L'article

20
octo
2011

Arrêté anti-mendicité : Y-a-qu’à supprimer les pauvres !

Bon dieu, mais c’est pourtant facile ! Pour réduire la pauvreté, supprimons les pauvres, les clodos et les putes ! C’est fort de ce constat bête et méchant, et surtout pour répondre aux peurs de sa clientèle électorale que la majorité municipale a mis en place un arrêté anti-mendicité à Troyes.

Quelques mois après avoir révélé cet arrêté, nous voici à l’heure d’un premier bilan, pas franchement folichon pour les apôtres de la trique et du bâton. Il y a d’abord cet « incident » dénoncé sur le site de mes tendre amis de la Dépêche de l’Aube (comme quoi, on peut toujours se rejoindre sur l’essentiel...). Il s’est produit à Troyes, il y seulement quelques jours :

« [...] la cible des policiers municipaux étaient un vieux monsieur sans défense, dont le tort était d’être pauvre. Aux ordres du maire et se cachant derrière l’arrêté anti-mendicité pris par ce dernier, la police du maire s’en est pris à un malheureux innocent qui risque d’être convoqué chez le juge pour le plaisir de Baroin.

Seul réconfort, un attroupement d’une quinzaine de citoyens indignés s’est rapidement formé autour des policiers municipaux et de leur cible, pour bien signifier tout le mal qu’il pense de cette honteuse façon de faire place nette dans les rues Troyennes.... »

Il y ensuite, tout récemment, cet article où nos amis de Chapi-Chapo témoignent de l’état déplorable dans lequel se trouvent les jardins publics du Centre-Ville :

« Préservatifs usagés, bouteilles de bière et sacs plastiques restent très présents dans les jardins publics du centre-ville malgré l’interdiction d’accès la nuit […] Ces pancartes avaient été installées à la suite d’une série d’arrêtés sécuritaires répressifs voulus par la municipalité et portés par le maire adjoint chargé de la sécurité Jacky Morin.

La mesure phare du nouveau dispositif était l’interdiction de pénétrer la nuit dans les parcs du centre-ville, avec comme objectif de mettre fin aux trafics, de préserver la tranquillité des riverains et d’éviter la dégradation des espaces paysagers. […]

Combien ont été adressées depuis la mise en œuvre de ce dispositif ? Aucune, même si la police municipale indique que des rondes sont effectuées chaque nuit. »

Il y a enfin le constat que Roger Gicquel chacun peut faire : Troyes a peur ! Tremblez braves gens car la police n’est pas encore parvenue à débarrasser le centre des hordes de crasseux qui terrorisent les vieilles dames ! Les voyous et les sauvageons hantent toujours les rues troyennes, s’accrochent à vos jambes pour réclamer un quignon de pain. Sans parler des meutes de jeunes roumains manchots (oui, manchot !) qui harcèlent les automobilistes pour nettoyer vos pares-brises... Et les loups !!! Oui, les loups seraient sur le point, selon Jacky Morin, de revenir pour manger vos enfants !

Soyons sérieux. En vérité les rues de Troyes ne sont ni plus surs, ni plus dangereuses qu’auparavant. Elles ne sont ni plus propres, ni plus sales depuis la mise en place de l’arrêté anti-clodos. Et lorsque il s’agit de constater quelques incivilités, c’est parfois vers les commerçants ou les institutions religieuses que les regards se tournent !

Bref, comme prévu, cet arrêté ne sert à rien, sinon à emmerder deux ou trois clodos. Ce n’est là qu’une agitation supplémentaire qui désigne de pauvres bougres comme les responsables de notre mal de vivre ensemble.



repondre Réagir à cet article     forumVoir les 6 commentaires
Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d'abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n'oubliez pas d'indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • texte

Les commentaires (6)

Arrêté anti-mendicité : Y-a-qu’à supprimer les pauvres !
  • Commentaire 50109 moi
    le 20 octobre 2011  à 08:07

    à mon avis... vous ne vivez pas au centre ville Mr Saintclair !
    et vous n’êtes pas riverain des petits jardins !

  • Commentaire 50111 St.Sainclair
    le 20 octobre 2011  à 09:20

    Raté, puisque j’habite en centre ville à environ 200 mètres des jardins où je passe presque tous les jours.

    Quand bien même ce ne serait pas le cas, il ne me serait pas interdit, comme passant, comme client des commerces, comme promeneurs de constater qu’il n’y a pas encore de hordes de cheveux gras dans les rues de Troyes.

  • repondre Répondre



  • Commentaire 50114 newvandetta
    le 20 octobre 2011  à 09:54

    Pas d’accord du tout avec votre conclusion (cet arrêté ne sert à rien). Il sert.... bien au contraire !

    Jeune, j’ai vu disparaitre (par la Loi dans les années 60) les défenses dangereuses au-dessus des murs de clôtures (hautes, c’est à dire plus de 2,40 mètre). Il était courant que les maçons collent des "culs de bouteilles" cassé (plus économique). Mais on comptait aussi nombre de pointes métalliques. Notre société s’ouvrait.

    Depuis une dizaine d’années, je vois le mouvement contraire.
    Certes, les culs de bouteilles ont disparu (quoique j’en ai revu, sur un mur neuf, il y a deux ans à Reims).
    Mais les défenses des propriétés ont considérablement augmentées.
    Je n’ose même pas parler ici des défenses symboliques (plus on dépense de l’argent pour favoriser officiellement l’entrée vers les études supérieures, plus ce sont les classes aisées qui peuvent y arriver, tellement les tarifs et coûts deviennent prohibitifs.

    Nous sommes dans une société en régression.

    Et notre politique local (Mr B) se trompe encore une fois (décidément, deviendra-t-il un jour adulte, en dépassant la mission et le carcan inconscient instaurés par son père ?).

    Politiquement, il joue le jeu de la droite qui lorgne encore plus à droite. Rien de nouveau. Sauf que la société étant en régression, il y a de plus en plus de gens qui lorgnent, ou même mieux, vont vers cet extrême droite qui sécurise.

    Sociologiquement, grosse erreur : plus un groupe (une société) se renferme, plus elle va aller vers sa propre destruction : effet de consanguinité tant physique que psychologique...Un des résultats est notre pauvreté à l’innovation (la vraie, pas celle qui consiste à inventer un nouveau tire bouchon). De fait, Institutions et pouvoirs publics financent à grand coup de déficits des concours et autres services forts couteux pour doper cette innovation (qui n’arrive pas, et pour cause, le processus sclérosant est déjà fort fort avancé).

    On continue donc à fonctionner en se mordant la queue. Une loi en sociologie ? Toute action coercitive va, en fin de compte, couter plus cher que le problème qu’elle est supposée résoudre.

    Ce qu’il faudrait, c’est un ministre du budget ou de l’économie qui accepte d’entendre des choses de base. De la base.
    Peut-être réussirait-il (enfin…. ) ?

    Au fait, est-ce qu’il a le choix ???

    Après sa future et inéluctable éviction en 2012 de tout poste au gouvernement, atteindra-il l’humilité suffisante pour écouter, donc repartir sur (enfin) de bonnes et saines bases pour la future présidentielle ???
    Des bases qui lui permettraient de se détacher vraiment des autres et après avoir prouvé, dans sa propre ville que faire autrement est possible, que ça marche et que c’est la solution.

    En tout cas, interdire quelques clodos prouve qu’il n’est que dans le wagon à bestiaux.

    S’il veut écouter, Auboisement Correct (par le biais de qq personnes sérieuses) saura lui montrer le chemin.

    Mais il y a toute probabilité que se rejoue la pièce « je m’en lave les mains ».

    repondre Répondre



  • Commentaire 50117 Colete
    le 20 octobre 2011  à 12:34

    Et les handis (dont je fais partie) qui coutent à l’état.
    Les put pourquoi ? Elles gagnent leur vie elles !
    Hé oui ont est des pauvres que l’on devrait éliminer.

    repondre Répondre



  • Commentaire 50127 Duchemol
    le 20 octobre 2011  à 14:43

    salauds de pauvres ! :->

    repondre Répondre



  • Commentaire 50150 Duchemol
    le 21 octobre 2011  à 03:10

    et dire que si un de ces salauds de pauvre décide d’attaquer l’arrêté devant le tribunal administratif, il devra* payer 35 euros à peine d’irrecevabilité.

    * jusqu’ici le recours en excès de pouvoir était sans frais, mais grâce au ministre BAROIN, il faut casquer ( c’était notre séquence comment désengorger les tribunaux sans augmenter les effectifs ni surtout les impôts )

    repondre Répondre



Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d'abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n'oubliez pas d'indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • texte

> L'ARTICLE EN IMAGE
> L'AUTEUR
> Audience
  • 258 visites
  • 6 commentaires
> Faire suivre l'info

ARTICLES SIMILAIRES


 
Fabriqué avec SPIP et YAML - Hébergé par CELEONET - Code & Design par INDIE