Comme tous les ans, je viens de recevoir la facture d’eau. Comme tous les ans, elle est salée... La facture, pas l’eau !
Précision : je ne vise que le prix de l’eau, pas les taxes et redevances annexes.
L’eau est un don du ciel. Un don que des petits malins réussissent à faire payer. J’imagine le jour où nous porterons un compteur autour du cou, afin de payer l’air que nous respirons !
Il y a quelques bonnes dizaines d’années, les élus locaux se faisaient un devoir de ne pas faire payer "l’eau du robinet". En zone rurale, particulièrement.
Le coùt de ce service, peu élevé, était supporté par le budget communal. Le contribuable-consommateur payait la note
Puis, succombant aux sirènes des affameurs publics, les élus décidèrent de "concéder", ou plutôt, de "déléguer," selon le terme approprié, le service de distribution de l’eau à "la Lyonnaise, Véolia, Saur". Ces trois groupes se partagent le marché. Autant le dire tout de suite : la concurrence est inexistante !
De plus, les contrats de délégation sont tellement bien ficelés que les élus se laissent manipuler, dans le meilleur des cas. Au pire, ils délèguent le service, au groupe le plus "amical".
Bref, c’est le grand n’importe quoi.
Une anecdote est symbolique du système : Selon ce qui me fut rapporté au sujet d’une réunion de choix de délégataire, le jury attendait le président de séance. Il manquait à l’appel. Le président est arrivé, bien tardivement, en vociférant, d’aussi loin qu’on pouvait l’entendre, injuriant l’un des deux soumissionnaires. Les membres du jury, abasourdis, n’osèrent piper mot. Voilà comment fut choisi l’heureux attributaire : sur un coup de gueule !
Bien entendu, le procès-verbal de séance, signé 15 jours plus tard, justifiait le choix, de la manière la plus crédible qui soit.
J’appris, bien plus tard, que le président était "officieusement" salarié de l’entreprise retenue !
Pourtant, la distribution de l’eau ne requiert pas beaucoup de compétence : il suffit de la capter à l’aide de pompes et de la distribuer dans des tuyaux, pour faire simple.
Le traitement ne consiste, généralement, qu’en une simple chloration.
Ces faits ont été suffisamment dénoncés par la presse ainsi que par les organisations de consommateurs. Rien ne change.
Faisons grâce aux "contrats-types, formules de révision et autres clauses de sauvegarde". C’est du pipeau !
Les trois larrons ne visent qu’un seul but : plumer l’usager.
Béni sera le jour où nos si chers élus reviendront à la régie (pas seulement pour l’eau). Ne rêvons pas : les hyènes ne lâchent jamais le morceau !









