Qui dit mieux ? Dans son plan d’austérité annoncé lundi, François Fillon a annoncé le gel des salaires du président et des ministres. Ni une, ni deux, François Hollande a promis de réduire ces salaires de 30% dès son arrivée à l’Elysée.
La course à l’échalote est lancée ! Qui dit mieux ? A ce jeu, la Gauche pourrait, si elle le voulait, enfoncer le clou, passer du discours aux actes, des incantations à la mise en œuvre réelle des mesures de rigueur. Comment ? En agissant là où elle peut agir, sur les collectivités locales qu’elle dirige très majoritairement : Conseils régionaux et généraux.
Pour information, voici la grille des rémunérations dont bénéficient les élus régionaux.
Président de conseil régional : 5 512 € bruts par mois, quelque soit la taille de la région. Soit 66 144 € bruts par an.
Vice-président de conseil régional : 2 661 € pour les régions de 1 à 2 millions d’habitants.
Conseillers Régionaux (Région de 1 à 2 millions d’habitants) : 1 901 € bruts par mois, et 2 091 € bruts par mois s’il est membre de la commission permanente.
Soyons honnêtes et reconnaissons que ces montants n’ont rien d’excessif. Compte tenu du travail et de l’engagement parfois nécessaires, certains élus méritent largement ces indemnités (mais d’autres un peu moins...). Mais il faut aussi dire que beaucoup (une très, très large majorité) d’élus cumulent ces montants avec d’autres indemnités (maires, conseillers municipaux...) ou d’autres revenus (salaires, retraites...). Les indemnités sont certes plafonnées mais peuvent quand même atteindre 8 231 euros brut par mois !
Pour ne pas fâcher mes amis de Gauche, prenons un mec de droite pour illustrer ce propos. Un conseiller régional UMP, également adjoint au maire d’une ville de plus de 50 000 habitants, par exemple. Avec ces deux seuls mandats, notre ami pourra toucher plus de 3 500 euros bruts ! Pas mal... Si en plus il est vice-président de sa communauté d’agglomération, vous pourrez ajouter plus de 2 000 euros bruts. Évidemment, s’il est de Gauche, les sommes sont les mêmes !
Si maintenant François Hollande veut vraiment montrer l’exemple, s’il souhaite dépasser les incantations dont Nicolas Sarkozy s’est fait la spécialité, s’il veut passer du candidat qui promet à celui qui agit, il lui suffit de convaincre les présidents des conseils régionaux de procéder simultanément à une baisse des indemnités dans les 21 régions et la 60aine de départements de Gauche. Proposition populiste ? A chacun de juger...










