Des ronds points, des platanes et des pistes cyclables. Voilà ce qui pourrait résumer, en 3 mots, le projet de requalification de l’axe Vanier/Chomedey.
Ne revenons pas sur le jeu des 7 erreurs ni sur le questionnaire à trois francs, six sous dont nous avait gratifié la mairie il y a quelques mois. Le résultat, ou plutôt le projet de cette requalification, avec des images de synthèse toujours flatteuses, est maintenant sous nos yeux. Et il vient confirmer ce qu’on savait déjà : on ne pouvait pas faire pire que l’existant !
Bien sur, on ne détruira pas les affreuses barres qui défigurent cette entrée de ville. On ne retrouvera pas non plus, comme ce fut un temps évoqué, le canal d’autrefois... mais cette avenue devrait indiscutablement offrir un visage plus paisible et plaisant.
260 platanes pour rappeler le bon vieux temps...
Le retour du « vert » est sans doute le changement le plus spectaculaire. Pas moins de 260 platanes devraient être plantés sur cet axe qui pour l’instant n’était qu’un long ruban de béton et de bitume. Ce choix de verdir massivement cette avenue n’est pas un gadget. On reconnait d’ailleurs aujourd’hui l’intérêt d’implanter des arbres dans les politiques d’urbanisme modernes. Mais ce parti-pris a bien d’autres atouts. Il permettra d’abord d’embellir cette triste avenue et de lui redonner une identité propre. Ces platanes seront également le moyen de rappeler ce que fut l’entrée de Troyes, lorsque le canal, encore visible, était bordé d’une imposante rangée d’arbres. C’est ici une manière intelligente de dire que les arbre aussi appartiennent au patrimoine de notre cité.
Enfin, la présence d’arbres est maintenant reconnue comme un élément important pour l’environnement urbain. Ils contribuent à l’équilibre urbain, au bien être des habitants [1] mais aussi à la lutte contre le bruit et les fortes chaleurs estivales, l’amélioration de la qualité de l’air et la préservation de la biodiversité de nos villes. De ce seul point de vue environnemental, l’implantation de ces 260 platanes est donc un élément qui ravira les écologistes.
4 ronds-points pour tourner en rond
Autre changement majeur présenté par ce projet : l’apparition de 4 ronds-points pour remplacer les feux tricolores actuellement présents. Ces aménagements dont on a parfois usé et abusé en France, semblent ici parfaitement justifiés pour fluidifier, ralentir et sécuriser la circulation automobile. Le premier de ces giratoires, situé au carrefour de la rue Sarrail, pourrait être agrémenté selon Chapi-Chapo d’une sculpture symbolisant l’identité de notre ville.
Sans doute s’agit-il là d’une idée intéressante même si « l’art des ronds-points » nous offrent parfois des oeuvres d’un goût plus que douteux...
Et des pistes cyclables pour faire plaisir aux écolos
Le dernier point fort de ce projet concerne les pistes cyclables. Jusqu’à aujourd’hui, cette avenue représentait ce qu’on pouvait faire de pire (ou presque) en matière d’aménagements cyclables. De chaque côté, les vélos empruntaient, si le courage les prenait, une bande étroite, mal fichue, discontinue et coincée entre le flot d’une circulation dense et les véhicules stationnés. Bref, un truc ni fait, ni à faire où les cyclistes ne peuvent circuler que sous la contrainte ! Le projet présenté propose enfin une solution intéressante. En lieu et place de cette bande, deux pistes, l’une bi-directionnelle, l’autre uni-directionnelle, seront installées et permettront un cheminement totalement sécurisé pour les cyclistes. A priori, tout cela devrait satisfaire les défenseurs de la petite-reine. Le seul bémol concerne la présence, d’un côté de la chaussée, de cette piste uni-directionnelle. Compte tenu de l’allure future de cette avenue, comment feront les cyclistes qui, coincés du mauvais côté de la chaussée, voudront faire demi-tour ? Comment pourront-ils traverser l’avenue pour emprunter la piste bi-directionnelle, sachant qu’il n’existera que 4 ronds-points ? De fait, la piste uni-directionnelle risque très vite d’être empruntée dans les deux sens avec les dangers que cela comportera. Dès lors, autant prévoir deux pistes bi-directionnelles de chaque côté de la chaussée si on veut éviter les mauvaises surprises.
Au delà de ce point faible, qui, espérons-le, sera vite corrigé, ce projet de requalification ravira sans doute une large partie des riverains et, au-delà, une bonne partie Troyens qui y retrouveront une entrée de ville digne de ce nom et de notre cité.
[1] Sauf celui des allergiques puisque le platane, avec le bouleau et le cyprès, est l’un des arbres provocant le plus de réactions allergiques















