L'article

29
août
2011

Sécheresse : on l’a eu notre été pourri !

Voici quelques mois, j’écrivais que sauf à rêver d’un été totalement pourri, des mesures de restrictions seraient nécessaires. Le dieu du parapluie semble avoir lu auboisementcorrect en nous offrant un été particulièrement arrosé.

La question de la sécheresse est-elle pour autant réglée ? Hélas non. Et cela pour plusieurs raisons.

PNG - 34.4 ko
Le mois de juin

D’abord parce que les pluies de juin, juillet n’ont pas les mêmes vertus que celles du printemps. Pour renouveler les nappes, rien ne peut remplacer les pluies d’hiver et surtout du printemps. Ce sont aussi lors des mois de mars, avril et mai que les nécessités d’eau sont les plus essentielles pour la croissance des plantes et l’obtention des meilleurs rendements agricoles. Les précipitations de ces dernières semaines, si elles sont les bienvenues, ne permettront donc pas de compenser les manques précédents. Dit plus simplement, pour l’agriculture, le mal est déjà en grande partie fait. En cette période, une grande partie des précipitations ne permet pas non plus de recharger les nappes phréatiques. Cette eau est absorbée par les plantes, s’évapore ou ruisselle vers les rivières.

Pendant ce temps, la sécheresse continue

PNG - 35.1 ko
Le mois de juillet

Seconde raison pour ne pas se réjouir trop vite : l’accumulation des déficits. Si la pluie tombe drue, la sécheresse, elle, continue. Ces trois mois pluvieux sont en effet loin de compenser les 6 mois déficitaires et encore moins les 10 années de sécheresse chronique que nous avons connues [1]. Si on en croit les relevés de MétéoFrance, l’excédent du mois de juin n’est que de 7 petits millimètres. Le mois de juillet nous a donné un excédent conséquent de 27 mm et le mois d’août devrait également nous laisser quelques millimètres de plus. Mais nous sommes très loin de pouvoir « rattraper » les 40 mm manquant du mois de mai, les 35 mm perdus du mois d’avril ou les 40 mm disparus du mois de février. Au mieux, ces trois mois pourris combleront tout juste le déficit des deux premiers mois de l’année, mais dans des conditions, on l’a dit plus haut, qui ne permettent pas de recharger les nappes phréatiques

PNG - 34.3 ko
Le mois d’août

.

Ce que dit le BRGM

Pour confirmer cette analyse, voilà ce que l’on peut lire dans l’un des derniers rapports du BRGM consacré à l’Etat des nappes d’eau souterraines :

La grande majorité des niveaux reste cependant en baisse (66%), en particulier dans les régions où les niveaux sont déjà inférieurs aux normales (bassins parisien et aquitain et dans certains secteurs de Rhône-Alpes et Franche-Comté). Dans ces régions, les pluies du mois de juillet n’ont eu aucun effet significatif sur le niveau des nappes.

Et un peu plus loin :

Les niveaux de la nappe de la Craie restent à la baisse à l’échelle du bassin Seine-Normandie. La vidange se poursuit sur l’ensemble des piézomètres et les niveaux sont globalement inférieurs aux normales. Les précipitations des mois de juin et juillet 2011 n’ont globalement pas eu d’influence notable sur le niveau de la nappe.

La météo ne fait pas le climat...

La météo, au jour le jour, l’impression réelle d’une saison estivale plus qu’humide, ne doit donc pas nous faire oublier la réalité climatique. Cette réalité, c’est celle d’une sécheresse larvée dans un contexte où la pression sur l’eau reste forte. Autant dire que nous devrons encore être vigilants, rigoureux et nous interroger notamment sur la pertinence de certaines cultures très hydrophages comme le maïs.

Source : http://www.brgm.fr/brgm/Fichiers/do...

post scriptum :

Mise à jour du 29 août : Introduction des citations du rapport du BRGM sur l’état des nappes d’eau souterraines.

notes :

[1] Selon météo France, sur les 9 dernières années, 7 ont connu des précipitations inférieurs à la moyenne



repondre Réagir à cet article     forumVoir les 8 commentaires
Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d'abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n'oubliez pas d'indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • texte

Les commentaires (8)

Sécheresse : on l’a eu notre été pourri !
  • Commentaire 49140 Gérard Bérilley
    le 29 août 2011  à 11:55

    Très bonne mise au point, vraiment nécessaire. Oui, il faut arrêter la culture du maïs. Bravo pour cet article.

    repondre Répondre



  • Commentaire 49146 Laurent
    le 29 août 2011  à 14:22

    Putain !!!!!

    Y en a pas encore assez ????????????????????????

    L’eau ruisselle et ne pénètre pas ????? Ben chez moi elle a bien pénétré l’eau, je vous l’assure !!!!!!!!

    Non mais franchement , il n’est pas tombé encore assez d’eau en juillet et en aout. Grotesque

  • Commentaire 49147 PH
    le 29 août 2011  à 15:01

    Merci d’abord à Gérard Berilley

    A Laurent : Hélas, oui, les précipitations d’été ne jouent pas le même rôle.

    Trop de pluie en juillet, août ne compensent pas le manque précédent. L’évaporation est plus forte, les plantes absorbent une plus grande quantité d’eau, ce qui diminue d’autant les quantités disponibles pour recharger les nappes phréatiques.

    Comprenez bien : sans ces excès de pluie de cet été, la situation aurait sans douté été comparable à 2003 ou 1976. Ces pluies ont permis de ne pas devoir prendre des restrictions supplémentaires. Elles ont stoppé la fièvre, mais elles n’ont pas guéri le malade.

    Je vous livre juste pour info ce qui dit le BRGM pour le mois d’aout sur les nappes souterraines de notre région

    La grande majorité des niveaux reste cependant en baisse (66%), en particulier dans les régions où les niveaux sont déjà inférieurs aux normales (bassins parisien et aquitain et dans certains secteurs de Rhône-Alpes et Franche-Comté). Dans ces régions, les pluies du mois de juillet n’ont eu aucun effet significatif sur le niveau des nappes.

    Et un peu plus loin

    Les niveaux de la nappe de la Craie restent à la baisse à l’échelle du bassin Seine-Normandie. La vidange se poursuit sur l’ensemble des piézomètres et les niveaux sont globalement inférieurs aux normales. Les précipitations des mois de juin et juillet 2011 n’ont globalement pas eu d’influence notable sur le niveau de la nappe.

    Source : http://www.brgm.fr/brgm/Fichiers/do...

    Ce qui veut dire que loin de se recharger, les nappes ont localement encore tendance à se vider.

  • Commentaire 49148 Philippe Beury
    le 29 août 2011  à 15:35

    C’est bien connu... L’eau mouille moins l’été que l’hivers... :) :) :))

  • Commentaire 49150 Philippe Beury
    le 29 août 2011  à 15:55

    C’est d’ailleurs pour cela qu’il ne neige jamais l’été car, pour qu’il neige, il faut que l’eau soit beaucoup mouillée !!! ;) :) :))

  • repondre Répondre



  • Commentaire 49152 criquette
    le 29 août 2011  à 16:32

    @ Laurent
    oui, l’eau pénètre le sol mais est immédiatement absorbée par par les plantes. comme le dit Pascal, la situation aurait été bien pire sans cet été mouillé....

    malheureusement, la réalité va encore être occultée par ceux qui y ont intérêt, la "prise de conscience" de la population, s’il y en a vraiment une, est toute récente, et il est facile aux lobbys de surfer sur l’ignorance (ceci n’étant pas un jugement de valeur je le précise tout de suite).

    article à rapprocher de la pollution des nappes..

    si les données sur l’eau vous intéresse, je ne peux que vous conseiller d’aller consulter les documents du PIREN Seine... c’est édifiant, tout y est dit depuis plus de 10 ans... donc les instances de bassin savent... depuis longtemps... ce qu’il en est vraiment de la ressource en eau tant en quantité qu’en qualité. pourquoi croyez vous donc que ces données ne soient pas rendues publiques ? et je ne suis pas du genre à croire en un complot planétaire ou autre je vous assure !:-))

    repondre Répondre



  • Commentaire 49168 mohamed
    le 29 août 2011  à 21:25

    La nature va nous baiser !
    Les catastrophes naturelles vont s’accélérer, selon les écolos.
    Nous allons tous finir, engloutis sous les eaux .
    Le déluge !
    La punition du bon-dieu !
    Seuls les grands seront en mesure de passer la tête hors de l’eau.
    Les GI’s leur largueront des cartons.
    Comme toujours, ça finira en pugilat !
    Après le tsunami humanitaire, le bon-dieu enverra le choléra.
    Le brave peuple se demandera le motif pour lequel il faut tant souffrir, sur terre.
    Pourtant, historiquement parlant, il devrait être habitué aux emmerdes !
    Conclusion : il est urgent d’inventer un risque de précaution au risque de précaution, sinon, tout cela finira très mal !

    repondre Répondre



  • Commentaire 49172 Sylvain Rn
    le 30 août 2011  à 03:14

    Intéressant, à ceci près que le "temps pourri", comme le-dit "mauvais temps" n’existe pas ! Catherine Laborde, la moins passionnante des deux soeurs l’a parfaitement expliqué lors de la promotion de son livre du même nom.

    Le Mauvais temps n’existe pas aux éditions de Rocher.

    repondre Répondre



Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d'abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n'oubliez pas d'indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • texte

> L'ARTICLE EN IMAGE
> L'AUTEUR
> Audience
  • 217 visites
  • 8 commentaires
> Faire suivre l'info

ARTICLES SIMILAIRES


 
Fabriqué avec SPIP et YAML - Hébergé par CELEONET - Code & Design par INDIE