Il y a l’acte et la finalité de l’acte.
Un petit détour (simplement pour expliciter mes propos) :
Du point de vue de la Loi, Mde HUMBERT, a tué son fils. L’acte est reconnu. Mais la finalité ? La délivrance pour son fils, qu’il a tant demandée (même par voie officielle par courrier au Président de la République). Un geste d’amour, non d’Amour (avec un grand A) de la part de sa mère.
On a aussi l’exemple de cette mère condamnée fortement pour avoir volé dans un super marché alors qu’elle était vraiment (de façon reconnue) dans une misère noire afin de nourrir sa famille.
Revenons à nos tickets de bus.
L’acte ? Elles n’ont pas composté. Donc fraudé.
La finalité ? En l’occurrence, nous n’avons pas d’information.
Le contrôleur ? L’acte ? Il fait son travail. Il verbalise.
La finalité ? Le fait-il systématiquement ? Etait-il énervé ce jour là ? Les jeunes gamines sont elles franco-camembert ou plutôt Zep-Maghreb ?
Nous n’avons aucune information. Et il est, ici, inutile d’en chercher.
Quand Bertrand Cantat a tué Marie Trintignant, j’ai été fort fort étonné d’apprendre que pour la justice lituanienne, il n’y avait que deux choix. Meurtrier ou non. Bien sur, on tue ou pas. Mais en Lituanie, il n’y a donc que deux peines possibles. Libre ou condamné. Dans un pays avancé comme la France, on distingue, préméditation, intention de tuer, circonstances atténuantes etc….
Même la justice française tient compte de cette finalité (d’une façon plutôt étouffée et pas si fortement que ça), mais elle l’introduit.
Pour moi, introduire, mélanger la finalité avec l’acte est un progrès. La société reconnait la personne comme étant, elle-même, finalisée. Et donc intégrée dans un contexte.
Cette affaire de ticket de bus m’apprend (nous apprend ?) qu’il conviendrait d’aller plus loin dans le rapport Acte / Finalité. On introduit alors une notion de complexité. Celle-ci risque très fortement d’être refusée, car elle introduit de nombreuses dérives possibles. De toute façon, elles existent. Autant aller plus loin et ne plus refuser la complexité au prétexte qu’elle nous fait peur alors que c’est l’essence même de l’humain et que notre société y plonge de plus en plus.
Les deux gamines ? Verbalisées. Oui. Il le fallait.
La police parce qu’elles n’ont pas leur papier d’identité ????
Ma réponse est oui, mais plus faiblement. Car je ne sais pas trop dans quelle forme (qui est la traduction en acte de la finalité) cela s’est passé.
L’an passé, j’ai assisté à une scène proche. Je suis rue de la république. Sirène de police. Une voiture de police allant à une allure folle, venant de la rue Raymond Poincaré va vers les Halles. C’est ma direction. Je suis et j’arrive 30 secondes plus tard. Un jeune homme est encadré par 3 policiers, plus un contrôleur. Pas photo, notre jeune homme n’est pas franco-camembert. Il est très nettement Zep-Maghreb. Il est pris très très vivement à parti par les gens en uniforme. Tout le monde hurle. Mais quatre hurlements contre un.... Il y a de l’énervement très très fort dans l’air. Le ticket n’a pas été composté.
Je ne sais pas exactement ce qu’il s’est passé. Les faits que je constate, c’est une violence de l’uniforme contre notre fraudeur, sans rapport avec le fait et sans rapport avec l’attitude du jeune homme à ce moment. Je constate donc que la violence (verbale, menaces et irrespects) penche très très nettement du coté des uniformisés. Sans compteur leur passage en force du feu tricolore (face Fnac, très très passagé) et leur arrivé à la "cow boy". Bcp de policiers ont trop regardé Starky et Hutch. Ou bien, "ils en tiennent un" et il va payer pour les autres ???
Leur finalité dans le fait qu’ils le violentent… ???
Je n’ose en parler.
Oui. Il faut introduire de la finalité dans l’acte au niveau de la justice officielle.
Quand les deux sont en cohérence, alors la sérénité y gagne.
Partant, la paix et la démocratie.
Allons un peu plus loin. Quelle finalité dans les propos que je lis dans les commentaires sur AC ? Dans les mots choisis, j’y ressens des finalités qui sont loin, fort loin, de la simple position quand à un problème de société.
D’un autre, coté, on ne peut pas dire que tout la haut, on nous donne l’exemple (no comment !).
C’est donc aux éducateurs (parents, mais aussi adultes, citoyens, voisins, responsables…) de donner l’exemple du concret, celui de tous les jours puisque nous sommes infoutus de déléguer nos responsabilités citoyennes à des gens …. responsables.
Tiens, et si je votais prochainement pour celui qui me semble le plus proche de vouloir introduire de la complexité plutôt que de voter pour celui qui me fera la plus belle promesse (qu’il ne pourra pas tenir, quel qu’il soit ou de quel bord il soit)…. Ca c’est une idée. En introduisant un autre mode de pensée, c’est peut-être ça qui ferait bouger les choses plutôt que de les déplacer…