80 députés viennent d’écrire au ministre de l’éducation pour demander le retrait de manuels scolaires où l’identité sexuelle y est définie comme une construction socio-culturelle. Parmi eux, le député de l’Aube Gérard Menuel.
On ne la lui fait pas à Gégé. Un homme, une femme, il sait faire la différence ! Un mec, c’est pour Gégé, facile à reconnaître : deux jumelles qui pendent autour de Popol ! Une femme, c’est encore plus simple : ça donne la tété et ça fait le ménage.
Alors imaginez la réaction du notre pauvre Gérard lorsque celui-ci a découvert, dans un manuel de SVT, la théorie du genre... On ne nait pas homme, on ne nait pas femme, on le devient disait Simone de Beauvoir. Et notre identité sexuelle se construit non pas seulement parce que nous avons (ou pas) un kiki entre les jambes, mais aussi en fonction d’une construction psychologique, sociale, culturelle... Plus brutalement, si vous avez un minou, vous n’êtes pas nécessairement faites pour porter des talons aiguilles et inversement ! Moi, lorsqu’on me dit cela, ça m’en fait bouger une sans toucher l’autre ! Mais Gégé, lui, c’est tout un monde qui bascule !
Alors, avec 79 camarades de régiment, Gégé a écrit une lettre au ministre de l’éducation pour faire retirer cette affreuse idée des manuels de SVT qu’il qualifie de « théorie fumeuse ». Pour Gégé et ses potes : « Ces manuels constituent donc au moins trois entorses aux valeurs de l’école laïque et républicaine car l’école doit avant tout former l’esprit critique selon les exigences de la raison et se doit d’être neutre. ». Et d’ajouter solennellement un peu plus loin : « Nos enfants vont tous devenir des p’tites fiotes » « C’est l’éducation de nos enfants qui est en jeu. ». Rien que ça...
N’accablons pas ce pauvre Gégé. Notre ami s’est retrouvé député par hasard. Il n’est plus très jeune et pour lui toutes ces histoires d’homos, d’hétéros, du bis, de trans ça le dépasse un peu. D’ailleurs, la première fois qu’il a vu un homme faire du patinage artistique en collants à paillettes, Gégé en a été tout retourné : « Qu’est-ce qu’il fout là, cui là ! Et pis quoi encore ? Des femmes footballeuses pendant qu’on y est ? ». Soyons honnêtes, Gégé n’est pas non plus un pudibond. A 13 ans, l’un de ses copains lui avait même glissé une revue cochonne dans son cartable. Gégé avait bien aimé... surtout le passage où Sylvia et Alexandra partent dans la grange...
Mais voyez vous, tout cela ne peut être, pour lui, que l’oeuvre du diable ou le signe d’une société qui va à vau-l’eau ! Dans le monde de Gégé, chacun doit garder sa place : Les hommes sur le canapé, une bière à la main, l’autre main grattant les jumelles. Les femmes au ménage et à la vaisselle. Et quand l’homme se lève, c’est pour aller chercher une bière ou réparer l’alambic !
Mais encore une fois, n’accablons pas Gégé. Le pauvre homme fait ce qu’il peut, avec ce qu’il a. Et compte tenu de son parcours, il sera difficile de lui expliquer que l’homme ou la femme ne sont pas seulement des constructions biologiques...












