Il est beau, très beau le parc de Fouchy. A tel point qu’il attire de nombreux habitants chapelains mais aussi troyens, sancéens, maripontains et tutti quanti... Tout cela a un coût, évidemment... L’entretien du parc, les aménagements extérieurs, le ramassage des œufs des poules, sont aujourd’hui à la charge de la ville. Normal, puisque jusqu’à présent chaque ville de l’agglomération garde la gestion de ses parcs, poulaillers et jardins.
Pourtant, Olivier Girardin et sa majorité de gauche estiment que Fouchy coûte trop cher pour les seuls chapelains [1]. Le maire socialiste, à défaut d’en appeler au FMI ou à la BCE, a donc demandé l’aide financière du Grand Troyes, qui comme chacun le sait, roule sur l’or en ce moment... Le leader de la gauche auboise explique, pour justifier une demande qui sera forcément rejetée, que les chapelains ne représentent que 15% des visiteurs [2]. Normal, me direz-vous puisque la commune de La Chapelle ne représente, grosso-modo, que 12.5% de la population du Grand Troyes. L’argument n’est donc pas le meilleur possible, sauf à vouloir, pour La Chapelle, obtenir un traitement de faveur...
L’autre p’tit souci, c’est que Fouchy(encore triple A dans la notation de Standards & Parc’s) n’est pas le seul parc de agglo... Non, non... Et si les agréables étangs présentent un « intérêt communautaire », alors tous les autres parcs de l’agglomération présentent le même « intérêt communautaire ». Ce sont donc, si on veut être cohérent, tous les parcs qui doivent passer sous le giron du Grand Troyes ou au moins obtenir des subventions comparables. Inutile de se bercer d’illusions sur la réponse de l’agglomération, a fortiori si le seul argument avancé est celui, un brin teinté de chauvinisme, d’une fréquentation du parc, essentiellement extra-chapelaine.
Chasser les troyens qui piétinent l’herbe des chapelains
Évidemment, Olivier Girardin est parfaitement conscient de cette impasse. Mais il lui faut une excuse, un prétexte, ici le refus du "méchant" Baroin, pour justifier de faire payer les non-chapelains. Pourquoi d’ailleurs faire payer uniquement les non-chapelains ? Difficile à dire... encore moins à comprendre pour une Gauche qui aurait sans doute protesté, hurlé, pétitionné si à Troyes, François Baroin avait décidé de faire payer l’entrée de Menois aux non-troyens...
Mais bon... La Gauche peut prendre des mesures de Droite et chasser les troyens qui piétinent outrageusement l’herbe verte des chapelains sans que cela ne choque grand monde. Qu’importe si, dans ce cas là, le maire socialiste invente ni plus ni moins que la préférence communale : gratuit pour les habitants de la rue Jules Ferry et du quartier aisé de la Chapelle du Bas mais payant sur le trottoir d’en face pour les habitants de la rue de Preize à Troyes. On a vu des mesures plus justes et plus sociales...
Cette solution a surtout quelque chose de totalement absurde, même parfaitement incongrue et ridicule dans une agglomération comme la notre. Demande-t-on aux chapelains de payer l’accès au parc des Moulins, au Parc des Vassaules ou au Jardin de la Chevreuse ? Demande-t-on aux gamins des tours Sarrail de payer l’accès au Parc de La Noue, à Sainte-Savine ? Et pourquoi pas sur-taxer les toilettes publiques troyennes pour les non-résidents ?! Ces parcs sont ouverts, publics et gratuits. Ce n’est peut être pas une règle intangible, mais c’est une coutume qu’on aurait tort de mettre à mal, car on mettrait le doigt dans l’engrenage des petites mesquineries communales... Bref, pénaliser des promeneurs tout simplement parce qu’ils n’habitent pas du bon côté de la rue, relève davantage de la petite querelle politicienne que d’une vraie réflexion sur l’avenir de ce parc.
Si on voulait fermer les étangs de Fouchy, on ne s’y prendrait pas autrement
En tout cas, si d’aventure l’entrée devenait payante pour les non-chapelains, cette mesure sonnerait le glas de ce parc. Car presque immanquablement la fréquentation (essentiellement extérieure à la Chapelle) s’effondrerait. Ce sera alors peut-être la bonne occasion, sous prétexte d’une fréquentation trop faible, pour fermer le parc, s’en débarrasser au profit d’investisseurs privés...
Or, que désire-t-on ? Quel projet, quelle vocation, quelle destination souhaite-t-on donner à ce parc ? Veut-on un parc vide, pour le vendre par la suite ? Veut-on faire payer aux autres un parc qu’on n’a pas les moyens d’entretenir soi-même ? Bref, quelle est la place d’un tel parc dans la politique globale d’une municipalité ?
A voir, le sondage : Faut-il rendre payant le parc de Fouchy ?











