Il n’y a pas seulement qu’à Gauche que le bordel règne ! A Droite aussi, le grand foutoir a pris ses quartiers d’hiver dans la 1er circonscription.
Du côté de l’UMP, il aurait pourtant été simple, rapide et efficace de reconduire ce bon vieux Dhuicq. Député sortant, le maire de Brienne a surfé sur la vague sarkozienne en 2007 pour installer son impérial popotin sur le velours rouge de l’assemblée nationale. Malheureusement, notre Nicolas local a fidèlement suivi son maître, un peu trop fidèlement... d’abord en allant chasser sur le terrain de populisme d’extrême droite et en rejoignant la « Droite Populaire » ; puis en s’attirant les mauvaises grâces des élus de sa circonscription et de beaucoup de ses électeurs. Le résultat a été spectaculaire : une descente aussi rapide que le fut l’ascension, avec, pour point d’orgue, la fessée reçu par Nicolas lors des dernières élections cantonales face à un candidat divers droite presque inconnu !
Un ticket pour la pré-retraite
En quelques années, le maire de Brienne à qui l’on promettait un brillant avenir, a donc pris son ticket pour la pré-retraite. Et ni François Baroin, ni Philippe Adnot, dit-on dans les couloirs, ne feront le moindre geste pour le retenir ! L’occasion est au contraire immanquable pour se débarrasser définitivement du jeune loup un peu trop gourmand.
A travers Chapi-Chapo, toujours bien informés lorsqu’il s’agit des affaires de l’UMP, la guerre de succession vient de commencer. Nicolas Dhuicq fait encore semblant d’y croire affirmant : « J’ai le soutien de mon parti et de François Baroin ». Mais en vérité, l’agitation du petit monde médiatico-politique montre que les jeux sont faits ; en tout cas en ce qui concerne le sort du député sorti sortant.
A Droite, on pratique la tendresse à grand coup de machette
La dépouille politique de Nicolas Dhuicq n’est pas encore froide que déjà, les vautours de l’UMP se défient pour savoir qui aura le meilleur morceau et prendra la place du maire de Brienne. Il faut dire qu’à Droite, on pratique la tendresse à grand coup de machette, surtout lorsque s’offrent à vous une circonscription si favorable et la perspective d’ouvrir une longue et prospère carrière parisienne !
Gérard Menuel : Candidat récompensé
En pôle-position : Gérard Menuel. « Au sein de l’UMP, il se dit que la question a déjà été tranchée. Ce sera Gérard Menuel », déclare un élu à Chapi-Chapo. Le bras-droit de François Baroin pourrait ainsi être récompensé des années de fidélités à son mentor. « Récompensé », c’est le mot le plus juste pour qualifier la désignation quasi-monarchique dont bénéficierait le maire adjoint de Troyes. Il n’est pas question ici de trouver le candidat le plus légitime, le plus compétent ou le mieux implanté de ce coin de l’Aube. Non... ce dont il est question, c’est pour Baroin d’offrir cette terre à l’un de ses obligés comme un seigneur distribuait quelques fiefs à ses plus fidèles serviteurs. Et dans ce petit jeu, Gégé l’Alambic peut déjà compter sur le travail complaisant de la presse locale dont les derniers articles en plus de faire l’oraison funèbre du maire de Brienne, font de Gérard Menuel le seul et unique recours pour l’UMP. L’affaire est pliée. Le prince a déjà adoubé son seigneur. Et les manants de la 1er circonscription n’ont plus qu’à rentrer chez eux.
Marchandage et tripatouillage...
La méthode fait pourtant grincer quelques dents à droite. En témoigne les commentaires laissés sur auboisementcorrect. On évoque des « combines », des « copineries », un « marchandage » pour décrire la situation et la volonté d’imposer Gérard Menuel sans consulter la base. Le sondage réalisé sur auboisementcorrect montre également que Gérard Menuel est loin de faire l’unanimité. Il dépasse péniblement les 25% des votants. D’autres noms et d’autres hypothèses circulent dans les couloirs. Celles d’Hervé Chambon, le très nucléophile maire d’Hampigny, ou encore celle de Marc Sebeyran, déjà candidat en 2002 et 2007. Le responsable local du Nouveau Centre pourrait profiter du retrait de la candidature d’Hervé Morin pour, au terme d’un accord entre les deux formations de la Droite, bénéficier d’une investiture commune. Reste enfin l’hypothèse d’une candidature divers-droite qui viendrait mettre tout le monde d’accord. Jean-Marie Coutord a montré la voie en s’imposant lors des dernières cantonales face à Nicolas Dhuicq. Et il n’est pas exclue qu’une candidature du même type puisse attirer une large frange de l’électorat conservateur de l’est du département.













