Alors que les médias « officiels » s’obstinent à réduire la présidentielle à un duel Sarkozy-Hollande, alors que le jeu du bipartisme essaie de rester aveugle à l’évolution du monde et des idées, alors que le « politiquement correct » n’accepte aucune idée un peu révolutionnaire, on voit que l’électeur de base s’éloigne de plus en plus de la norme et choisit des solutions alternatives.
Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon profitent, chacun de leur côté, de ces nouvelles tendances, progressant en intentions de vote... un peu…, en crédibilité… beaucoup !
Les candidats « du système » Hollande et Sarkozy voient eux leur fragilité augmenter, surtout si l’on considère leur crédibilité (justement) et le désir réel de les voir gouverner…
Au milieu de ce tohu-bohu médiatique, presque silencieusement, François Bayrou reprend sa course vers l’Elysée qu’il avait terminée, on s’en souvient, avec 18.57% des suffrages en 2007. En décembre 2006 Bayrou était crédité de 8% d’intentions de vote, de 14% en décembre 2011…
C’est dire si la position du leader du MoDem est intéressante. Les « têtes pensantes » socialistes ne s’y trompent pas ; ce week-end et ce lundi, ils clament tous la main sur le cœur que « François Bayrou ne peut pas être au second tour » et que s’il gagne, il ne « disposera d’aucunes troupes »… Remarquons déjà que les deux affirmations paraissent antinomiques car si Bayrou gagne… Ce sera certainement en étant au second tour… Et s’il gagne, c’est qu’il aura trouvé, au-delà de « troupes », au moins des électeurs, électeurs qui seront heureux de lui donner une majorité à l’assemblée quelques semaines plus tard…
La marche de Bayrou faisait ricaner en juin dernier (« Alors Beury, toujours MoDem ? » me disait-on goguenard à la mairie en juin dernier), puis elle interpellait (« Pas mal ton Bayrou » me disait-on en septembre)… ,maintenant elle énerve les socialistes et l’UMP, elle intéresse les électeurs…, et malheureusement pour le PS et les sarkozystes, ce sont les électeurs qui tranchent… [1]
La victoire est loin d’être acquise pour François Bayrou, il reste beaucoup de chemin à faire, mais le candidat du centre marche dans la bonne direction…
Sa victoire en mai prochain serait un coup de tonnerre dans le ciel politique français, elle signerait la fin du bipartisme et enfin la mise en place de mesures gouvernementales révolutionnaires plus adaptées à la situation… En fait le combat qui se profile est celui des conservateurs (l’UMP et le PS) contre le réformiste (Bayrou)…
L’année 2012, à défaut d’être celle de la « fin du monde », risque d’être celle de la « fin d’un monde » ; l’année 2012 semble devoir être « l’année Bayrou » !
[1] C’est assez marrant puisque, maintenant, je rencontre, à la mairie, de plus en plus de gens qui affirment avoir toujours cru en Bayrou... j’en rencontre même qui me donnent des leçons d’engagement partisan... ![]()










