L'article

28
nove
2011

Marc Sebeyran ou le centrisme normand...

V’la un sujet qui valait la peine d’être publié, si ce n’est lu ! Dans la dernière livraison de Chapi-Chapo, le Jean-Michel Apathie local, nous parle d’un sujet dont tout le monde se fout : la candidature... d’Hervé Morin !

Crédité de 1% dans les sondages, l’ancien ministre de la Défense semble aussi menaçant pour la Droite qu’un Philippe Poutou à Gauche. Qu’à cela ne tienne, le journaliste politique de Chapo le Bleu estime qu’il y a là matière à un ressortir du placard ce bon vieux Marc Sebeyran, responsable local du Nouveau Centre.

Au terme d’un long travail d’investigation, on y apprend ce qu’on sait déjà : c’est à dire qu’Hervé Morin annoncera sa candidature au pied du pont de Tancarville (sa cuisine étant actuellement en travaux...). Mais les révélations ne s’arrêtent pas là. On découvre la position de Marc Sebeyran. Il faut dire que depuis des mois et des mois, tout le microcosme politique aubois s’interrogeait sur le choix du centriste troyen. Le microcosme bruissait des rumeurs les plus folles et Fanfan lui-même tremblait à l’évocation de la future déclaration de son brillant adjoint. Non, j’déconne... en vérité, tout le monde s’en fichait, jusqu’à cet article de Chapi-Chapo.

Donc, Marc Sebeyran, voulant faire taire les spéculations les plus folles, voulant marqué le week-end politique d’une déclaration digne de l’appel de Cochin, a parlé. De toute sa superbe, il a déclaré que « aucun vote n’est intervenu ». Et il a ajouté : « Soit on présente un candidat unique avec l’UMP dès le premier tour, […] Soit on souhaite d’abord exprimer nos idées au premier tour avec la candidature d’Hervé Morin ». Autant vous dire, qu’après ces déclarations, cette analyse d’une finesse inouïe, la vie politique ne sera plus jamais la même ! Marc Sebeyran vient en effet de porter, sur les fonds baptismaux, le centrisme normand : « p’ête qu’on ira, p’tête qu’on n’ira pas ! ». Expliquant que si le premier choix devait l’emporter, ce serait pour aider Sarkozy. Tandis que si la seconde option était retenue, ce serait également pour aider Sarkozy !

Souhaitons, pour conclure, une longue vie à ce centrisme de l’indécision, ce mouvement politique de l’eau tiède, soutenu par une presse écrite qui nous aura ici apporté un éclairage déterminant pour cette élection présidentielle.



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Les commentaires (4)

Marc Sebeyran ou le centrisme normand...
  • Commentaire 50892 Toto de Troyes
    le 28 novembre 2011  à 23:13

    Centrisme ?
    C’est quoi, le centrisme ?
    Il est au centre de la droite ? Quand même pas entre la droite et la gauche, ce qui signifierait qu’un jour, il pourrait basculer de l’autre côté ! Chez les affreux gauchos !!! C’est ça le vrai centre : ni droite, ni gauche... mais pouvait s’allier d’un côté comme de l’autre.
    Mais, là c’est pas du centre !
    Du ventre mou !
    De la droite d’apparence modérée histoire de ramener dans les filets de l’U.M.P. les quelques pourcents trop timorés pour se déclarer de droite pour de bon !
    Comme s’ils en avaient honte de l’avouer, d’être de droite...
    Alors on se dit "centriste".
    Un appât pour friture qui peut être utile ensuite pour la pêche au gros...
    Bon, faut qu’on arrête de dire qu’il sont du centre ! c’est du foutage de gueule ! Qu’est-ce qui les différencie de la droite UMPiste, fondamentalement ? De fait, ne sont-ils pas inféodés à l’U.M.P. ?

    Il ne la nous feraient pas histoire de pousser à un "accord" et récolter quelques postes ministériels et circonscriptions ? Et puis hop, on disparaît, on rentre dans les rangs ? Comme d’hab...
    Et le Marco, il va tenter de nouveau du côté de la 1ère, sur les terres du diable de la Dhuys ? Tient, il paraît que les Ecolos lorgneraient sur celle-là aussi ? Vu qu’ils n’ont rien obtenu sur le département, contrairement aux Marnais et Ardennais... Et c’est qui qui irait, un ??? C’est-t’y qui ? Chez les EELVistes, y’a pas aussi une règle du non-cumul ? Faudrait lâcher la culture régionale pour Paris ??? Et que reste-t-il aux alliés naturels du PRG ? Eux qui, contrairement aux EELVistes, ont joué la tragi-comédie des primaires... ? Marché de dupes tout ça !!! Pffff... La Politique autrement !!! :’-)):’-)):’-))

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  • Commentaire 50926 criquette
    le 30 novembre 2011  à 08:20

    la politique autrement ça n’existe pas, l’attraction du pouvoir est telle qu’une fois qu’on y a goûté ..... inutile de nous leurrer !

  • Commentaire 50935 Lucide
    le 30 novembre 2011  à 22:10

    C’est pour cela qu’il faut en finir avec le pouvoir, comme le disait Louise Michel, il est maudit.

    A quoi sert un pouvoir ? A rien, si ce n’est a l’oppression.

    Aux cercles de personnes concernées de décider ensemble, en protegeant chacun, de ce qui les concerne.

    Point n’est besoin de délégation.

    Ceux qui nous racontent l’inverse sont juste des escrocs intellectuels.

    Ou des benêts bernés depuis l’enfance par des puissants, des exploiteurs, des malheureux drogués au pouvoir et à la domination.

    99,99% des décisions importantes de notre vie sont a prendre dans un tout petit cercle, très proche.

    Et pour les micros millièmes qui restent, il est bien aisé de se fédérer et de ce coordonner, surement pour un cout social et en temps bien inférieur a ce que nous coute la montagne d’exploiteurs qui tentent aujourd’hui de se faire porter sur nos épaules.

    Un tout petit petit peu de coordination... et surtout Decider ici pour ici est fondamental.

    Si vous avez des contre exemples ?

  • Commentaire 50940 Gérard Bérilley
    le 1er décembre 2011  à 10:25

    @ Lucide (et @ tout autre) :
    Que le pouvoir soit maudit, comme le disait Louise Michel, c’est à peu près, ou même intégralement, une certitude. Mais il ne faut point tirer de cette constatation des déductions plus qu’hasardeuses. Je me permets de vous adresser quelques remarques.
    D’abord le mot "pouvoir" a deux sens principaux dans la langue française : il y a le pouvoir de faire (quelque chose) et le pouvoir sur (quelqu’un). Il ne faut pas oublier cela. Donc, tout pouvoir n’est pas domination : le pouvoir partagé, résorbé dans l’ensemble de la société comme le prônait Proudhon, n’est pas domination. Des gens qui se mettent ensemble partagent un certain pouvoir : le pouvoir de faire.
    Vous dîtes :"point de délégation". je dirais : "cela dépend pourquoi". Dans une société véritablement démocratique, donc dans l’anarchisme même, il peut y avoir délégation. S’il s’agit de savoir si une nouvelle ligne de chemin de fer doit passer ici ou là, entre deux régions, des délégués sont nécessaires pour résoudre au mieux la question. Seulement les délégués, les mandatés, ne le sont que pour une chose très précise et sont révocables, sinon à tous moments, du moins à chaque assemblée générale des habitants, de leurs mandateurs. Et la mission accomplie , ils redeviennent citoyens de base, comme tout à chacun. "Aucune fonction ne se pétrifie" comme le disait Bakounine.
    Vous dîtes : "99,99% des décisions importantes de notre vie sont a prendre dans un tout petit cercle, très proche." Cela me paraît une affirmation assez gratuite, et qui découle de quelles études ? Ce que je pense pouvoir affirmer plus justement, c’est que 99,99 % de notre consommation nécessaire, vêtements, transports, habitats, nourritures, etc., ne découlent plus dans le monde moderne de notre production immédiate. Plus une société est urbanisée, plus le secteur tertiaire y est important, et moins les gens produisent la totalité, voire même le minimum de ce qu’il consomme. Kropotkine en son temps avait déjà montré, dans "La conquête du pain" par exemple, que la production moderne était de fait collective. Nous ne décidons pas de toutes ces choses. S’imagine-t-on par exemple la quantité phénoménale de nourriture qui entre à Paris et banlieue chaque jour par Rungis ? Il en est de même pour toute ville moyenne comme Troyes, voire de tout village. Toute cette organisation ne découle aucunement de décisions prises dans un petit cercle très proche. Pas plus que la production de vêtements, de matériaux de constructions des maisons, de production d’électricité, de distribution de fuel, de bois, etc. pour le chauffage, etc., etc. Aussi l’utopie que vous proposez "Et pour les micros millièmes qui restent, il est bien aisé de se fédérer et de ce coordonner ..." est totalement à côté de la réalité et ne peut en aucun cas parler, être prise au sérieux, par l’ensemble des gens.
    Il ne faut jamais oublier une chose : l’utopie que l’on veut pour soi-même, il se peut fort que tout le reste des mortels n’en veille pas ! L’année dernière, par exemple, un commentateur d’AuboisementCorrect avait décidé à lui tout seul, dans son coin, que l’argent était mauvais pour l’humanité et "donc" qu’il fallait que l’humanité s’en passe ! Et si l’humanité dans sa grande majorité voulait une société avec argent ? Je crois que ce commentateur n’avait pas prévu ce cas de figure !
    En 1936-39, en Espagne républicaine, le peuple, groupé autour des anarcho-syndicalistes de l’admirable CNT (Confédération Nationale du Travail) ont pu réaliser dans nombre de domaines une société socialiste démocratique véritable, avec dans certaines collectivités suppression totale de l’argent ! Mais cela n’a été possible qu’avec une culture démocratique défendue par les anarchistes, une propagande et des études théoriques économiques de quasiment 6 ou 7 décennies ! Et même un homme comme Gaston Leval a toujours dit que cela avait été insuffisant ! L’anarchisme espagnol s’était penché sur cette question majeure : comment peut-on, comment le peuple, peut-il organiser une société libertaire viable ? Comment la production agricole sera-t-elle assurée, distribuée dans les villes ? Comment l’industrie continuera-t-elle de fonctionner ? Et les hôpitaux ? Et les transports ? Etc, etc. Depuis, aucun mouvement révolutionnaire, à ma connaissance du moins, ne s’est posé véritablement cette question de "la capacité politique des classes ouvrières" comme le disait Proudhon. C’est pourquoi je pense qu’il faut arrêter de rêver, et essayer d’améliorer, partout où cela est et sera possible, la démocratie actuelle dans un sens anarchiste. Il faut composer avec le réel tout en étant absolument conscient que "le pouvoir est maudit", et en ayant pour soi-même, et dans tous les compartiments de la Vie, une philosophie libertaire à usage personnel et collectif.

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