Vos propos sont ouverts. Donc, intéressants.
On peut (encore une fois) prendre le problème sur la question des moyens et (encore une fois) dire que x ou y ne fait pas son travail… Dit autrement chercher –et trouver- une cause et donc un coupable ;
On peut (encore une fois) tenter de prendre la situation autrement.
Dès que le mot autrement apparait un très grand nombre de personnes ouvrent leurs oreilles.
Mais, le » autrement » que je vais décrire, va être… décrié. Car c’est un « autrement » vraiment autre.
Une personne qui a des problèmes psychiatriques de comportement ?
La réflexion habituelle est de penser que c’est une personne qui a des problèmes psychiatriques de comportement. De fait, les autres personnes (vous et moi, bien sur) serions des personnes qui n’ont pas de problèmes psychiatriques de comportement.
D’un coté, une personne malade, de l’autre, du bien portant.
Oh, on me répondra que les biens portants eux aussi ont des problèmes de la vie de tous les jours et que ce n’est pas pour ça qu’ils ont des problèmes psychiatriques de comportement.
Prenons donc les choses … autrement.
1 – 10 -100 -1000 -10000
Une personne sur dix qui ont des problèmes psychiatriques de comportement, va agir d’une façon visible, sociétale. Donc avoir ce problème psychiatrique de comportement, comme l’exemple, dans la rue.
Restent neuf. Qui ont des problèmes psychiatriques de comportement. Mais le comportement va être soit moins visible, soit, le plus souvent, rester au niveau des proches. En tout cas, en deçà d’un seuil, à savoir celui de la société.
Ces neuf personnes sont les plus « avancés » dans les problèmes psychiques de comportement.
Elles masquent 90 autres personnes, qui elles aussi ont des problèmes psychiques de comportement.
Mais, là encore, d’une façon moins prononcée et/donc moins visible et moins active dans le comportement.
Ces 90 autres, sont, à nouveau, les plus avancés d’une population de 900 (1000 – 90-9-1) qui ont des problèmes psychiques.
Et ainsi de suite.
Les 9000 suivant ont des problèmes. Et se débattent. Avec elles-mêmes. Leur conjoint, famille, travail etc.
Ce qu’il faut entendre :
1) la différence entre problème psychiatrique et psychique, c’est la façon dont on va traiter le problème (visible). Sachant qu’au passage, la psychiatrie traite par voie médicamenteuse, donc médicale, donc remboursée par les caisses maladies.
La psychologie traite par la parole. Mais n’est par remboursée.
2) personne sur terre n’est capable de donner une limite entre ce qui est sain et ce qui problème psychique (pour les spécialistes, les DSM IV de la psychiatrie américaine sont un formidable leurre : on a réussi à mettre des individus dans des cases ! bravo).
La seule limite c’est la dangerosité (supposée) que représente la personne pour elle et/ou la société. A ce moment, on la place. Si tant est qu’on trouve des places.
Le monsieur que l’on peut voir souvent place de l’hôtel de ville, parler tout seul pendant des heures a été évalué (enfin, je pense) comme « problème psychique de comportement » mais sans danger.
3) Surtout notre personne à la base de l’article, désarmée par la police et ayant problèmes psychiatriques de comportement, n’est à considérer que comme l’arbre qui cache la forêt.
Certes, l’aider (et aider la société en la protégeant…) et traiter l’urgence. Mais (encore une fois) y voir un élément isolé, coupable, serait se rendre coupable de ne pas voir qu’il ne représente « que » l’arbre qui cache la forêt.
Notre (nos) sociétés ne vont pas bien. Nous avons outils, intelligence, moyens pour traiter. Pour aller vers le, du mieux.
Ce n’est pas, pas seulement, pas surtout la personne vue qu’il faut traiter. En abaissant le niveau général du mal-être/ problème mental), on abaisserait le seuil de dépassement. Et cette personne ne serait allée qu’à un niveau entendable pour la société. Elle n’est QUE le symptôme d’un système qui dysfonctionne.
Mais il faut penser –réellement- autrement.
Comment ? Simple :
1) Un dysfonctionnement humain n’est TOUJOURS que le symptôme. A le voir comme un problème, on active, inexorablement le processus du « faire plus de la même chose ». Et on augmente le problème….
2) Ne jamais chercher de cause ni coupable. Mais le (dys) fonctionnement et, surtout, les manques de cohérences entre discours et actes, entre plusieurs personnes qui n’ont pas de buts convergents...
3) Se poser la question : vers quoi va le système que je regarde ? Où est l’incohérence ?
4) La ou les incohérences mises en avant, le problème se résout presque tout seul.
Ah, j’oubliais. Faire autrement … c’est penser autrement….
Mais c’est tellement plus facile de trouver un coupable.