La presse locale nous apprend que « la situation est toujours plus préoccupante dans l’Aube où le manque de médecins va sans doute empirer dans les années à venir ». Et cela malgré l’arrivée en nombre de médecins à diplôme étranger qui représentent 75% des nouveaux inscrits au conseil de l’Ordre des médecins dans l’Aube.
Pourquoi la médecine fait-elle partie de ces secteurs d’activité dont nous dit que l’on arrive pas à recruter malgré un nombre considérable d’inscrits à Pôle emploi ? Il est vrai qu’il faut quand même avoir fait des études pour exercer dans ce domaine.
Nos jeunes bacheliers se détourneraient-ils des études de médecine ? Pas du tout, ils sont même de plus en plus nombreux à s’engager dans cette voie. J’étais invité il y a quelque temps à une présentation des études à la faculté de médecine du Kremlin Bicêtre. Contrairement à ce qui se passe dans de nombreuses écoles, le doyen de cette faculté tentait de décourager les candidats. Pour faire face à l’accroissement du nombre des étudiants en première année de médecine, la faculté avait déjà dû dédoubler ses amphis, les faisant passer de 2 à 4 sans pouvoir augmenter le nombre de professeurs. 2 amphis avec professeur dispensant le cours et les deux autres avec cours transmis par télévision !
A s’engager dans cette voie, disais-je, car on n’est absolument pas assuré de pouvoir aller jusqu’au bout de ses études. Il existe en effet ce que l’on appelle le numérus clausus qui détermine à, l’unité près, le nombre d’étudiants autorisés à passer en deuxième année dans chaque faculté.
Ce numérus clausus a été inventé au début des années 70. Peut-être y avait-il trop de médecins à cette époque. Mais les technocrates et les politiques estimaient surtout qu’en diminuant l’offre on ferait baisser les dépenses de santé. Naturellement ils se sont trompés. Non seulement les dépenses de santé ont explosé mais des déserts médicaux apparaissent dans les campagnes, des postes restent vacants dans les hôpitaux et les dépassements d’honoraires pour cause de manque de concurrence sont de plus en plus fréquents.
Ne serait-il pas plus judicieux, plutôt que de faire appel à des médecins étrangers qui manquent cruellement à certains pays sous-développés, de permettre à nos étudiants qui échouent en fin de première année de médecine avec 13, 14 voire 15 de moyenne, des excellents étudiants, de poursuivre leurs études. Puisque nous manquons de médecins, il suffit d’en former plus. Autrement dit augmentons le numérus clausus de façon significative.
Il est surprenant que cette solution simple et logique ne vienne pas à l’esprit les députés des zones les plus touchées, les départements ruraux, là où l’UMP est pourtant sur-représentée, comme dans l’Aube.
Bernard Waymel responsable départemental de République Solidaire contact10@republiquesolidaire.fr












