L'article

19
déce
2011

Réduction des indemnités des Élus : quand Dimitri Sydor « tortille du cul pour chier droit »…

Dimitri Sydor, qui a été interrogé par la presse locale au sujet de ma proposition de réduction des indemnités des élus Troyens, sans doute interpellé par des amis politiques sur le flou de sa réponse à l’Est-Eclair, se fend dans son blog d’une explication de texte sur son texte…

Dans un article on ne peu plus flou, notre ami accumule les grands principes ésotéro-politique, les évidences qui manquent d’évidence et les contre-vérités…

Le responsable socialiste commence par nous expliquer, au cas où, complètement stupide, on ne le saurait pas, à quoi servent les indemnités des élus... Certes certains pourraient penser que ces indemnités sont destinés à acheter des messes à la mémoire des anciens élus troyens, à s’offrir des vacances sur le dos des contribuables ou à offrir des fleurs à la femme de sa vie… Et bien non ! « Les indemnités pour charge élective ont été créées afin de faciliter l’exercice d’une responsabilité d’élu par des salariés sans préjudice du salaire.  » Et oui, pourquoi pas… Moi je veux bien… mais alors pourquoi les élus retraités perçoivent-ils des indemnités ? Pourquoi ces indemnités ne sont-elles pas proportionnelles au salaire initial ? Un gros paquet pour les riches et des roupies de sansonnet pour les smicards… :) Pourquoi les élus qui n’ont pas de diminution de salaires parce que leur convention collective ou leur place de fonctionnaire leur permet de consacrer du temps à la politique sans perdre un sou perçoivent-ils les mêmes indemnités que ceux qui perdent de l’argent dès leur première minute passée à la mairie ? Pourquoi ceux qui manquent la moitié des réunions de commissions comme Dimitri Sydor (ou comme moi… ) reçoivent-ils la même indemnité que ceux qui sont toujours présents ? Pourquoi ? Pourquoi ? Il n’y a pas de réponse…

Continuons à lire Dimitri dans le texte (ses propos sont en italique) : « En effet, si les élus peuvent de droit bénéficier d’autorisations d’absence pour se rendre et assister aux commissions et séances plénières » (euh ça c’est pour les fonctionnaires, parce que les autres, ils ne sont pas payés quand ils ne sont pas là… ) « il n’en est pas de même pour les travaux préparatoires et les réunions annexes qui, s’ils interviennent sur le temps de travail, entraînent l’utilisation du "crédit d’heure" que l’administration ou l’entreprise déduit du salaire du salarié ou de l’agent » (Sauf que ces réunions annexes sont, le plus souvent, organisées en dehors des heures de travail normales… )

Plus loin : « Par ailleurs, l’indemnité sert aussi à payer les dépenses diverses engagées dans le cadre du mandat (frais de transport notamment) ». Euh les frais de transports ??? pour aller de chez soi à la Mairie ? Oui… Sauf que, théoriquement, tous les élus sont Troyens… Je sais qu’il y en a qui habitent à Feuges ou à Pont-Sainte-Marie mais franchement, à part François Baroin qui vient de Paris, je ne vois pas qui dépense de l’argent en transport… Les autres frais ? Les groupes ont un secrétariat, du papier à lettres… alors, à part la cravate neuve qu’a achetée Bauland pour son intronisation comme chef de la gauche au dernier conseil, je ne vois pas…

« Les indemnités ont donc un sens. Elles permettent encore de favoriser la prise de responsabilité de tous. » Ah ? Parce que sans indemnité les gens sont irresponsables ?

Suit un long paragraphe sur « l’enjeu de la répartition des richesses (…) au coeur des sujets actuels  » ! (Vingt Dieu, belle phrase, je vais la garder pour mon prochain dîner en ville... ) Où Dimitri aligne la rhétorique de gauche comme un bon élève… « Les peuples exsangues… » « Les agences de notations menaçantes… » « Les revenus des plus riches qui augmentent et ceux des plus pauvres qui diminuent… » Et autres « éléments de langage » propre à apparaître comme un bon homme de gauche contre les mecs de droite qui pensent (forcément) le contraire… Sauf que cette belle diatribe ne tient pas dans les faits. Prenons le dernier point « La richesse mondiale produite n’est pas justement redistribuée : les pauvres sont plus pauvres, et les riches plus riches. » Lors du conseil de mars 2008 instituant les indemnités aux élus, j’avais justement proposé que les indemnités ne soient pas identiques pour tous les élus mais que celles-ci soient inversement proportionnelles à leurs revenus. Les élus qui, comme moi, gagnent largement leur vie, n’ont pas à recevoir d’argent de la collectivité, par contre, les plus pauvres, ceux qui n’ont pas d’emplois ou qui sont smicards, méritent des rémunérations plus importantes… Et bien, cette proposition qui donnait plus d’argent aux plus pauvres et moins aux plus riches n’a pas été voté par la gauche ! (Signalons à ce propos que, contrairement à ce qu’en dit l’Est-Eclair, je n’ai jamais voté les indemnités aux élus troyens, retoqué par le Maire avec ses arguments fétiches. Nous avons été seulement deux à voter contre ce rapport).

La suite du paragraphe est encore une accumulation d’évidences « de gauche » « taxer davantage le capital  » (je ne vois pas le rapport avec le conseil municipal, hors sujet monsieur l’enseignant… ) « développer les services publics  » (pourquoi pas mais en quoi diminuer les indemnités des élus nuirait au service public ?) « reprendre une dynamique de hausse des salaires en fonction des qualifications » (Oui, mais au sein du conseil ça va être dur… Sauf si on envisage de payer les élus en fonction de leurs compétences… Ah oui, ça pourrait effectivement être assez drôle !) « améliorer les conditions morales et matérielles de la vie humaine » (Oui, oui… Remarquez, je ne vois pas qui, au Conseil, serait favorable à une « détérioration des conditions morales et matérielles de la vie humaine »… ) Etc. Etc. Je passerai sur les « dépenses somptuaires » et autres « gaspillages » qui sont nécessairement l’apanage de la droite et du centre et contre lesquelles lutte toute la « gôche » partout où elle règne…

Enfin, tout au bout de ce verbiage, la phrase importante (à mes yeux) « Oui à l’exemplarité des représentants élus, bien sûr, quitte à baisser l’indemnité  »… Donc Dimitri est d’accord avec ma proposition… Fallait le dire avant… Ça aurait été plus simple…

Où en est-on ?

Depuis ma lettre au Maire et aux élus je n’ai aucune réponse officielle à cette proposition. On la traite de populiste et de démagogique… Mais ces élus, de droite ou de gauche, qui refusent de se serrer un tout petit peu la ceinture pour montrer l’exemple, continuent à faire de grandes phrases, à imaginer de grandes théories, à donner des leçons d’histoire, de morale et de démocratie. On en pleurerait de les voir se défendre pour quelques sous quand ils n’hésitent pas sur les taxations diverses et variées…

Je l’ai dit maintes fois, je crois que les élus ne reçoivent pas des indemnités à la hauteur de leur tâche. La faiblesse des indemnités les rend d’ailleurs vulnérables aux pressions de l’argent et aux tentations diverses… Mais ce n’est pas une raison pour, ici et maintenant, ne pas montrer au peuple que nous sommes tous dans le même bateau et que ce bateau coule… A trop retarder l’exemplarité des élus on risque de se retrouver dans la situation des riches du Titanic qui refusaient de monter dans les mêmes radeaux de sauvetage que les quatrièmes classes...

Saint Benoit de Nursie disait que le paradis se gagnait dans les petites choses... Contrairement à ce que dit Dimitri Sydor je n’ai jamais eu pour objectif de « résoudre la crise internationale », je voulais simplement montrer que les hommes politiques, de droite, de gauche ou du centre, faisaient partie de la collectivité et s’investissaient aussi dans l’effort demandé à tous.

Dimitri Sydor et les autres « tortille du cul pour chier droit » comme on dit à Gyé-sur-Seine… Ben on les laissera tortiller du cul en se demandant pourquoi tant de bruit, tant d’histoires, tant de références morales et politiques pour refuser… une diminution de 13 € des indemnités de conseiller municipal !



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Les commentaires (12)

Réduction des indemnités des Élus : quand Dimitri Sydor « tortille du cul pour chier droit »…
  • Commentaire 51226 SD
    le 19 décembre 2011  à 08:10

    C’est pour le moins caricatural mais c’est de bonne guerre. Dur de me reprocher de vouloir détailler la petite phrase de l’Est-Eclair (car c’est quand même l’objectif initial)... Mais comme souvent et sur un détail, Ph BEURY "pète plus haut que son cul" ! Désolé pour la rhétorique à ras des pelouses... Disons que c’est pour l’unité de style ! :-))

    Dur aussi de passer à côté de l’essentiel, à savoir l’exemplarité nécessaire des élus qui est l’une des clefs du rapport entre les citoyens et leurs élus... Quant à mon paragraphe "fumeux" sur la redistribution nécessaire des richesses, il ne visait qu’à montrer que ce mouvement de partage des richesses peut se faire notamment à l’échelle de la collectivité.

    Mais tu n’as lu que ce que tu voulais lire...

    Bonnes fêtes de fin d’année !

  • Commentaire 51229 Charpentier
    le 19 décembre 2011  à 10:01

    "l’exemplarité nécessaire des élus"

    Faut-il vous rafraîchir la mémoire ?

    Loi 90-55 , Journal officiel du janvier 1990

    Art. 19. - Sauf en cas d’enrichissement personnel de leurs auteurs, sont amnistiées toutes infractions commises avant le 15 juin 1989 en relation avec le financement direct ou indirect de campagnes électorales ou de partis et de groupements politiques, à l’exclusion des infractions prévues par les articles 132 à 138 et 175 à 179 du code pénal et de celles commises par une personne investie à cette date [Dispositions déclarées non conformes à la Constitution par décision du Conseil constitutionnel no 89-271 DC du 11 janvier 1990] d’un mandat de parlementaire national.
    Les dispositions de la loi no 88-828 du 20 juillet 1988 portant amnistie sont applicables en ce qui concerne la constatation et les effets de l’amnistie et les contestations relatives à ceux-ci.

    Loi votée par les députés socialistes ...

    ( Mitterand président, Rocard 1er ministre, ministres Bérérgovoy, Lang, Joxe, Le Pensec, Charasse, Le Pensec, Quillés.)

    Alors pour les voeux pieux ou les leçons de morale !

  • repondre Répondre



  • Commentaire 51227 al11
    le 19 décembre 2011  à 08:30

    ha ! ha ! Philippe il n’y a pas qu’Gyé qu’on utilise l’expression "tortiller du cul... A dienville et son porc össi ! Et Félicie ?

    Avant c’était "touche pas à mon pote...et aujourd’hui tout évolue...TOUCHE PAS à MA POPOTE ! :o) à gauche comme à droite c’est l’entente cordiale..là ! la France n’est pas coupée en deux ! mieux vaudrait leur arracher un oeil ! :’-)) Et là d’après eux pas d’argent sale que des € qui servent le peuple ...pour son bien ! MERCI la gauche ! :-))

    repondre Répondre



  • Commentaire 51233 jocelyn villanné
    le 19 décembre 2011  à 15:37

    je trouve ce papier aussi bas que son titre.... c’est d’une tristesse

  • Commentaire 51234 Philippe Beury
    le 19 décembre 2011  à 15:47

    Cher ami "Jeune socialiste"

    Je comprends que cet article vous peine, cependant je ne vois pas ce qu’il y a de "bas" là-dedans. Nous ne sommes pas d’accord avec Dimitri (quoique) c’est argumenté... Il vaut mieux répondre voir écrire un article de mise au point que nous publierons plutôt que ce genre de commentaire....

    Quant au titre, il se veut le prolongement d’une expression populaire auboise qui, si elle n’a pas une "classe" extraordinaire, dit bien ce qu’elle veut dire.

    Mais cela vient du peuple et les nobles d’avant la révolution disaient déjà que le peuple était en bas... C’est cela qui vous gêne ?

    Cordialement.

  • Commentaire 51248 Don Diego
    le 20 décembre 2011  à 00:23

    Bravo Philippe !

    Enfin un élu constant et soucieux de la bonne gestion de l’argent public !

    Ça me rappelle le dossier Menois, où un certain Beury Philippe militait pour qu’on file un domaine public d’une valeur de plusieurs centaines de milliers d’euros à un particulier pour 1€ symbolique. Mais bon, personne n’avait prononcé le mot "crise", alors on pouvait bien distribuer le pognon aux copains (car oui : il parait que l’acheteur potentiel avait un vague lien avec les publicitaires émettant sur ce site ; quelle coïncidence !)

    La bonne gestion de l’argent public, ce n’est donc pas automatique.

    A quand un article de Philippe Beury sur Beury Philippe "Il y en a qui tortillent tellement du cul qu’ils en mettent partout" ?

  • Commentaire 51263 PH
    le 20 décembre 2011  à 11:01

    @ Don Diego

    Petite correction sur Menois. Le prix de vente de Menois s’élevait à 400 000 euros et non pas 1 euro symbolique. Et Menois coûte encore une petite fortune en frais d’entretien pendant que le chateau tombe en ruine. Personne n’a défendu l’idée de le vendre à l’euro symbolique. Cela étant, si la situation financière se dégrade, si le château continu à se délabrer, si les finances publiques empêchent tout remise en état, il n’est pas impossible qu’une vente à l’euro symbolique ait un jour lieu.

  • repondre Répondre



  • Commentaire 51242 Le Goas René
    le 19 décembre 2011  à 21:19

    Bravo ,Philippe ! Il n’est pas besoin de longues théories filandreuses pour affirmer que dans la période actuelle un homme (ou une femme ) de gauche peut même se passer d’indemnités ,situation que l’on a connue lorsque les élus étaient de vrais militants et reversaient l’indemnité que Robert nous attribuait , pour financer les campagnes électorales .,à une époque où le financement des partis politiques n’existait pas !Et pourtant certains camarades touchaient le SMIC !Mais c’était sans doute une autre époque , où les militants n’avaient pas pour objectif de faire une "carrière" politique ,mais de défendre des idées

  • Commentaire 51249 Don Diego
    le 20 décembre 2011  à 00:30

    Bravo René !

    Enfin un homme de conviction qui n’a pas peur de dire ce qu’il pense ! On attend avec impatience que tu nous parles de cette période bénie où "le financement des partis n’existait pas" (certains ici risquent d’avoir des souvenirs émus) et où tu refilais ton pognon au parti en ne gardant rien pour toi.

    On attend avec impatience ton article "Comment j’ai survécu en suçant des cailloux entre 1988 et 1994 parce que j’avais des convictions".

    Et personne n’a parlé de galets, j’ai bien dit cailloux.

  • Commentaire 51250 Chichi
    le 20 décembre 2011  à 00:55

    Cette évocation de l’ancienne époque lorsque les partis n’avaient aucune règle de financement résonne particulièrement quelques jours après la condamnation de Chirac.

    M. Le Goas n’est pas en train de tenter ne nous faire croire qu’il se gardait un smic et qu’il reversait tout à son parti politique lorsqu’il était Coneiller Général, ou alors il n’y a pas que le cul qu’il tortille...

    Ben sinon c’est quand que Beury tiens ses engagements, il me semble qu’après sa déculotté aux cantonales, ils nous avait promis de se retirer de la vie politique.

  • repondre Répondre



  • Commentaire 51252 Sarkophage
    le 20 décembre 2011  à 05:03

    C’est ca ma poule, fous-toi bien de la gueule des autres représentants socialistes, on attendait que ça pour remonter notre côte... D’autant plus que, quitte à faire une critique constructive, tu pourrais éviter de dire des conneries, ca fait tâche

  • Commentaire 51265 Pancho Villa
    le 20 décembre 2011  à 11:19

    ouah, les camarades s’engueulent, z’ont peur que leur échappe l’assiette au beurre ?

  • repondre Répondre



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