    Comme certains commentateurs réguliers ou pas d’AuboisementCorrect Sylvain M ne lit pas ce qui est écrit mais les associations d’idées qui sont dans sa tête, et dans sa tête uniquement et non dans la mienne.
    (Toto de Troyes en sait quelque chose de ces pratiques, lui qui sans arrêt est obligé de redire ce qu’il a écrit et que ses détracteurs n’ont pas lu ! Je l’admire pour cela, pour sa tenacité face à la mauvaise foi, soit dit en passant.)
    Ainsi j’ai écrit "êtres extraordinaires" (et qui peut prétendre que ces Gilles & Catherine ne sortent pas de l’ordinaire !), et Sylvain M a lu : "êtres supérieurs" ! Depuis quand le mot "extraordinaire" est synonyme du mot "supérieur" ? Cette confusion, cet aplatissement des termes, sont hautement révélateurs de qui les fait, et non de mon texte qui aurait pu être lu et ne l’a pas été.
    Cet emploi déplorable du mot "surhomme" (que vient faire ici ce terme qui n’avait et n’a toujours rien à voir avec mon propos ?) me permet de préciser par ailleurs ceci, en supplément :
    Le "surhomme" est un concept de Nietzsche (il faudrait même dire surhumain plutôt, sur-humain) qu’il emploie pour signifier, décrire, celui qui a mis fin en lui-même au nihilisme, à la mauvaise conscience et au ressentiment, et qui par conséquent dit Oui à la Vie, au Monde, au devenir et à la pluralité des choses et des êtres. Le surhumain est libertaire car il affirme la différence, les différences. Tout au contraire l’homme de ressentiment est fondamentalement autoritaire, il ne supporte pas la différence car toute différence est pour lui inégalité à son désavantage, et ce qu’il veut par dessus tout, en tant qu’être de ressentiment, c’est toujours l’égalité par le bas. Qu’aucune tête ne dépasse la sienne voila sa philosophie.

  • Commentaire 51617 sylvain rn
    le 12 janvier  à 14:24

    Quelle réponse savoureuse, et encore, je ne l’ai lu qu’en diagonale, à la va-vite. Savez vous qu’il est très mal vu de se montrer brillant à ce point ? Vous essayez de nous faire passer pour des imbéciles c’est ça ? C’est un complexe qui remonte à l’enfance de toujours vouloir être le plus beau, le plus fort, le plus intelligent ? Ne seriez vous pas finalement fasciné par ce concept de sur-homme ?

    On rigole biensûr !

  • Commentaire 51646 Charles
    le 14 janvier  à 10:52

    Eh oh ! Gérard ne cherche pas à briller par sa culture. Être cultivé serait donc une tare ? Depuis quand ? Ca me fait penser à ces gens qui traitent de "snobs" ceux qui écoutent des radios qui ne prennent pas leurs auditeurs pour des crétins (c’est à dire les radios autres qu’NRJ et consors)... Gérard a une certaine culture et fait avec elle ce qu’elle est faite pour : la partager. À chacun d’en profiter pour lui-même ou la rejeter (tant pis pour lui).
    Bon, pour en revenir à la notion d’extraordinaire (et non de supérieur) concernant les autistes, on est bien d’accord. Une personne autiste est extraordinaire en ce sens qu’elle ne fonctionne pas comme le commun des humains, qu’elle soit Asperger comme Gilles, ou Kanner comme ma fille. L’autisme présente un très large spectre, et il y a autant d’autismes que d’autistes. La création de Gilles est surtout un constat de sa part, avec sa structure mentale qui lui dicte un certain ordre des choses. L’autisme est une pathologie, ne l’oublions pas, on ne devient pas autiste par choix et encore moins par plaisir. Je vois dans la ville d’Ur un besoin pathologique de la part de Gilles de ranger le monde selon un certain ordre afin de pouvoir l’appréhender mieux, ce que le monde réel ne permet pas, tellement il est incohérent. Il est probable aussi que Gilles soit tout à fait conscient de cela, et il a trouvé un exutoire à sa pathologie. Un magnifique exutoire qui lui permet de faire face à la vie, tout en lui tournant le dos en quelque sort car trop angoissante pour lui (comme pour tout autiste). Il est conscient de sa pathologie, et la gère du mieux qu’il peut, il la sublime en une oeuvre qui a une valeur artistique autant que thérapeutique. Il mérite tout notre respect... comme d’ailleurs toute personne humaine qui ne fait pas porter aux autres ses problèmes.

  • Commentaire 51667 Gérard Bérilley
    le 14 janvier  à 23:03

    Merci Charles : vous avez dit à mon propos ce qu’il fallait dire et que je n’aurais pas su dire tant il est difficile de se défendre soi-même d’une accusation sans fondement, ou du moins dont le seul fondement est le ressentiment et qui par conséquent porte totalement à faux.
    Ce que vous dites ensuite, concernant les autistes, est magnifique, véritablement magnifique, lumineux, indiscutable. J’en suis vraiment admiratif et profonfément ému. Vous parlez de pathologie et d’angoisse. Angoisse, je n’en doute pas une seconde. L’intelligence extraordinaire de Gilles et Catherine pourrait être un moyen tangeant - comme le fil sur lequel marche le funambule - de lutter contre l’envahissement de l’angoisse, moyen à toujours recommencer, assurer, car si l’intelligence peut protéger de l’angoisse elle ouvre aussi à l’angoisse.
    Ce que j’ai tenté de dire dans mon premier commentaire, de suggérer comme on suggère une intuition, c’est que cette "pathologie" - comme vous dites - ne serait pas seulement individuelle mais sociale, révélatrice - symptôme - de nos sociétés urbaines coupées de toute Nature avec leur surinvestissement cérébral que l’on retrouve justement dans l’autisme. Je conçois bien que la Nature, avec ses formes diverses, profuses, etc., puisse être angoissante, mais le fait qu’elle puisse être vécue comme angoissante n’est-il pas déjà la conséquence d’une coupure de l’humanité avec la Nature ? Il me semble qu’il y a là peut-être une piste, des pistes à explorer. Car comment mettre fin à l’angoisse sans se réconcilier avec la Nature, le Monde ? Or j’ai été frappé par le manque de Nature dans le monde de Gilles & Catherine. Qu’en pensez-vous ?

  • repondre Répondre



Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d'abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n'oubliez pas d'indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • texte

> L'ARTICLE EN IMAGE
> L'AUTEUR
> Audience
  • 298 visites
  • 8 commentaires
> Faire suivre l'info

ARTICLES SIMILAIRES


 
Fabriqué avec SPIP et YAML - Hébergé par CELEONET - Code & Design par INDIE