L'article

5
janv
2012

UMP, PS et consorts : les copains et les coquins…

Finalement, la nouvelle année n’a rien changé… Le théâtre politicien local continue son cinéma et les politiques qui nous « dirigent » jouent aux histrions voltairiens… (L’histrion est, on le sait, un acteur qui, chez les Romains, jouait dans les bouffonneries grossières, ainsi Voltaire écrit, «  Il est comme cet histrion qui, jouant devant Auguste, prenait pour lui les applaudissements que l’on prodiguait à l’empereur  »……)

Donc 2012 est là mais chaque élu troyen rejoue la même histoire avec les mêmes textes et les mêmes attitudes. Qu’importe que la pièce soit surannée, qu’importe que le texte ait vieilli, qu’importe que les acteurs jouent faux ou surjouent… Oubliant le public qui ne rie plus, oubliant les citoyens qui n’en peuvent mais, oubliant les électeurs qui se précipitent vers les extrêmes, nos politiciens recommencent encore et toujours la même chose en espérant convaincre ou persuader quand ils ne sont plus capables que de lasser.

Ainsi, Alain Carsenti fait, avec talent certes, du juridisme. Sa grande réussite, en trois ans, est d’avoir exigé que les élus siégeant dans des conseils d’administration sortent de la salle quand on évoque leur association… Ainsi, le conseil municipal de Troyes s’est transformé en Commedia del arte, où les multiples personnages entrent et sortent de scène à vous donner le tournis…

Bauland, plein de superbe depuis qu’il s’est auto intronisé « leader » de la gauche, se croit à l’école et donne des cours soporifiques dans son costume vieux rad’soc anticlérical.

Sydor joue les doctrinaires (mal parce que, finalement, il n’est pas si doctrinaire que cela… ), quand il est là.

Zajac chante la chanson communiste, c’est souvent émouvant même si c’est parfois ridicule (« France, oh France de demain… » chantaient les gamins qui faisaient le lit du stalinisme dans les années trente)…

Un vrai bloc d’opposition jouant sans cesse de la flûte pour divertir la majorité. La majorité est un orchestre mais un orchestre où les musiciens utilisent tous le même instrument, jouant une seule note pendant de longues heures… et il faut reconnaître qu’à la fin, c’est lassant… Baroin dirige les conseils en s’ennuyant..., ne se réveillant que pour envoyer des SMS et répondre avec son portable (certainement à Sarkozy ou à Obama… ), en sortant de séance sans même s’en excuser. Les autres… mais y en a-t-il d’autres ?

Ça sent le pipi et la rengaine surannée...

Bref, on prend les mêmes, on fait la même chose… en tentant de mettre quelques relents de politique nationale dans la vieille salle du conseil qui, à force de débats obsolètes, sent le pipi et la rengaine surannée...

Alors on tente d’amuser la galerie, ou d’exister au travers de la presse locale trop heureuse d’avoir quelques papiers à écrire pour, elle aussi, faire semblant d’exister. L’opposition n’étudie plus les rapports du conseil, elle cherche les failles juridiques pour ester et les failles de communication pour être.

Alors les grands débats sortent du réel pour cottoyer le surréalisme un peu ridicule des « cadavres exquis »…

Menois a rempli les colonnes et les polémiques… résultat ? Rien… Menois se meurt et tout le monde s’en moque… La dernière fois, c’était l’eau qui devenait le grand sujet du moment mais le débat assassiné par la majorité semblait un canard qui courrait sans sa tête. On a le droit de passer son temps à vouloir ressusciter les canards comme semble vouloir le faire la « véritable  » opposition…, moi, je considère que, quand un combat est perdu, il ne sert à rien de vouloir réécrire la bataille…

La bourse...

Et puis, comme dans les ritournelles, revient régulièrement le refrain de la bourse du travailJ’avoue que je ne comprends plus grand-chose dans ce dossier… Je n’ai jamais vraiment assimilé le grand projet de la majorité mais, comme je suis plutôt tolérant, j’ai donné quitus pour cette expérience sans vraiment croire qu’elle arriverait au but.

Carsenti et Bauland décident alors d’ester en justice pour s’opposer au projet. Ils gagneront peut-être… pour quoi faire ? Pour la satisfaction de rappeler le droit au Maire de Troyes ? J’ai comme l’impression qu’il s’en moque notre ministre… Pour faire triompher des droits qui ressemblent à des privilèges ?... Reste qu’ils espéraient naguère que cette plainte, comme jadis celle de la FNAC, effraierait les investisseurs… « Jamais aucun investisseur n’osera mettre de l’argent dans ce dossier  » ai-je entendu… mais peut-être ai-je rêvé… Au final un investisseur s’invite en cachette dans trois petites lignes du conseil… Je ne suis pas un grand politique comme Bauland et Carsenti, alors, quand à la relecture du conseil, j’ai découvert ces lignes, au lieu de m’oindre des fioritures outragées de la morale comme on couvre de crème au beurre la bûche de Noël, j’ai pensé… « Ils nous ont bien eu… :) » ce qui, je le répète, n’était sans aucun doute pas de la grande politique mais m’a fait sourire... Parce que Oui, Baroin, Menuel et Chevalier, nous ont eu… Ces trois lignes, on avait tout le temps de les lire et on pouvait réagir, on en avait le droit d’ailleurs, et le temps… Seulement, le texte, on ne l’a pas lu avec assez d’attention… Ils nous ont eu… Je persiste à trouver cela assez comique… Mais bon, un investisseur est là et, tout à coup, on s’offusque, on se braque, on trouve cela inacceptable… Ah… Et pourquoi ? Là encore, parce que je ne suis pas un grand politique, parce que je préfère ma ville à mes ambitions personnelles, je préfère un mauvais projet qui va à son terme qu’un bon projet qui ne naît jamais ou que cette quasi-ruine qui, depuis des années, empêche tout un quartier d’exister vraiment…

Le ridicule de tue pas, quoique...

Bref, je trouve un peu ridicule cette posture de l’opposition troyenne comme je trouve inacceptable la posture de la majorité. Car, comme en écho à nos insuffisances, la majorité, elle, joue de suffisance… Piégeant les rapports (avec succès parfois on l’a vu), jouant à l’extrême rigueur quant aux informations (là, Baroin est un as du rabot... ), plus sûrement que sur le budget, piégeant l’opposition dans des débats stériles où l’on oublie l’essentiel pour s’entretuer sur l’accessoire… Et ces pièges pour l’opposition, s’ils sont grossiers et vulgaires, est-on digne de s’y opposer en hurlant ou ressemblons-nous à des bécasses s’offusquant d’être piégées par des appeaux dérisoires ?..

Le copains et les coquins...

Ce qu’il y a de plus étonnant, dans ce piètre cirque, c’est que les deux camps sont alliés et s’en sortent toujours vainqueurs.

Copains comme cochons, les coquins de la majorité et de l’opposition s’accoquinent pour que le théâtre qui se joue soit conforme aux règles... même si la règle tue le suspense ou le débat comme les « cinq règles » de la tragédie rendent « Bérénice » un peu chiant à regarder maintenant…

Ils sont d’accord parce qu’ils se partagent les postes, ils évitent les vrais combats, ils renoncent aux vraies questions… Ils se partagent les fonctions…

Voyez Olivier Girardin qui, au nom de « règles » ridicules, n’ira pas s’opposer à Baroin sur sa circonscription alors qu’il est le seul à pouvoir le battre…

Voyez la gauche qui ne présentera pas de candidat fiable sur la première circonscription, malgré la déréliction de Dhuicq, pour que la majorité conserve son siège…

Voyez comme Dimitri Sydor s’est fait élire, avec la complicité de la majorité, conseiller communautaire alors que la proportionnelle, que le PS défend à Paris, eût voulu que je sois élu…

Voyez comme on s’entend en secret pour partager les postes de pouvoir et les nominations…

Ici à Troyes, comme à Paris...

Parce que la gauche et la droite, je veux dire le PS et l’UMP, ici à Troyes comme à Paris, fait tout pour conserver ses prérogatives et ses débats entre copains… Alors, il faut supprimer tout ce qui dérange, tout ce qui sort de la norme, tout ce qui est imprévisible… Il faut convaincre le peuple qu’il n’a qu’un choix, ici à Troyes comme à Paris, l’UMP ou le PS, le PS ou l’UMP…

Ce sera Hollande ou Sarkozy, un point c’est tout… Ce sera Baroin ou Bauland… Et les 50% d’abstentionnistes, et les voix qui s’en vont à l’extrême droite et à l’extrême gauche, au centre ou chez les écolos, et ceux qui n’ont pas d’opinions politiques, et ceux qui pensent un jour à droite et un jour à gauche, et les citoyens ordinaires... Même s’ils représentent maintenant 70% des électeurs, ces milliers de personnes n’auront jamais le droit d’exister, d’avoir des élus qui leur ressemblent…

À Troyes ou à Paris, Bauland ou Baroin, Sarkozy ou Hollande, jouent la même histoire, une histoire où le peuple est spectateur, le citoyen figurant et l’électeur prédéterminé. Ce cinéma est sans parole et sans couleurs mais, comme dans les « démocraties populaires » quand il n’y a que cela, le peuple y croit longtemps, trop longtemps… Mais, heureusement, il n’y a pas que cela…

L’alternative, le centre...

Lors d’une conversation avec Alain Carsenti et Marc Bauland, ce dernier m’a demandé «  A quoi sers-tu au conseil ?  » Et après le dernier conseil, plusieurs membres de la gauche m’ont reproché de «  ne pas être vraiment d’opposition  », quand la majorité ne comprend pas pourquoi «  je ne suis pas vraiment avec eux…  » Et ce sont de bonnes questions... À quoi sers-je ? Suis-je d’opposition ou suis-je un artefact de la majorité ?

Effectivement, Marc Bauland a raison, et j’ai eu tort de me fâcher lorsqu’il m’a fait sa remarque… Dans ce cirque, dans ce théâtre ridicule d’opposition binaire entre le bien et le mal, le noir et le blanc, le bon et le mauvais, je ne sers à rien, nous ne servons à rien… Je suis en dehors de ce cirque et j’en suis assez fier. Mon but est d’aider le citoyen à retrouver sa place dans la démocratie, mon but est d’améliorer la ville de Troyes et la vie de ses habitants… Et peu me chaut qu’ils s’en offusquent ou qu’ils s’en étonnent… Qu’importe s’il faut un jour donner raison à Baroin (et ne pas être « d’opposition  ») et le lendemain acquiescer aux apports de Sydor (trahison pour la majorité)… Chercher toujours la vraie solution qui aide Troyes, se battre pour favoriser le dialogue, le débat et la démocratie même si ces élus cherchent à l’oublier…

À Troyes comme à Paris, les échéances prochaines seront importantes. Bayrou à la présidentielle va tenter d’imposer un autre dialogue direct avec les Français comme nous continuerons à essayer de faire de la politique autrement, ici à Troyes… Cette détermination qui est la nôtre est totale, inflexible… Les échecs électoraux d’hier sont pour nous une preuve que nous n’avons pas encore assez expliqué notre combat…

La ville de Troyes, la France, sont suffisamment en détresse pour qu’on arrête de se faire plaisir entre copains et entre coquins. Il est temps de s’occuper des vrais problèmes, il est temps d’inventer d’autres solutions…

Le centre n’est pas une opinion politique, le centre n’est pas un parti de plus, le centre n’est pas une alternance nouvelle… Le centre se veut un outil de renouveau démocratique… Les privilégiés d’hier, UMP et PS, s’en scandalisent, comme au matin du 4 août 1789, les nobliaux s’offusquaient de l’abolition des privilèges…

N’en déplaise aux autres, nous continuerons dans cette voie !



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Les commentaires (3)

UMP, PS et consorts : les copains et les coquins…
  • Commentaire 51495 leyla.dandelion
    le 5 janvier  à 07:29

    le centre pour moi c’est pile poil entre copains et gredins et à la fin tout ça finit à à à l’ump comme toujours

    repondre Répondre



  • Commentaire 51505 thomas
    le 5 janvier  à 12:22

    Je suis tout a fait d’accord avec cette analyse, ces 2 grands blocs se distribuent les cartes de la gestion communale, copains ensemble, on mange bien après les conseils municipaux ensemble. N’oublions pas ces chers syndicats pour acheter la paix sociale chaque fin d’année, on donne l’avancement aux camarades syndiqués plutôt qu’aux agents méritants. Je crois qu’un ancien syndicaliste avait demissionne de ses fonctions en relevant cette pratique courant dans la presse locale. Rupture avait on dit !

    repondre Répondre



  • Commentaire 51524 Pancho VILLA
    le 6 janvier  à 17:56

    Ou l’UMPS comme le dit le Front National. Olé !

    repondre Répondre



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