L'article

18
août
2011

Les hyènes ne lâchent jamais le morceau !

Comme tous les ans, je viens de recevoir la facture d’eau. Comme tous les ans, elle est salée... La facture, pas l’eau !

Précision : je ne vise que le prix de l’eau, pas les taxes et redevances annexes.

L’eau est un don du ciel. Un don que des petits malins réussissent à faire payer. J’imagine le jour où nous porterons un compteur autour du cou, afin de payer l’air que nous respirons !

Il y a quelques bonnes dizaines d’années, les élus locaux se faisaient un devoir de ne pas faire payer "l’eau du robinet". En zone rurale, particulièrement.

Le coùt de ce service, peu élevé, était supporté par le budget communal. Le contribuable-consommateur payait la note

Puis, succombant aux sirènes des affameurs publics, les élus décidèrent de "concéder", ou plutôt, de "déléguer," selon le terme approprié, le service de distribution de l’eau à "la Lyonnaise, Véolia, Saur". Ces trois groupes se partagent le marché. Autant le dire tout de suite : la concurrence est inexistante !

De plus, les contrats de délégation sont tellement bien ficelés que les élus se laissent manipuler, dans le meilleur des cas. Au pire, ils délèguent le service, au groupe le plus "amical".

Bref, c’est le grand n’importe quoi.

Une anecdote est symbolique du système : Selon ce qui me fut rapporté au sujet d’une réunion de choix de délégataire, le jury attendait le président de séance. Il manquait à l’appel. Le président est arrivé, bien tardivement, en vociférant, d’aussi loin qu’on pouvait l’entendre, injuriant l’un des deux soumissionnaires. Les membres du jury, abasourdis, n’osèrent piper mot. Voilà comment fut choisi l’heureux attributaire : sur un coup de gueule !

Bien entendu, le procès-verbal de séance, signé 15 jours plus tard, justifiait le choix, de la manière la plus crédible qui soit.

J’appris, bien plus tard, que le président était "officieusement" salarié de l’entreprise retenue !

Pourtant, la distribution de l’eau ne requiert pas beaucoup de compétence : il suffit de la capter à l’aide de pompes et de la distribuer dans des tuyaux, pour faire simple.

Le traitement ne consiste, généralement, qu’en une simple chloration.

Ces faits ont été suffisamment dénoncés par la presse ainsi que par les organisations de consommateurs. Rien ne change.

Faisons grâce aux "contrats-types, formules de révision et autres clauses de sauvegarde". C’est du pipeau !

Les trois larrons ne visent qu’un seul but : plumer l’usager.

Béni sera le jour où nos si chers élus reviendront à la régie (pas seulement pour l’eau). Ne rêvons pas : les hyènes ne lâchent jamais le morceau !



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Les commentaires (3)

Les hyènes ne lâchent jamais le morceau !
  • Commentaire 48964 Charpentier
    le 20 août 2011  à 21:46

    si le président était "officieusement" salarié de l’entreprise retenue sic, en droit, il y aurait confilt d’intérêt, y-a-t’il eu recours contre cette délibération ?

    Présumons, du verbe présumer :
    je présume
    tu présumes
    il présume
    nous présumons
    vous présumez
    ils présument,

    ce qui fait que je présume, présumons donc :

    N’auriez-vous pas à faire avec un banal syndicat des eaux du type : Truc Muche Trifouilly les Poches du con-tribuable, doté en général d’un président qui préside, d’un vice-président qui figure comme présent ou excusé sur les délibérations
    En général, la première séance dudit syndicat omet rarement de voter les "indemnités" des deux susdits qui consacrent leurs compétences au bien de l’assujeti
    C’est une forme de pierre philosophale qui, si elle ne transmute pas le plomb en or, y arrive en général fort bien avec l’eau

    D’ailleurs, je dispose, d’une copie de la délibération votant "l’indemnité" d’un vice-président dont le nom d’état civil a souvent les honneurs de ce blog. Mais, chaque chose en son temps :-> :o):->

  • Commentaire 48966 mohamed
    le 21 août 2011  à 10:37

    Il ne s’agissait pas d’un petit syndicat, mais d’une collectivité de 400.000 habitants, environ.
    Le président du jury était "officieusement "salarié. Cela n’ a été connu que bien plus tard. S’il avait été "officiellement" salarié, je suppose qu’un recours aurait été introduit. Quoique...
    Cette affaire "trainait "depuis un bon moment. Chacun des membres du jury "en avait marre".
    C’était peut-être une technique : laisser trainer l’affaire, de manière à lasser chacun.
    Puis, "un coup de gueule", qu’on en finisse au plus vite.
    Par ailleurs, les membres du jury étaient "copains" du président, même si tous n’étaient pas du même "bord politique".
    Copinage, au sens large+lassitude+coup de gueule. Résultat : on laisse "pisser".
    L’entreprise évincée a tenté de se défendre, ou plutôt, a fait semblant de se défendre. Elle appartenait à l’un des groupes cités qui disposent de juristes plus que compétents.
    C’est curieux, non ?
    Tout compte fait, je me demande si les entreprises ne pratiquaient tout simplement leur technique habituelle : "je prends ceci, tu prends cela". Et tout va bien dans le meilleur des mondes.
    Les services de la "concurrence" ? Débordés par des âneries. De toute façon, chirac leur a coupé les pattes, en 1986.
    "On" leur donne des broutilles à manger, afin qu’ils ignorent l’essentiel.
    La tutelle ?
    Les services du préfet sont trop ficelés, depuis la loi mauroy.
    De toute façon, la tutelle n’avait entre les mains que le PV "rectifié". RAS.
    Ceci n’est qu’un exemple, parmi tant d’autres.
    Habitués à "renifler" les combines, "les renifleurs" se lassent.
    De plus, ces "renifleurs" existent en dose homéopathique !
    Jeune fonctionnaire, j’avais "osé" lever "un petit lièvre". Mon patron m’a tapé sur les doigts. Il fut décoré de la légion d’honneur.
    Conclusion : j’ai fait une belle carrière, dans... la figuration.
    De temps en temps, quand l’anomalie est trop criante, ça remue un peu. Ca traine, ça va d’administration en administration, de juridiction en juridiction... ça finit par se perdre.
    Le temps efface tout.
    Voyez l’affaire chirac, l’affaire pasqua, l’affaire bérégovoy, l’affaire boulin, l’affaire lagarde-tapie, etc... ce sont "les affaires". "Circulez, y-a-rien-à-voir" !
    Ceci étant dit, je clos la discussion, en ce qui me concerne.
    Inutile de remuer la merde, ça sent mauvais.
    Bon dimanche.

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  • Commentaire 49017 DAS
    le 24 août 2011  à 09:31

    J’avais vu un beau documentaire sur Arte : Water Makes Money

    repondre Répondre



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