Voici quelques mois, j’écrivais que sauf à rêver d’un été totalement pourri, des mesures de restrictions seraient nécessaires. Le dieu du parapluie semble avoir lu auboisementcorrect en nous offrant un été particulièrement arrosé.
La question de la sécheresse est-elle pour autant réglée ? Hélas non. Et cela pour plusieurs raisons.
D’abord parce que les pluies de juin, juillet n’ont pas les mêmes vertus que celles du printemps. Pour renouveler les nappes, rien ne peut remplacer les pluies d’hiver et surtout du printemps. Ce sont aussi lors des mois de mars, avril et mai que les nécessités d’eau sont les plus essentielles pour la croissance des plantes et l’obtention des meilleurs rendements agricoles. Les précipitations de ces dernières semaines, si elles sont les bienvenues, ne permettront donc pas de compenser les manques précédents. Dit plus simplement, pour l’agriculture, le mal est déjà en grande partie fait. En cette période, une grande partie des précipitations ne permet pas non plus de recharger les nappes phréatiques. Cette eau est absorbée par les plantes, s’évapore ou ruisselle vers les rivières.
Pendant ce temps, la sécheresse continue
Seconde raison pour ne pas se réjouir trop vite : l’accumulation des déficits. Si la pluie tombe drue, la sécheresse, elle, continue. Ces trois mois pluvieux sont en effet loin de compenser les 6 mois déficitaires et encore moins les 10 années de sécheresse chronique que nous avons connues [1]. Si on en croit les relevés de MétéoFrance, l’excédent du mois de juin n’est que de 7 petits millimètres. Le mois de juillet nous a donné un excédent conséquent de 27 mm et le mois d’août devrait également nous laisser quelques millimètres de plus. Mais nous sommes très loin de pouvoir « rattraper » les 40 mm manquant du mois de mai, les 35 mm perdus du mois d’avril ou les 40 mm disparus du mois de février. Au mieux, ces trois mois pourris combleront tout juste le déficit des deux premiers mois de l’année, mais dans des conditions, on l’a dit plus haut, qui ne permettent pas de recharger les nappes phréatiques
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Ce que dit le BRGM
Pour confirmer cette analyse, voilà ce que l’on peut lire dans l’un des derniers rapports du BRGM consacré à l’Etat des nappes d’eau souterraines :
La grande majorité des niveaux reste cependant en baisse (66%), en particulier dans les régions où les niveaux sont déjà inférieurs aux normales (bassins parisien et aquitain et dans certains secteurs de Rhône-Alpes et Franche-Comté). Dans ces régions, les pluies du mois de juillet n’ont eu aucun effet significatif sur le niveau des nappes.
Et un peu plus loin :
Les niveaux de la nappe de la Craie restent à la baisse à l’échelle du bassin Seine-Normandie. La vidange se poursuit sur l’ensemble des piézomètres et les niveaux sont globalement inférieurs aux normales. Les précipitations des mois de juin et juillet 2011 n’ont globalement pas eu d’influence notable sur le niveau de la nappe.
La météo ne fait pas le climat...
La météo, au jour le jour, l’impression réelle d’une saison estivale plus qu’humide, ne doit donc pas nous faire oublier la réalité climatique. Cette réalité, c’est celle d’une sécheresse larvée dans un contexte où la pression sur l’eau reste forte. Autant dire que nous devrons encore être vigilants, rigoureux et nous interroger notamment sur la pertinence de certaines cultures très hydrophages comme le maïs.
Source : http://www.brgm.fr/brgm/Fichiers/do...
Mise à jour du 29 août : Introduction des citations du rapport du BRGM sur l’état des nappes d’eau souterraines.
[1] Selon météo France, sur les 9 dernières années, 7 ont connu des précipitations inférieurs à la moyenne














