Bon dieu, mais c’est pourtant facile ! Pour réduire la pauvreté, supprimons les pauvres, les clodos et les putes ! C’est fort de ce constat bête et méchant, et surtout pour répondre aux peurs de sa clientèle électorale que la majorité municipale a mis en place un arrêté anti-mendicité à Troyes.
Quelques mois après avoir révélé cet arrêté, nous voici à l’heure d’un premier bilan, pas franchement folichon pour les apôtres de la trique et du bâton. Il y a d’abord cet « incident » dénoncé sur le site de mes tendre amis de la Dépêche de l’Aube (comme quoi, on peut toujours se rejoindre sur l’essentiel...). Il s’est produit à Troyes, il y seulement quelques jours :
« [...] la cible des policiers municipaux étaient un vieux monsieur sans défense, dont le tort était d’être pauvre. Aux ordres du maire et se cachant derrière l’arrêté anti-mendicité pris par ce dernier, la police du maire s’en est pris à un malheureux innocent qui risque d’être convoqué chez le juge pour le plaisir de Baroin.
Seul réconfort, un attroupement d’une quinzaine de citoyens indignés s’est rapidement formé autour des policiers municipaux et de leur cible, pour bien signifier tout le mal qu’il pense de cette honteuse façon de faire place nette dans les rues Troyennes.... »
Il y ensuite, tout récemment, cet article où nos amis de Chapi-Chapo témoignent de l’état déplorable dans lequel se trouvent les jardins publics du Centre-Ville :
« Préservatifs usagés, bouteilles de bière et sacs plastiques restent très présents dans les jardins publics du centre-ville malgré l’interdiction d’accès la nuit […] Ces pancartes avaient été installées à la suite d’une série d’arrêtés sécuritaires répressifs voulus par la municipalité et portés par le maire adjoint chargé de la sécurité Jacky Morin.
La mesure phare du nouveau dispositif était l’interdiction de pénétrer la nuit dans les parcs du centre-ville, avec comme objectif de mettre fin aux trafics, de préserver la tranquillité des riverains et d’éviter la dégradation des espaces paysagers. […]
Combien ont été adressées depuis la mise en œuvre de ce dispositif ? Aucune, même si la police municipale indique que des rondes sont effectuées chaque nuit. »
Il y a enfin le constat que Roger Gicquel chacun peut faire : Troyes a peur ! Tremblez braves gens car la police n’est pas encore parvenue à débarrasser le centre des hordes de crasseux qui terrorisent les vieilles dames ! Les voyous et les sauvageons hantent toujours les rues troyennes, s’accrochent à vos jambes pour réclamer un quignon de pain. Sans parler des meutes de jeunes roumains manchots (oui, manchot !) qui harcèlent les automobilistes pour nettoyer vos pares-brises... Et les loups !!! Oui, les loups seraient sur le point, selon Jacky Morin, de revenir pour manger vos enfants !
Soyons sérieux. En vérité les rues de Troyes ne sont ni plus surs, ni plus dangereuses qu’auparavant. Elles ne sont ni plus propres, ni plus sales depuis la mise en place de l’arrêté anti-clodos. Et lorsque il s’agit de constater quelques incivilités, c’est parfois vers les commerçants ou les institutions religieuses que les regards se tournent !
Bref, comme prévu, cet arrêté ne sert à rien, sinon à emmerder deux ou trois clodos. Ce n’est là qu’une agitation supplémentaire qui désigne de pauvres bougres comme les responsables de notre mal de vivre ensemble.









