Tout comme les communes, le « Grand Troyes » est soumis à l’obligation de publicité de ses délibérations. Autrement dit, chaque citoyen doit pouvoir prendre connaissance , le plus simplement possible, des décisions prises par les élus de l’agglomération troyenne.
Ça, c’est pour la théorie... Dans la pratique, nos chers élus, de gauche comme de droite [1], se moquent comme d’une guigne de rendre leurs décisions transparentes et publiques. Un gadget, se disent-ils sans doute... une lubie de bobo qui vont venir chicaner sur la moindre délibération !
Mais comme cette publicité est une obligation, le Grand Troyes, contraint et forcé, s’est résolu à rendre ces délibérations publiques. Comment ? En les publiant sur le site internet de l’agglomération ? Pensez-vous... trop facile et surtout trop visible ! Non... Nos élus, fanas de la gymnastique oculaire, ont décidé d’afficher les quelques 200 pages de délibérations, format A4, police Arial, taille 10 ou 12, sur les vitres du siège de la place Galley !!! Imaginez qu’après chaque conseil communautaire, un shadock pompe sans savoir pourquoi un fonctionnaire perd une bonne heure de travail à imprimer ces 200 pages et à les coller minutieusement sur des panneaux qu’il placera avec les plus grandes précautions possibles derrière ces vitres ! C’est ridicule, inutile, illisible, mais cela respecte l’obligation de publicité !
J’en vois déjà s’interroger : « Mais pourquoi diable ne pas les diffuser sur le site du Grand Troyes ? ». Ben oui, pourquoi ? Tout simplement, ma brave dame, vous répondra-t-on, parce qu’il faut bien faire pomper les shadocks parce que tout le monde ne dispose pas d’Internet... Du coup, on les affiche sur les vitres du Grand Troyes où personne ne les lira !!! logique... et vachement plus démocratique !
L’armée mexicaine du Grand Troyes
Du coup, j’ai cherché un responsable de cette absurdité. J’ai consulté l’organigramme pour connaître le nom du vice-président en charge de la vie démocratique, des relations citoyennes, de la communication ou de « je ne sais quoi » en rapport avec ce sujet. Je n’ai trouvé personne ! En réalité si... j’ai trouvé une armée mexicaine composée de 19 vice-présidents, tous confortablement rémunérés mais pas fichus de remarquer l’aspect grotesque de cet affichage. Parmi cette glorieuse troupe, on trouvera quelques postes exotiques comme un vice-président de droite de l’eau qui coule (trame hydraulique), un autre chargé de l’eau sale (assainissement), tandis qu’un troisième, de gauche, s’occupe des économies d’eau et des eaux polluées (développement durable)... J’ai trouvé aussi une vice-présidente chargé des vases communicants (transfert de charges) et un dernier responsable de remettre deux ou trois tuiles sur les bâtiments du Grand Troyes de la (maintenance du patrimoine bâti). Mais aucun vice-président en charge de la vie démocratique...
J’ai quand même fini par mettre la main sur un vice-président chargé des NTIC... Oui, il existe un vice-président au Grand Troyes payé pour s’occuper des nouvelles technologies... lesquelles ? Que fait-il réellement ? Je n’en ai pas la moindre idée. En tout cas, notre homme, Paul Gaillard, maire de Saint-Germain, dispose, en guise de CV, d’un site internet pour sa commune qui affiche, ça ne s’invente pas, « Adresse introuvable » ! Balèze le Paulo dans les nouvelles technologies ! On comprend mieux les difficultés pour transférer les comptes-rendus communautaires sur le site du Grand-Troyes.
Tout cela montre à quel point le « Grand Troyes », dont les compétences sont aujourd’hui essentielles dans notre quotidien, demeure une institution opaque. Discrètement co-gérée par le PS et l’UMP, personne ne sait réellement ce que font ces élus et surtout ce qu’ils décident.
1er publication le 9 janvier 2012
[1] car le Grand Troyes est co-géré par les différents maires toutes sensibilités confondues













