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23
déce
2011

Fin de règne à Sainte-Savine : Les couteaux sont tirés !

Est-ce la fin d’un règne ? St.Sainclair fait le point sur l’éclatement possible de la majorité municipale de Sainte-Savine et les perspectives pour 2014.

Que n’avons-nous pas entendu lorsque sur auboisement, nous faisions état du putsch de quelques adjoints contre le maire de Sainte-Savine et de l’impasse dans laquelle se trouvait désormais Jean-Jacques Arnaud... A l’époque, chacun essayait de minimiser l’ambiance « fin de règne » dans cette banlieue bobo de Troyes. Chacun tentait de cacher sous le manteau les lames aiguisées des couteaux.

Aujourd’hui, plus personne ne peut nier qu’une page est en train de se tourner. Avant la fin de son 2e mandat, Jean-Jacques Arnaud semble épuisé, laminé, de plus en plus isolé et dans l’incapacité de reprendre la tête d’une nouvelle liste pour 2014. Ainsi, après le pu-putsch raté du printemps dernier, c’est au tour de l’écologiste Jean-Marc Massin de quitter franchement et clairement la majorité d’Arnaud. Les mots du conseiller général sont suffisamment durs pour montrer à quel point la situation politique locale est dégradée.

A Gauche,comme à Droite, les grandes manœuvres ont donc commencé pour savoir qui succèdera au maire socialiste en 2014. A tel point que Chapi-Chapo peu coutumiers de sonder les prétentions politiques se hasardent désormais à nous décrire le bal des ambitieux qui s’est ouvert.

Alain Coillot à Droite, Jean-Luc Sautereau et surtout Daniel Puigmal à Gauche s’affichent désormais clairement, selon la presse locale, comme les impétrants à la fonction de maire. Ce dernier, désigné comme l’Iznogoud du printemps dernier, fait d’ailleurs l’objet d’une sévère flèche du journaliste de Chapi-Chapo qui le décrit ainsi :

Syndicaliste de longue date, rompu à toutes sortes de manœuvres, l’homme cache, derrière un large sourire, une farouche volonté politique et une réelle ambition pour son propre développement durable.

Voilà Daniel Puigmal chaudement rhabillé pour les frimas de décembre !

A peine intronisé comme l’Iznogoud savinien et dézingué par la presse locale, l’adjoint au développement durable a démenti ces ambitions et annoncé son retrait de l’équipe municipale en 2014. Un de moins pour Arnaud. Cela n’a pas empêché Daniel Puigmal de tirer sa révérence en plantant une nouvelle banderille contre la gestion du maire socialiste et sa manière d’attribuer les fonctions aux adjoints :« Quant à moi, on m’a confié le poste d’adjoint au développement durable mais compte tenu de mon vécu professionnel, j’aurai préféré être en charge de l’urbanisme »

Massin, faiseur de roi ?

Dans ce grand bordel, Jean-Marc Massin qui a repris une totale liberté, fait aujourd’hui figure d’arbitre. Il décrit sans langue de bois l’exercice solitaire du pouvoir par Jean-Jacques Arnaud et dénonce la « Gauche sectaire ». Pour sortir de l’impasse, l’ancien adjoint rêve à voix haute d’une majorité arc-en-ciel, seule capable, à ses yeux, de faire face à une situation extrêmement préoccupante.

Faut-il y voir le ralliement de Jean-Marc Massin à Bayrou, chantre d’une majorité d’union nationale ? En tout cas, l’écologiste cultive sa différence et montre explicitement sa volonté de sortir des vieux clivages pour faire de la politique autrement. C’est d’ailleurs au nom de ce souci d’une démocratie renouvelée et pluraliste que le conseiller général a pris ses distances avec l’actuel maire et refuse tout autant de rejoindre les rangs d’Alain Coillot.

Facilement ré-élu lors des dernières cantonales, Jean-Marc Massin est donc suffisamment bien implanté et bien informé pour « sentir » les réalités politiques locales. Si localement et nationalement la crise se poursuit, l’écologiste aura sans doute une carte à jouer et un rôle déterminant lors des prochaines élections municipales.



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Les commentaires (3)

Fin de règne à Sainte-Savine : Les couteaux sont tirés !
  • Commentaire 51320 Epona
    le 23 décembre 2011  à 14:07

    il faut dire que vu le fonctionnement des institutions, il faut une force morale peu commune pour résister in fine à l’exercice solitaire du pouvoir... c’est un des effets pervers du système... qui se manifeste d’autant plus vite que l’on s’isole dans une tour d’ivoire, en s’entourant de collaborateurs parfois trop proches qui montent la garde sur la ligne maginot....
    vous en connaissez beaucoup, vous, des maires et autres élus qui évitent cet écueil et acceptent longtemps d’écouter ceux qui ne sont pas forcément d’accord avec eux et osent le dire ? pas moi ...

  • Commentaire 51321 arcrepublicain
    le 23 décembre 2011  à 15:36

    Oui, le fonctionnement des institutions est à réformer, une sixième République semble justifiée, s’appuyant sur les nouvelles technologies informatiques et le constat de meilleures connaissances des citoyens dans le domaine politique.

    Pour rester dans le style musical de JMM et de son blog.
    « La solitude, ça n’existe pas » si on est vraiment un démocrate et respectueux du contrat de confiance initial passé avec les habitants.
    Le système Républicain actuel est effectivement perverti pour plusieurs raisons :
    - la possibilité exagérée de concentration du pouvoir par un individu qui reste perfectible, car humain.
    - la trop large délégation sans recours des citoyens durant six ans( il existe pourtant des possibilités de consultation au fil de l’eau)
    - le choix non collectif des responsabilités au sein de la collectivité territoriale et des délégations indemnisées genre Grand Troyes qui devrait rester une action démocratique issue du collectif majoritaire, voir plus largement du comité à l’origine du programme politique initial

    Les dysfonctionnements sont constatés dans la plupart des collectivités territoriales, amplifiés plus ou moins suivant les capacités, caractères, ambitions du Maire et de ses partenaires.

    Aprés on peut faire de la politique politicienne, et critiquer à juste raison les combats de coqs:-O, mais trouvons plutôt et sérieusement sans battre le tambour ou la godasse:-), des solutions curatives pour l’avenir en dépassant les égo pour se concentrer sur les actions de terrain sans oublier que ceux qui paieront, ce sont nous les habitants qui actuellement sommes au spectacle parfois lamentable.
    Effectivement à Sainte-Savine, les habitants constatent une situation de blocage dans la plupart des domaines de la municipalité, malgré compétence et sincérité connues de certains colistiers du leader qui semble avoir un peu choppé la grosse tête, à force de totale implication, de travail trop solitaire.

    Les recettes des collectivités ont baissé suite aux mauvaises lois de décentralisation, mais cela n’explique pas tout, il semble y avoir aussi eu quelques erreurs de gestion et les habitants pourront trancher le vrai du faux avec leur bulletin, mais il reste encore quelques années à gérer avant cela.

    Une autre gestion municipale intégrant plus les citoyens, sans révolution est possible et nécessaire à SS, mais aussi souhaitable à Troyes, Romilly, etc.

  • Commentaire 51322 St.Sainclair
    le 23 décembre 2011  à 16:52

    Parfaitement d’accord avec ces deux messages.

    On peut d’ailleurs remarquer que le PS troyen fait à Baroin les mêmes reproches que l’opposition de droite savinienne à Arnaud : grosso-modo, le manque de concertation et d’écoute de l’opposition. Preuve qu’il s’agit sans doute plus d’un problème de pratique politique que de parti politique.

    Ces pratiques conduisent les majorités à gouverner pour les 51% (ou un peu plus) de leurs électeurs en oubliant ce qu’ont pu exprimer les 49% qui ont voté pour les perdants. C’est d’autant plus regrettables que les 51% d’électeurs qui ont voté pour Baroin ne sont pas nécessairement d’accord sur l’ensemble de son programme, ni forcément opposés à toutes les idées de la Gauche. Il pourrait sans doute y avoir des "majorités d’idées" (comme sur une tarification progressive de l’eau) mais qui aujourd’hui, dans le système binaire, sont impossible à faire émerger.

    La question n’est donc effectivement pas de savoir qui est responsable de cela : le méchant baroin ou le terrible arnaud, mais de quelle manière pourrait-on faire émerger des majorités d’idées : référendum locaux ? droit à l’expérimentation dans les conseils de quartiers ?

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