Une place achetée = une place offerte. Ce fut l’offre commerciale proposée par les organisateurs, après l’annulation de Césaria Evora, pour remplir le Cube et le double plateau « Femi Kuti / Asa ». Promis, ici, je ne dirai pas de mal sur ce talentueux, brillant, extraordinaire, populaire artiste qu’est Fémi Kuti.
Seulement voilà... malgré l’offre alléchante, malgré la dimension artistique exceptionnellement reconnue des artistes en scène (les fans de Fémi Kuti seront contents...), la soirée d’hier (jeudi 27 octobre) aura fait, comme on pouvait s’y attendre, un flop. Chapi-Chapo évoque ainsi, un concert d’Asa, certes de grande qualité, mais devant à peine 2 000 personnes.
Moins de 2 000 personnes pour un concert aux prix bradés.
C’est peu, c’est même très, très peu... Même si cela aurait pu être encore pire ! Car l’offre promotionnelle (1 place offerte pour une place achetée) a sans aucun doute permis de limiter la casse. Sans cela, combien aurait-il été ? 1 000 ? Encore moins ? En tout cas, à la louche, en faisant une estimation large, un bon millier de places, guère plus, auront été effectivement vendues. Rappelons que le Cub3 peut contenir, pour ce type de concert, jusqu’à 6 000 places !
La programmation, les prix, les salles sont-ils adaptés ?
Les questions posées par les internautes, et notamment par notre chroniqueur Toto de Troyes, n’en prennent que plus de sens. Une telle programmation était-elle adaptée au Cube ? Et ce Cube, régulièrement sur la sellette, est-il adapté à ce festival et à notre agglomération ? Mathieu Cochard, Toto de Troyes (encore lui) ont également souligné la question des prix. Que ce soit Raphaël, Abd Al Malik ou ici Femi Kuti, ces concerts s’adressent de toute évidence à un public jeune et populaire. Or, les tarifs proposés, parfois supérieur à 40 euros, restreignent la fréquentation à un public BCBG et plutôt âgé. Pas étonnant, comme l’écrit Mathieu Cochard de trouver que : « Ça sent l’eau de Cologne et les vieux couloirs d’hôpitaux à plein nez ». Pas étonnant non plus, de constater le manque d’ambiance et des salles à moitié vides.
Quel manque à gagner pour Asa et Fémi Kuti ?
Faisons maintenant, pour ce double plateau, un calcul simple, grossier et très, très optimiste. Dans une configuration basse (3 000 places) avec un tarif moyen de 39 euros, Cesaria Evora/Asa auraient pu réaliser 117 000 euros de recettes. Ici, avec vraisemblablement moins de 1 500 entrées payantes (disons 1 200), les recettes n’auront été que de 46 800 euros (grand maximum...). Le manque à gagner serait alors de plus de 70 000 euros ! Je vous laisse imaginer le manque à gagner si nous étions partis avec l’hypothèse d’une configuration haute (6 000 places).
Aucun des 3 principaux plateaux n’aura fait le plein
En tout cas, il faut admettre, et c’est peut être le plus inquiétant, qu’aucun des 3 principaux plateaux (en dehors du concert de Jean-Louis Aubert), au Cube et à l’Espace Argence n’aura rempli son contrat. Pire, en terme de fréquentation, la somme de ces trois plateaux n’aurait pas suffit à remplir le Cube pour un seul soir ! Même Aubert n’aurait pas fait, avec 5 500 personnes selon Chapi-Chapo, le plein... Dès lors, une dernière question, cruelle, se pose : comment un festival peut-il perdurer en ne remplissant qu’à moitié ses salles malgré des tarifs bradés ?











