Suite à l’article de St.Sainclair : Au bonneteau, c’est toujours les socialistes qui gagnent !, le secrétaire adjoint du PS, Dimitri Sydor a souhaité réagir. Voici ses réponses à nos questions.
AC : Dimitri Sydor, vous êtes le secrétaire adjoint du PS aubois, vous avez été aussi en charge de mettre en œuvre la circulaire concernant la désignation des candidats socialistes aux élections législatives. Vous avez souhaité réagir à l’article de Sinclair publié le 25 novembre dernier.
Première question : Pouvez-vous nous expliquer les conditions d’éligibilité et la règle de non-cumul voulues par le PS
Dimitri Sydor : Le Parti Socialiste, dans la droite ligne des décisions prises dans le cadre de la rénovation de notre organisation, a souhaité s’engager avec force sur la limitation des cumuls de mandats alors même que la Loi ne l’impose pas. C’est dans cet esprit que la circulaire 1382 est venu préciser clairement les conditions d’éligibilité. En plus des conditions classiques (droits civiques, ancienneté d’adhésion au PS, etc.), les candidat(e)s devaient, pour voir leur candidature acceptée, s’engager à démissionner de leurs mandats exécutifs en cas de victoire. Nous pensons qu’un parlementaire ne peut pas consacrer son énergie à l’écriture de la Loi en plus de la responsabilité d’un exécutif local. Nous pensons aussi que cette disposition favorise le renouvellement de la classe politique en déconcentrant les mandats politiques des mains de quelques uns.
AC : Olivier Girardin, au nom de cette circulaire, a renoncé à se présenter dans la 3e. Pourquoi Yves Fournier et Lorette Joly, tous les deux membres de l’exécutif régional, donc concernés par ce cumul, sont-ils candidats ? Pourquoi n’ont-ils pas renoncé pour faire la place à de nouveaux visages ?
Dimitri Sydor : Yves Fournier et Lorette Joly remplissent toutes les conditions d’éligibilité voulues par le PS. De fait, en cas de victoire de l’une, de l’autre ou des deux, de nouveaux visages apparaîtront sur les bancs du conseil régional ! C’est tout le sens de cette disposition prise par le Parti socialiste. Disposition dont aucun parti ne peut se prévaloir.
AC : Démissionneront-ils s’ils sont élus du Conseil Régional et de la mairie d’Aix en Othe pour Yves Founier ? Si oui, qui les remplacera ?
Dimitri Sydor : La réponse est oui. En ce qui concerne le fait de pourvoir aux remplacements, les suivants sur les listes viendront remplacer les départs comme cela se fait habituellement. Pour la mairie d’Aix en Othe, le conseil municipal souverain élira en son sein son maire.
AC : Cette démission, si elle a lieu, si elle est annoncée, ne risque-t-elle pas d’être perçue comme un abandon par les citoyens champardennais qui ont fait confiance à la Gauche en 2010 ?
Dimitri Sydor : Quel abandon puisque les citoyen(ne)s champardennais(e)s ont porté leurs suffrages sur une liste composée, dans chaque département, de plusieurs noms ? En 2010, ni Yves FOURNIER ni Lorette JOLY n’étaient candidats à un poste de vice-président, mais candidats à former une majorité politique autour du Président BACHY. Comprenez qu’un scrutin de liste porte des personnalités reconnues ainsi que des nouveaux visages mais surtout une certaine idée de la politique et des propositions pour l’avenir. Que les citoyen(ne)s se rassurent : ni les idées, ni les propositions ne seront abandonnées ! Et l’action continue d’ailleurs au Conseil régional de Champagne-Ardenne.
AC : Yves Fournier était déjà candidat en 1997, il y a 15 ans, n’était-il pas possible de trouver du sang neuf ?
Dimitri Sydor : Est-ce que les analyses d’Yves Fournier sur la deuxième circonscription ont pris une seule ride ? Je ne le pense pas. Sa volonté de changer les choses n’a pas non plus été atteinte par les années et rien n’empêche de penser qu’elle est peut-être plus vive encore aujourd’hui. Il n’est pas possible de lui reprocher sa cohérence et son enracinement territorial. Yves FOURNIER n’est pas dans la situation d’un Jean-Claude MATHIS ou d’un François BAROIN, depuis longtemps députés. Il ne faut pas se tromper d’adversaire !
AC : On annonce que la 1e circonscription sera laissée à un de vos partenaires. Pourquoi pas la 3e circonscription pour laquelle Olivier Girardin a choisi de ne pas se présenter ?
Dimitri Sydor : La troisième circonscription est un enjeu important, symbolique, puisqu’elle sera le champ d’un affrontement politique face à François BAROIN, incarnation de la Droite et de l’UMP, ci-devant Ministre et Maire de Troyes. Les socialistes doivent prendre part à ce combat. Par ailleurs, je ne comprends pas votre logique qui consiste un jour à nous taxer de baronisme -voyez la question précédente- et l’autre de nous encourager dans cette voie -voyez la question présente. Ce n’est pas parce qu’Olivier GIRARDIN n’est pas candidat, pour toutes les excellentes raisons qui ont déjà été détaillées dans la presse, que personne n’est apte à la faire au PS de l’Aube. Lorette JOLY en est l’exemple le plus frappant tant elle allie la compétence sur les dossiers et dans l’action régionale à la modestie d’une militante du quotidien. A ce jour, aucun média ne s’est interrogé sérieusement sur sa participation à cet enjeu électoral. C’est une erreur reproduite aussi dans vos colonnes.
AC : Lequel de vos partenaires sera sur cette 1e circonscription ? La contrepartie est-elle un soutien de ces partenaires dans les 2 autres circonscriptions ?
Dimitri Sydor : Le Parti Radical de Gauche est le partenaire bénéficiant de la réservation de cette première circonscription. La contrepartie est évidente.
AC : C’est donc le PS qui décide seul et procède à la distribution des circonscriptions pour ses alliés ?
Dimitri Sydor : [rires] Le "donc" m’échappe quelque peu. Il n’y a pas vraiment de lien logique entre ma réponse précédente et cette question... C’est surtout que vous souhaitez que le PS, au nom d’une vision critique d’une hégémonie supposée, procède seul à ces distributions. Or la réalité est bien plus complexe et une part des négociations se fondent sur l’analyse des fédérations politiques locales des différents partis, et la plus grande part se fait entre les directions nationales. Vous avez bien pu voir lors des dernières semaines comment les choses se négociaient au plan national.
AC : C’est la circonscription la plus à droite. N’est-ce pas un drôle de cadeau que vous faites là ?
Dimitri Sydor : Nous ne faisons pas de "cadeau" comme vous le dites. Sortez un peu de vos idées préconçues et orientées... C’est une circonscription qui a d’ailleurs été, et vous l’avez vu dans la presse locale, très fortement demandée par un de nos ex-camarades du PS. Et n’oubliez pas que l’absence d’un candidat socialiste ne raye pas d’un trait l’implication de nos militants dans la circonscription pour soutenir le/la candidat(e) qui sera désigné(e) par nos partenaires.










