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8
nove
2011

Europe-Ecologie / PS : l’impossible accord

EELV (Europe-Ecologie pour les allergiques aux sigles à rallonge) est au pied du mur. Lancée dans la course à la présidentielle, l’organisation politique dont je reste proche, négocie parallèlement avec le parti socialiste un accord programmatique et électoral. Il faut hélas reconnaître que pour le moment le parti de Cécile Duflot et d’Eva Joly semble empêtré dans ces négociationset dans des perspectives électorales sombres.

Une campagne qui ne décolle pas

Empêtré d’abord parce que la campagne d’Eva Joly ne décolle pas. Le score de l’ex-magistrate est pour l’instant estimé entre 3 et 6%. On est loin des espoirs d’un résultat à deux chiffres dont rêvaient les écolos pendant leurs primaires. Or des négociations sereines et profitables ne peuvent avoir lieu que si les partenaires sont, à peu près, sur un pied d’égalité ; si surtout la victoire de l’un est indispensable au succés de l’autre (et vice-versa). C’est loin, très loin, d’être le cas car il faut reconnaitre que le PS n’a pas besoin des écolos pour l’emporter.

Un grand malentendu politique

Empêtré également dans un grand malentendu politique. Les actuelles négociations portent sur un accord « législatif ». Or, ces élections législatives sont, depuis la mise en place du quinquennat, intiment liées à l’élection présidentielle. Dit plus simplement, vous ne pouvez pas négocier un accord « législatif » sans prendre en compte le poids politique déterminé par l’élection présidentielle qui reste "la mère" de toutes les élections. L’attitude la plus cohérente et démocratique devrait consister à attendre le verdict des urnes (celles de la présidentielle) pour négocier, entre la présidentielle et les législatives, le meilleur accord possible en fonction du poids respectif de chacun. L’autre possibilité serait de négocier avant la présidentielle dans un processus global où les écologistes pourraient retirer leur candidature (c’est le seul atout objectif qu’ils possèdent) en contrepartie du meilleur accord possible (sortie du nucléaire, mise en place de la proportionnelle...).

Ici, Europe-Ecologie n’a choisi ni l’une, ni l’autre de ces possibilités. Les écologistes veulent négocier un accord législatif avant de connaître le poids qu’ils représentent, qui plus est, avec un partenaire largement favori de l’élection ! Autrement dit, ils veulent le beurre (la sortie du nucléaire), l’argent du beurre (30 circonscriptions gagnables) et le sourire de la crémière (en l’occurrence celui d’Eva Joly pour la présidentielle). En toute logique, compte tenu des sondages actuels, les socialistes leur répondent qu’avec 3 ou 4%, ils n’auront pas plus que ce qu’ils méritent, c’est à dire presque rien !

La barre très haute, trop haute...

Empêtré encore dans les exigences exprimées. Forts des bons résultats obtenus lors des derniers scrutins, forts de l’émotion provoquée par Fukushima, les écolos ont mis la barre très haut, trop haut peut être, en réclamant la sortie du nucléaire. Ils en font même la condition sine qua non pour tout accord. Cette sortie ne peut évidemment pas se concevoir sans l’abandon immédiat de l’EPR de Flamanville. Ces exigences ont été répétées à l’envie par Eva Joly (c’est d’ailleurs l’un des éléments qui lui a permis de battre Nicolas Hulot lors des primaires écologistes). Impossible sur ces deux points de faire marche arrière. Or, François Hollande s’il envisage une intéressante réduction de la part du nucléaire, refuse de parler de « sortie du nucléaire », et encore moins d’abandonner l’EPR. Accusé de mollesse, on voit mal comme le candidat socialiste pourrait faire simultanément marche arrière sur ces deux points (Sortie du nucléaire et abandon de l’EPR).

En cas d’échec, c’est quitte ou double

Sauf à lire demain des reniements inimaginables ou des contorsions rhétoriques improbables, l’accord entre les écologistes et les socialistes semble parfaitement impossible. Ce sera alors le quitte ou double pour Europe-Ecologie.
- Ou Eva Joly profite de cette rupture pour véritablement apparaitre comme une alternative indépendante aux socialistes. Elle parvient alors à percer dans les sondages et tout redevient possible ;
- ou la candidate écologiste reste engluée à moins de 5% et le rêve de Cohn-Bendit tourne au cauchemar.



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Les commentaires (16)

Europe-Ecologie / PS : l’impossible accord
  • Commentaire 50538 pff
    le 8 novembre 2011  à 15:43

    Vous trouvez qu’elle est trop haute la barre ?????? vous êtes devenus pro-nucléaire !!!! Vous avez une place en vue ?

  • Commentaire 50540 PH
    le 8 novembre 2011  à 16:50

    C’est comme en sport : il ne faut pas tenter un marathon, si déjà on est incapable de courir 10km ! Ici, il ne faut pas demander l’arrêt du nucléaire, la fin de l’EPR si on a rien à proposer en face de sérieux, sauf une candidate à 4%.

    Je pense que dès lors qu’on présente un candidat à la présidentielle, il n’y a plus de négociation possible (sauf à mettre dans la balance le possible retrait dudit candidat). C’est aux électeurs de trancher et de donner, après la présidentielle, un aperçu du poids de chacun.

    Les écolos ont choisi de négocier et même si je crois que c’était une erreur, et que c’est perdu d’avance (je ne vois pas pourquoi les socialistes négocieraient avec un partenaire qui "vaut" 3 ou 4%), il fallait évidemment faire de la fin du nucléaire et de l’EPR un point incontournable.

    Je vois mal d’ailleurs, si accord il y a, comment justifier la poursuite de la candidature d’Eva Joly...

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  • Commentaire 50543 pff
    le 8 novembre 2011  à 18:19

    il fallait voter aubry, mr houplon, qui elle était pour la sortie du nucléaire !

  • Commentaire 50544 PH
    le 8 novembre 2011  à 18:40

    Martine aubry avait, au fond, exactement la même position qu’hollande (l’habillage n’était qu’un truc électoral pour essayer de gagner la primaire).

    - Aubry envisageait la sortie du nucléaire (avec une étape de 50% du nucléaire en 2025)
    - Hollande ne parle pas de sortir du nucléaire mais de baisser sa part à 50% en 2025.

    En pratique, ce sont donc exactement les mêmes positions, avec le même objectif à moyen terme. Pour Aubry, ça ne mangeait pas de pain de parler de sortir du nucléaire en 2050, date à laquelle elle aura quitté le pouvoir depuis belles lurettes ! A mon sens, il aurait d’ailleurs été nécessaire d’avoir un objectif de "fin de mandat" : quelle part du nucléaire en 2017 ? 70% ? 60% ?

    Sur l’EPR aucun des deux n’a jamais dit sa volonté d’arrêter l’EPR. Les deux ont dit qu’il fallait continuer le chantier sauf avis contraire de l’ASN ou d’un audit quelconque (on imagine mal l’ASN dire d’arrêter totalement le chantier...) !

    Or, l’EPR de Flamanville est un élément central, pas seulement un symbole. Corinne Lepage l’explique parfaitement : cet EPR est une "tête de série". Sa construction ne peut s’envisager que si, derrière, toute une gamme d’EPR prend le relai des centrales vieillissantes. Il serait totalement inimaginable d’envisager de sortir du nucléaire (et même de réduire cette part) en commençant par construire une nouvelle centrale dont la durée de vie sera de 30, 40 ou 50 ans.

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  • Commentaire 50549 Toto de Troyes
    le 8 novembre 2011  à 19:58

    Le problème est aussi terminologique : EEVL posent un "Ultimatum"...
    L’expression me choque !
    Généralement, on pose un ultimatum lorsqu’on se prépare à une guerre, à un bras de fer, à un conflit... pas lorsqu’on veut entamer des négociations visant à partager le pouvoir !
    EEVL, se montrant aussi intransigeant et réduit à un si faible taux... ne fait pas mieux, et peut-être même pire, que Les Verts...

  • Commentaire 50551 PH
    le 8 novembre 2011  à 20:56

    Le terme "ultimatum" est celui employé par les journalistes. Les écolos ont plutôt parlé d’un point incontournable.

    Cela dit, si il y a échec, c’est peut être plutôt une chance qui permettra, je l’espère, aux écolos de s’affirmer. il sera toujours temps de relancer les négociations avec qui l’on veut si, d’aventure, Eva Joly obtenait un bon score à la présidentielle.

    A l’inverse que se passerait-il en cas d’accord électoral ? Il y aurait un accord entre PS et Ecolo, un accord de gouvernement et Eva Joly continuerait à être candidate ? Contre qui ? Pour quoi faire ? A quoi bon si déjà les dés sont jetés ? A quoi bon voter écolo si on sait déjà que les sièges sont distribués, les programmes déterminés... ?

  • Commentaire 50555 Toto de Troyes
    le 8 novembre 2011  à 22:29

    D’accord avec toi !
    Mais c’est pas ce que tu reprochais aux Verts, de vouloir trop rester indépendants ?
    Mais n’est-ce pas aussi ce qu’ils sont fait aux régionales : accords (sur peu de concessions), et bien que le P.S. n’avait pas besoin d’eux pour rafler la majorité absolue...
    Inféodation ?
    Remarque, le roitelet n’était-il pas tout fraîchement sorti du P.S. ?
    Pourquoi tant de Ramdam si ’est pas pour faire mieux que Les Verts ?

  • Commentaire 50561 PH
    le 9 novembre 2011  à 09:16

    Au contraire, je pense que l’écologie politique n’est pas assez indépendante.

    L’indépendance ne signifie pas de refuser le dialogue, ni la participation à des exécutifs ou des gouvernements. Ce qui se passe à la région est donc plutôt positif pour moi. Les choses avancent. Pas assez vite, mais elles avancent, grâce aux écologistes qui sont élus.

    L’indépendance, pour moi, réside dans la capacité à ne pas dépendre d’un seul et unique partenaire. Or, je te rejoins EELV fait, depuis les régionales, sur ce point la même chose que faisaient les Verts : être l’allié naturel des socialistes, le petit parti qui leur apportera les voix nécessaires pour gagner. Si je ne m’abuse, ce n’était pas tout à fait le projet porté par Cohn Bendit lorsqu’il a voulu Europe-Ecologie...

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  • Commentaire 50568 pff
    le 9 novembre 2011  à 13:57

    Il veut quoi mr houplon ? une alliance avec la droite ?

  • Commentaire 50570 PH
    le 9 novembre 2011  à 14:54

    Et pourquoi pas ?

    Pourquoi les écologistes français seraient-ils contraints ad vitam eternam à ne pouvoir s’allier qu’avec les socialistes ? Il y a le Front de Gauche, les centristes, voire la droite qui localement n’est pas toujours la caricature de Sarkozy.

    Ailleurs, en Belgique ou en Allemagne, les écolos s’allient parfois avec la droite ou la gauche selon les situations locales. Et le SPD n’a-t-il pas gouverné l’Allemagne avec la CDU il y a quelques temps ?

    Plus proche de nous : Qui sont les vices présidents du Grand Troyes chargés du développement durable ou de la politique de la ville ? Les deux principaux responsables de gauche du département ! Ils gouvernent le Grand Troyes sous l’autorité de Baroin. Est-ce choquant ? Non. Les socialistes co-gèrent avec la droite une agglomération comme la notre sans perdre leurs valeurs. Pourquoi un écolo dans un exécutif de droite perdrait davantage ses valeurs ?

    L’important ce ne sont pas les étiquettes, mais le projet partagé lorsqu’on veut conclure un accord.

  • Commentaire 50571 PH
    le 9 novembre 2011  à 15:09

    Qu’on se comprenne bien : je ne dis pas que les écolos doivent s’allier avec la droite, je dis simplement qu’il ne faut pas s’interdire les discussions et le dialogue avec qui que ce soit et qu’il ne faut rien s’empêcher pour des raisons idéologiques. C’est le prix d’une véritable indépendance. Mais pour y parvenir, il faut être solide sur ses convictions et convaincu que ce dialogue ne les remet pas en cause. La droite n’est pas une maladie contagieuse !

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  • Commentaire 50664 Gérard Bérilley
    le 13 novembre 2011  à 08:47

    Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi Europe Ecologie Les Verts ne demande pas, n’exige pas, un référendum sur cette question de poursuite ou de sortie du nucléaire. En France, le peuple n’a jamais été consulté sur cette question. Un vrai débat démocratique serait le bienvenu.

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  • Commentaire 50675 candide, referendum, non merci
    le 14 novembre 2011  à 02:39

    referendum, non merci

    est ce que tu trouverais juste d’oganiser des referndums
    sur des themesgenre :
    - doit on (me ou d’autres !) torturer ?

    - me (moi ou d’autres) violer ?

    - menacer, (et pourrir... stresser...) ma vie, celles de nos enfants, et pendant des generations ?

    soyons raisonables personne n’a consulter personnes pour mettre en route ces salettés crimineles..
    on les arrete point c’est tout !

    apres on pourra toujours reflechir, pour se consulter et voir s’il y a des solutions pour que les tarés industrio-frico-criminels qui voudraient s’autoa assassiner au necro-atomique, puissent le faire s’ils y tiennent vraiment... en garantissant a tous de ne pas etre touchés en cas d’accidents et par la pollution permanante (de leur vice perso !) pour quelques cacahouetes de drogue kilowatique...

    peut on prendre des decicions collectives qui nuiraient si gravement a d’autres ?
    meme d’ailleurs si ils etaient miniritaires (meme tresinoritaires !)

    bon, de plus nous croyons qu’il y avait de vieux precepte comme "ne nuit pas a autui" et. que dans la vulgate des bons toutous, il y avait des principes come "la liberté des uns s’arrete où commence celle des autres", meme si nous croyons que ce genre de notions sont juste de la pure annerie aussi liberale que stupide...
    ceux qui croient a des referendum et des votes, devrait au moins apliquer ce genre de minimum ?

  • Commentaire 50680 Gérard Bérilley
    le 14 novembre 2011  à 13:32

    "Le "on" qui est ainsi omniprésent peut tout résoudre, puisque personne n’est le garant de quoi que ce soit. Presque tout se fait ainsi dans l’être-là dominé par le "on" que, à la question "qui ?", on est tenté de répondre "personne"."
    Martin Heidegger, Être et Temps, 1927.
    (Cité dans le magnifique petit livre de Bertrand Vergely HEIDEGGER OU L’EXIGENCE DE LA PENSEE publié aux Editions les Essentiels Milan, dans le beau chapitre : La dictature du "on".)

  • Commentaire 50686 qui parle ? qui entend ?
    le 14 novembre 2011  à 23:15

    on, moi, je nous vous...

    et les references... heidegger a aussi été un nous et un moi
    bien nazi,
    auquel il a adheré, dénoncé...

    et "l’on" pourrait repondre a martin, le fascinateur de jean paul (l’amant d’arlette), l’amant de la si intelligente hannah, sa jeune eleve...

    que selon pour chaque individu ou groupe, selon son modele et sa/ses projections..
    le "on" peut etre deresponsbilisant certes, un ’nous’ vague...
    mais a l’inverse le "on", peut etre ’fort’, profond, la responsabilité de tous !
    de tous ceux qui dans ce ’on’ sont prets et "ensemble" a s’engager...

    choisir son camp, prendre parti
    sans detestation de celui des autres, de leurs choix, penser meme a certains moments, quand on le peut, à gommer les frontieres, raisonner alors "ensemble", tenant compte de chacun/tous, le camp qui s’elargit a les rejoindre/se fondre tous.. ?

    ah selon les moments pouvoir brasser les cotés positifs... des axes machiavelocarlschmittiens aux elans judeohillelogandhiensmoni/universali/sants ?

    — -

    on, moi, je nous vous...
    ne nous cachons pas... la/les realité(s) ?

    peu importe les pronoms, ils sont surtout ce que nous en faisons...
    un on peut etre une marque de lacheté, de confusion,
    mais aussi un signe de discretion de non mise en avant personnificatrice/vedettisantes moi moi moi je je...

    aussi une mise a distance legere un sanitaire recul..
    pour (se) comprendre vraiment ?

    enfin chacun sent comme il peut/veut ?

    et sur le fond compréhension des propos de chacun ? arguments ? accord ? partiel ? nuances ?

  • repondre Répondre



  • Commentaire 50677 candide
    le 14 novembre 2011  à 04:01

    des ecolos avec la droite...
    mais ca c’est deja fait

    en conclusion lire le livre de corinne lepage
    ex ministre...

    pour tout c’est
    "impossible madame le ministre"

    et jusque a l’ecoeurement

    si certains d’entre nous ne croient pas du tout a des elections comme moyens de changer quoique ce soit en politique, il serait encore moins efficace d’y croire en ne mobilisant pas de tres larges tranches de l’opinion pour peser sur quelques negociation que ce soit (et surout ce qui cree non compatibilité avec la droite, ce sont ces choix de filieres qui privilégieraient du long terme et du bien commun là ou leur ideologie et leur pratique est fondée essentiellement sur du tres court terme (hit, (bite)rob’n run) le développement de mafias (industrielles, personnelles, financieres... et ultra minorités ultra priv(ielégi)ées)

    repondre Répondre



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