Pour Philippe Beury, les mesures de rigueur prises par le gouvernement ressemble à un inventaire à la Prévert où s’égrène... les ratons-laveurs !
Faut-il, comme il le propose, augmenter la TVA ? Oui. Et il faut même aller plus loin. Car cette mesure, en plus d’être efficace, en plus de permettre un rapprochement des fiscalités françaises et allemande, en plus de peser sur les importations plus que sur l’emploi, aurait également de vraies vertus écologiques.
Pourquoi ? Tout simplement parce que la crise que nous connaissons correspond à la surchauffe d’un moteur au bord de l’explosion : on dépense trop, on s’endette trop, on consomme trop, on pollue trop et on prélève trop de ressources naturelles. Souvenons-nous d’ailleurs que cette crise, déclenchée par celle du crédit américain (autrement dit la surconsommation américaine) fut aussi précédée par une crise pétrolière qui ont vu les prix du baril s’envoler et frôler les 200 dollars.
C’est la surchauffe. Et cette surchauffe perdurera tant que nos responsables n’auront que pour seul horizon le taux de croissance du PIB. On purgera peut-être la dette grecque, espagnol, italienne et française. Mais une fois purgé, le moteur de l’économie sera victime de nouvelles convulsions : émeutes de la faim, crise du pétrole, explosion des prix des matières premières et récession globale. Invité par France Inter, Michel Rocard faisait sur ce point une analyse remarquable.
Il faut donc préparer la sobriété, s’habituer à la rareté dans un monde où les ressources sont physiquement limitées. Pour cela, la hausse de la TVA, la hausse de la TIPP, la mise en place d’une taxe carbone, telle Nicolas Hulot l’avait proposé, sont les outils dont nous disposons. En plus de purger notre dette, ils permettront de réorienter notre modèle économique vers un développement plus sobre, reposant sur une production soutenable et maîtrisée plutôt que sur une consommation effrénée et suicidaire. Bien évidemment, ces hausses pour être acceptables et équitables doivent être ciblées (sur les produits les plus gourmands en matière première) et simultanément accompagnées d’une redistribution plus grande qu’elle ne l’est actuellement pour les catégories les plus modestes. A nous, ensuite, d’inventer de nouveaux indicateurs plus aptes à mesurer les multiples richesses qui font la réalité du développement humain.
Mois de l’ESS : Projection-Débat du film "Indices"
Comment sortir la tête du PIB ?
Comment renouer avec l’idée de progrès et de développement ?
Réponse vendredi 18 novembre à 19h45 au Ciné-City de Troyes









