« Quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup ! », déclarait Martine Aubry pour qualifier le manque de clarté du candidat Hollande lors des primaires. Le proverbe pourrait aujourd’hui s’appliquer au choix opéré par la municipalité pour aménager la Bourse du Travail.
C’est flou... ou plutôt caché comme un affreux bouton sur le visage juvénile du ministre de l’andouillette. C’est si flou, si bien dissimulé que le choix de l’opérateur, qu’on attendait depuis presque un an, aura même échappé au regard tatillon de maître Carsenti ! A sa décharge, le chipoteurconseiller municipal centriste a d’autres chats à fouetter. Notre ami est actuellement sur le front : occupé à faire taire les terribles accusations qui, paraît-il, courent sur lui, et qui, paraît-il encore, seraient l’oeuvre du machiavélique François Baroin inquiet, paraît-il toujours, de l’influence grandissante de maître Carsenti ! Si, si, j’vous jure, ma coiffeuse ne me parle que de ça et de la venue de Beckham au PSG... Désireux de faire cesser les ragots, notre chicaneur élu d’opposition, en mal de buzz pour lancer sa candidature à l’élection législative, n’a rien trouvé mieux que de les révéler sur son blog ! Les amateurs de la vie politique auront reconnu l’une des plus grosses et des plus vieilles ficelles de la politique consistant à orchestrer un bon scandale que l’on dira fomenté par son principal adversaire [1].
Mais revenons à nos moutons et à notre loup. Caché au fond d’une délibération, en 3 petites lignes, au bout d’une interminable séance du conseil municipal, la proposition de concession de l’aménagement de la Bourse du Travail à la société Frey est passée totalement inaperçue. Ni vu, ni connu, ce bon vieux Gégé l’Alambic a réussi à dissimuler le loup sous un monceau de décisions toutes plus ennuyeuses les unes que les autres. Maître Carsenti aux fraises, Marc Bauland occupé à ajuster sa nouvelle cravate, Beury concentré sur la réduction des indemnités des élus, toute l’opposition s’est laissé berner par ce vieux filou de Gégé !
Évidemment, se faire empapaouter ainsi, ça énerve. A tel point que Marc Bauland, peu sujet aux excès langagiers, s’est laissé aller, sur son blog, à la métaphore scatologique « ...au pays de François BAROIN et de Gérard MENUEL on pratique avec le plus grand raffinement l’Art de cacher la m... sous le tapis. ». Ce n’est pas le pays de Candy, mais cela en dit long sur l’état d’esprit de l’opposition.
Sur le fond, l’extrême discrétion dans le choix de la société Frey pour aménager la Bourse du Travail a de quoi surprendre. D’autant qu’habituellement, Fanfan a tendance à mettre la charrue avant les boeufs en annonçant tel ou tel projet avant même qu’il ne soit voté par le conseil municipal. Ici, bizarrement, on rase les murs et on fait profil bas, très bas... Interrogé par nos amis de Chapi-Chapo, Gégé l’Alambic déclare d’ailleurs que « Tout peut encore changer » et Dominique Boisseau ajoute : « Le jury n’émet qu’un avis et le conseil municipal peut très bien ne pas être d’accord avec son choix ». Prudence, prudence, prudence... Pour quelles raisons ? Nos amis ont-ils les chocottes que ce projet, à l’image de celui d’Altaréa, ne tombe encore à l’eau ? Veulent-ils conjurer le mauvais sort ? Se préparent-ils à un renoncement de la société Frey ? Négocie-t-on encore en coulisse ? Difficile à dire. En tout cas, Place Israël, les adjoints font tout pour en dire le moins possible. Est-ce assez pour chasser le loup ? En tout cas, on sait que la procédure lancée par la municipalité fait actuellement l’objet d’un recours déposé par Maitre Carsenti et la Gauche. On sait aussi que pour ce concours, seuls deux opérateurs ont présenté un dossier complet. C’est peu, très peu, et propre à susciter de sérieuses interrogations sur la pertinence et la validité de ce concours. On sait également, de la société Frey, qu’elle a tout récemment (en 2009) emporté le concours lancé par le Grand Troyes [2] portant sur le ré-aménagement de l’Aire des Moissons.
Alors loup... y-es-tu ? Où te caches-tu ? Réponse d’ici quelques semaines.










